Musique : Depeche Mode – Black Celebration (1986)

depecheblackLa New Wave a laissé peu de bons souvenirs pour beaucoup. Et pourtant, comme d’autres styles, elle a connu de grands albums. Comment ne pas évoquer ce Black Celebration de Depeche Mode, groupe emblématique de cette époque ?

Depeche Mode a été créé en 1980 par Andrew Fletcher, Vince Clarke, Dave Gahan et Martin Gore sur les ruines du groupe Composition of sound. Bien vite, ils se voient signés sur un petit label, Mute Records et le succès arrive pour leurs premiers singles. New Life puis surtout Just can’t get enough atteignent des sommets dans les charts britanniques. Speak & Spell, leur premier album en 1981, est bien accueilli. Mais dans cette spirale du succès, Vince Clarke, que l’on retrouvera plus tard dans Yazoo et Erasure, quitte le groupe, laissant le leadership à Martin Gore. Ils engagent Alan Wilder aux claviers qui ne participe pourtant pas à l’enregistrement du deuxième album A Broken Frame. Le son devient plus froid et industriel. Ainsi armé, le groupe part à la conquête du monde, surtout avec le nouvel album Some Great Rewards en 1984 dont on retient, notamment, le single Master and Servant. Les textes sont plus sérieux et sombres, le groupe touchant un public plus large.

Continuant dans cette veine, Depeche Mode enregistre en 1986 ce Black Celebration. Commençant sur d’inquiétantes incantations par le titre du même nom, le son reste sombre, devient plus aérien tout en étant très synthétique. La rythmique est subtile avec divers sons de synthés superposés à un beat de batterie froid et percutant et des nappes plus atmosphériques. C’est le très électronique Fly on the windscreen qui poursuit l’album avec de multiples sons électroniques, des ruptures de rythmes. Question of Lust est un des grands moments de l’album, commençant par voix de Dave Gahan plus douce que d’ordinaire, presque envoûtante. Morceau plus lent, il n’en est pas moins captivant par sa fausse légèreté. Sometimes ouvre sur un chœur gospel et du piano. Morceau acoustique détonnant dans l’album par l’utilisation de canons pour les chœurs, ce court intermède contribue pourtant à installer l’ambiance de l’album. Ces chœurs deviennent électroniques dans It Doesn’t matter two dont l’instrument principal est un sample vocal. Là encore Depeche Mode utilise les variations de rythme pour nous emmener dans un monde étrange, hors du temps….Question of Time est le morceau le plus abouti avec son gimmick entrainant, sa rythmique binaire et rapide, la voix grave de Dave accompagnée de sons de synthé eux aussi graves et électriques. Mais c’est le tout aussi excellent Stripped qui fut choisi comme premier single. Il faut dire que son battement de cœur électronique, le reverb sur la voix de Dave, l’ambiance un peu orientale qui s’en dégage, la finesse de traitement de la rythmique a tout pour attirer l’oreille dans cette période où les groupes de New Wave prolifèrent encore. Here in the house plus épuré renvoie à un Depeche Mode plus originel. World full of nothing est un peu le pendant de Question of lust tandis que le son est plus épuré sur Dressed in black. New Dress avec ses sons de laser gun et son beat très présent fait plus dancefloor dans l’esprit mais traite pourtant d’un sujet plus sérieux : La princesse Diana s’achète de nouvelles robes pendant que les catastrophes surviennent dans le monde, que des sans abris meurent à Londres. But Not Tonight est ajouté à l’édition américaine de l’album puisque le groupe remporte un grand succès aux Etats-Unis.

L’album reste malgré la diversité des sujets et des styles, totalement cohérent. Le son est plus atmosphérique que d’ordinaire même si on reconnaît la patte Depeche Mode. Music for the masses tentera de surfer sur le succès de ce remarquable album mais sans y réussir. C’est avec Violator en 90 que le groupe installe définitivement son nom dans l’histoire. Et en 1995, après un autre album, Wilder quitte le groupe. Gahan a du mal à se débarrasser de problèmes de drogue. Mais le groupe parvient pourtant à sortir Ultra et à continuer avec Exciter en 2001, surfant sur le retour en grâce de la musique électronique. Le groupe a de toute façon une place à part dans la pop, et peut se permettre de ralentir le rythme de sortie de ses albums.

Iceman

Membres : Martin Gore, Dave Gahan, Alan Wilder et Andrew Fletcher

1. Black Celebration 2. Fly on the Windscreen – final 3. A Question of Lust 4. Sometimes 5. It doesn’t matter two 6. A Question of Time 7. Stripped 8. Here is the House 9. World Full of Nothing 10. Dressed in Black 11. New Dress 12. But not Tonight

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