Musique : Prince and The Revolution – Purple Rain (1984)

purplerainRares sont les albums qui suffisent à faire d’un artiste une légende. Purple Rain a réalisé cet exploit avec un petit bonhomme de Minneapolis surnommé Prince. Doublé d’un film, il montre l’étendue du talent de chanteur, producteur, musicien de ce génie.

Prince Rogers Nelson naît de parents musiciens. Son père, John Nelson est pianiste dans un trio de jazz et compositeur. Il s’intéresse évidemment très tôt à la musique de l’époque et notamment la soul et le funk. Il apprend également la danse, et fait ses armes de musicien dans le groupe d’un de ses cousins, Grand Central tout en touchant à la production. Il se fait petit à petit un nom dans le milieu et est repéré par la Warner qui le signe pour avoir l’exclu de ses chansons. On le retrouve alors en tant que musicien et compositeurs pour un autre groupe de son environnement familial, 94 East. En 1978, il enregistre enfin un premier album, « For You », jouant lui-même de tous les instruments. Mais il comprend que si il veut se produire sur scène, il lui faut un groupe. Alors pour son second album il en recrute un , dont une partie se retrouvera dans les Revolutions. Un nouvel album, Prince, sort puis « Dirty Minds », dans un style encore Rythm ‘n Blues. Il se penche aussi plus sérieusement sur son image scénique, jouant sur l’androgynie, la sexualité des paroles et des attitudes. En 1982, il sort « 1999 », premier album rencontrant un vrai succès international. Le nom de Revolution est accolé à son groupe maintenant et c’est sous le nom Prince and the Revolution qu’il sort « Purple Rain ».

Le projet est particulièrement ambitieux puisqu’il s’inscrit dans une œuvre filmée. Et non content d’être musicien, chanteur, Prince devient également acteur dans un film qui emprunte à sa propre vie. Quel meilleur moyen pour asseoir une image, surtout que l’album coïncide avec l’explosion des video-clips sur MTV. « Let’s go crazy » commence par un son d’orgue, comme un prêche mais un beat très breakdance arrive pour briser cette ambiance, suivi d’un puissant riff de guitare saturé. Voilà déjà de quoi fixer les influences de cet album. Il y en aura pour tous les gouts, entre pop, funk, rock et hip-hop. On note l’utilisation importante du synthétiseur, de nombreux effets avec un son de guitare électrique au son très hard rock (le son de l’époque aussi). Le titre est festif et se termine par un solo de guitare virtuose. « Take me with U » montre encore plus d’expérimentation de la part de Prince avec l’utilisation de violons, un son de tambourin très présent et différentes voix. Dans « The beautiful Ones », ce sont les expérimentations de synthé qui sont marquantes et pourtant le titre reste paradoxalement très sobre. On retrouve le son funk rock dans « Computer Blue », avec des effets de reverb sur sa voix haut perchée. Le son est encore très expérimental sur « Darling » Nikki avec une production très travaillée, les cris de Prince, les ruptures de rythme, les cuivres synthétiques. Mais c’est « When Doves Cry » qui est la quintescence du style Prince de cet album avec son intro à la guitare suivi par un gimmick au synthé qui fut tant de fois samplée depuis. Prince est dans les graves cette fois et la chanson est très clairement inspirée par le hip-hop de l’époque tout en restant pop. Et ce ne sont pas les 6 minutes du titre qui l’empèchent de cartonner dans les charts. « I would die 4 U » marque surtout dans le film qui l’utilise comme thème musical. Le titre est plus funk avec un son électronique très présent. « Baby I’m a star » est même plus dance que funk avec son beat puissant. Et l’album se termine déjà par le maintenant mythique titre « Purple Rain ». Une intro à la guitare, un rythme lent, une voix posée et mélodieuse et l’ambiance s’installe immédiatement. On ressent la souffrance, l’émotion dans ce titre, sur fond de violons mêlés aux mélopées de guitare de Prince. Et le solo de guitare n’en fini pas d’émouvoir. La version complète du morceau s’étend sur plus de 8 minutes, réduite à moins pour la radio et la télévision.

Acclamé par les critiques, les professionnels et le public, Prince devient une immense star internationale. Mais comment succéder à pareil chef d’œuvre. On voit déjà bien l’attirance du musicien vers les expérimentations musicales de toutes sortes. Prince écrit pourtant aussi pour d’autres comme les Bangles. Il enchaîne les hits avec « Parade » et « Sign o’ the times » sans pour autant aller dans la facilité. Maintenant libre de faire ce qu’il veut, il peut se permettre d’aller dans des styles moins vendeurs ou même de se perdre dans des bandes originales de film comme Batman en 1989. En 1993, il préfère se faire appeler sous le nom de Love Symbol surtout pour des raisons de bataille légale avec la Warner. Après cette période plutôt trouble et des albums plus moyens, il fait surtout ce qui lui plaît, sans volonté commerciale mais avec toujours autant d’inventivité. Il reprend son nom de Prince en 2000. En 2004, Musicology marquera son grand retour. Jamais copié, il reste une figure à part dans le monde de la musique, par sa créativité et son indépendance, jusqu’à son décès en 2016.

Iceman

Production, arrangements, composition : Prince Participation de John Nelson, Wendy and Lisa, Dr Fink pour les compositions. Membre des Revolution : Prince, Wendy Melvoin, Lisa Coleman, Dr Fink, Bobby Z, Brown Mark.

1- Let’s Go Crazy 2- Take Me with U 3- The Beautiful Ones 4- Computer Blue 5- Darling Nikki 6- When Doves Cry 7- I Would Die 4 U 8- Baby I’m a Star 9- Purple Rain

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