Musique : Lynda Lemay – Les Lettres Rouges (2002)

lettresrougesLa chanson à texte est un genre particulier et qui a connu une traversée du désert. Lynda Lemay a contribué à son retour en grâce. Est-ce l’exotisme de son accent québècois ou bien l’humour de ses textes qui ont permis cela ? Nul doute que sa manière de raconter des histoires au public compte. Et quoi de mieux qu’un album live comme Les Lettres Rouges pour le ressentir.

Née en 1966, elle se fait connaître au sortir de ses études littéraires, obtenant un prix au festival de Granby comme auteur, compositeur, interprète. Nous sommes en 1989 et cela lui permet de sortir un premier album, Nos Rêves en 1990. Mais sa carrière reste alors cantonnée au Québec. Ce n’est qu’en 95 qu’elle débarque en France et se fait remarquer dans le tremplin de la chanson des Hauts-de-Seine. Son album éponyme est réédité en 98 et sa carrière est définitivement lancée. Elle enregistre son premier live en 1999 qui retranscrit déjà l’ambiance de ses concerts ou elle communique avec son public par les histoires de ses chansons qui parlent du quotidien avec humour ou gravité. En 2000, l’album Du coq à l’âme poursuit cette success-story en étant certifié platine. Son nom est à l’affiche des plus prestigieuses salles, comme l’Olympia. Ce sont ces lettres rouges inscrites sur le fronton de la salle qui inspirent le titre de ce second album live en 2002.

Elle parle de ses doutes, de ses joies de mère de famille, de ses peines aussi, comme dans Maudite Prière. Ce début grave de concert est vite détendu par l’humour de J’Veux pas d’Chien. L’accompagnement est simple avec guitares et piano. Lynda n’a peut être pas une voix puissante mais elle est claire, pleine d’intensité pour vivre ses textes. Et contrairement à d’autres chanteuses canadienne, elle conserve un accent très prononcé. Elle alterne les titres légers, les chansons d’amour, comme le très mélancolique J’veux bien t’aimer. Et c’est ainsi que l’on se retrouve sur le bord d’un lac à parler pèche avec elle dans J’aime la pêche. Ce qui pourrait paraître ridicule avec d’autres, ne l’est pas grâce à sa présence scénique. La Centenaire est un moment très fort de ce concert, tant l’émotion est forte, soutenue par un violon ou encore un piano. Le choix d’alterner le grave et le léger est une constante dans ce concert. Elle parle aux femmes trentenaires, aux pères de famille, aux jeunes couples ou encore aux personnes âgées. Il est peu probable qu’une personne ne trouve pas un titre qui lui parle dans ce florilège. Contrairement à d’autres chanteurs à texte, il n’y a pas cette impression d’avoir sans cesse le même accompagnement musical sur des textes différents. Les textes sont parfois crus mais toujours faciles à comprendre avec un langage courant. Pourtant un titre comme Gros colons avec son vocabulaire typiquement nord-américain peut surprendre. Le public suit pourtant, à entendre les rires de la salle. Il faut dire qu’avec ses grands yeux, la belle Lynda est très expressive sur scène. Elle est même suffisamment douée pour parvenir à passer de cette peinture des machos à celle des couples homosexuels dans Les Deux Hommes. Elle donne la parole aux hommes, d’ailleurs dans Bande de Dégonflantes qui répond à Bande de Dégonflées. Mais ce n’est pas sur ces textes délurés qu’elle termine cette heure et demi de concert. Elle préfère l’émotion du magnifique Ma plus belle déception enchainée sur La Marmaille. Elle montre ainsi qu’elle est l’une des rares à pouvoir garder toute sa crédibilité dans tous les registres de la chanson.

Après ce sommet de carrière, Lynda se consacre à nouveau à de nouveaux albums studio. On peut la voir faire sa promo avec l’humoriste Laurent Gerra qui partage brièvement sa vie. Mais c’est dans le secret qu’elle se sent le mieux pour se dévoiler dans ses textes. Elle se permet de créer un opéra folk dans Un éternel Hiver en 2006 qu’elle double d’un album la même année, Ma Signature. Ce n’est certainement pas une chanteuse à single qui aligne les hits mais elle a trouvé son style et sa place dans la chanson française, ou plutôt francophone. Elle nous étonnera certainement de longues années, tant elle semble curieuse et prolifique.

Iceman

Musiciens : Lynda Lemay, Sébastien Dufour, Louis Bernier, Daniel Jean

1. Du Coq A L’Ane 2. Maudite Prière 3. J’Veux Pas D’Chien 4. J’Veux Bien T’Aimer 5. J’Aime La Pêche 6. La Centenaire 7. Macédoine 8. Donnez-Lui La Passion 9. La Cassette Vidéo 10. Un Homme De 50 Ans 11. Le 29 Août 2000 Au Théatre Saint-Denis 12. Va Rejoindre Ta Femme 13. L’Enfant Aux Cheveux Gris 14. Gros Colons 15. Les Deux Hommes 16. Bande De Dégonflés 17. Bande De Dégonflantes 18. Ma Plus Belle Déception

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