Musique : Dreadzone – Second Light (1995)

dreadzonesecondCertaines musiques sont difficiles à décrire par de simples mots. Ce n’est pas qu’elles soient complexes mais la richesse de leurs sources d’inspiration et des émotions qu’elles créent est telle qu’il faudrait y consacrer de longues pages. Ainsi, Dreadzone, en quelques albums, nous transporte dans son monde à travers une petite porte que peu ont voulu franchir encore.

A l’origine de Dreadzone, il y a trois noms : Greg Roberts, Leo Williams et Dan Donovan. Les trois compères se sont rencontrés dans Big Audio Dynamite dans les années 80, un groupe fondé par Mick Jones, l’ex guitariste des Clash. Pourtant le rapport se fait peu à peu lointain avec les Clash puisque la tonalité est plus funky. La rage du punk se mèle à l’arrivée des instruments électroniques. Le groupe n’aura qu’un temps et si Leo et Greg continue avec Screaming Target, ils s’orientent vers un son dub, c’est-à-dire du reggae aux sections rythmiques plus accentuées. En 1993, Greg Roberts fonde Dreadzone. Si la base dub subsiste, on retrouve aussi les influences de chacun des musiciens qui compose le groupe. Le premier album, 360° sort cette même année, suivi de Performance en 1994. Mais c’est avec Second Light en 1995 qu’ils trouvent véritablement leur marque de fabrique.

L’album s’ouvre sur un extrait de film et une rythmique Dub prend le relais. Dans cette ambiance dub, on retrouve tout de même un break très house londonienne et la voix reggae de Earl Sixteen. Nous basculons sur une intro de Purcell pour Little Britain qui nous emmènes sur un thème plus dansant nous ballader en angleterre. On reconnaît également des samples de Carmina Burana. Si la rythmique reste encore vaguement dub par moment, nous sommes là beaucoup plus dans de la techno. Atmosphère encore buccholique pour A Canterbury Tale mais sur un rythme plus lent et planant, presque contemplatif. Captain Dread mélange le son celtique avec la rythmique dub avec un grand bonheur. Le groupe utilise encore des extraits de films pendant le morceau. Dreadzone nous emmène ensuite dans une atmosphère orientale pour Cave of Angels. On peut faire le parallèle avec Asian Dub Foundation qui a popularisé ce type de mélange mais ici le morceau reste planant et doux. Retour au pur dub pour Zion Youth. Le morceau n’est pas sans rappeler certains titres de Massive Attack avec Horace Andy. Mais Dreadzone ne peut rester sur ce dub classique et One Way en est l’exemple puisque le morceau part très vite sur un son trance. Après ce déferlement de bpm, Shining Path tranche par la sérénité de son intro. C’est un morceau lent à la rythmique subtile et travaillée qui amène de l’apaisement à son écoute. L’album se termine par Out of Heaven, titre plus ambient et lounge. La palette de talents des membres du groupe s’exprime parfaitement tout au long de ces 9 titres.

Deux ans plus tard paraîtra le très beau Biological Radio, peut être plus homogène mais tout aussi réussi. Suivront ensuite d’autres albums de très bonne tenue mais qui marqueront forcément moins par leur inventivité. Entre 98 et 2001, le groupe a d’ailleurs été résident dans un club de Notting Hill. Après 3 ans sans album studio, un nouvel album verra peut être le jour en 2009 ?

Iceman

Membres : Dan Donovan – clavier, Leo Williams – guitare basse, Greg Roberts – batterie

1. Life, Love and Unity 2. Little Britain 3. A Canterbury Tale 4. Captain Dread 5. Cave of Angels 6. Zion Youth 7. One Way 8. Shining Path 9. Out of Heaven

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