Musique : Motörhead + Izia – Paris 2009

motorheadLe froid tombant sur la France, il était temps de sortir sa veste à patchs pour retrouver la communauté métal au Zénith de Paris. Messire Kilmister y donnait un concert avec ses deux compères.

Pas trop d’ados en jeans slims arborant fièrement un T-shirt Motörhead parce que c’est devenu mode. Non, ce soir nous avons du fan de la première heure, du père de famille venu se souvenir de sa jeunesse avec ses enfants, du trentenaire en habit de gala, tout de jean délavé, et parfois du gamin de 20 ans venu découvrir qui peut bien être derrière ce nom légendaire.

Mais au Zénith, il faut croire que les concerts doivent commencer à l’heure. Surprise pour la première partie puisque le nom est encore inconnu de beaucoup. à 20h pétantes, c’est une petite jeune fille toute gainée de noir, qui se présente seule sur scène avec une guitare rouge cramoisi et entame une chanson d’une voix un peu bluesy dans un très bon anglais. Quelques accords, un couplet et la lumière revient pour que les autres musiciens du groupe arrivent à leur tour. Izia, c’est son nom, n’est autre que la fille de Jacques Higelin. Du haut de ses 19 ans, elle est venue défier les metalleux musclés du premier rang. C’est qu’elle n’a pas froid aux yeux la môme, lorsque au deuxième titre elle crie « A poil ! », comme pour devancer d’éventuels quolibets que l’on enverrait à cette chanteuse débordante d’énergie. Les titres sont péchus, allant du hard rock au punk en passant par des titres plus blues rock. La voix est puissante, rageuse, tellement qu’on lui donnerait 10 ans de plus. On pourra juste lui reprocher un manque de nuance dans les titres choisis mais ce n’était pas évident de conquérir un tel public (voir les expériences malheureuses d’autres premières parties de légendes du metal). A bientôt donc à cette pulpeuse jeune fille dont on risque de reparler.

Cela fait 34 ans que Motörhead existe et 64 que Lemmy Kilmister vit sur cette terre, ayant bâti sa légende avec sa stature, son visage usé, et sa voix inimitable. Depuis quelques années, il tourne avec le guitariste Phil Campbell et le batteur Mikkey Dee, le trio suffisant bien à affoler les sonomètres dans les salles du monde entier. Les voilà justement qui arrivent à 21h précises devant une foule qui garnit maintenant quasi complètement le Zénith en configuration basse. Pas d’entrée théâtrale pour Lemmy mais de l’efficacité. C’est tout à l’image de leurs titres concis, puissants, énergiques. Les riffs font mouche sur chaque morceau et le grain de la voix rauque de Lemmy fait le reste, avec la batterie d’un Mikkey déchainé comme un jeunot.

C’est avec le classique Iron Fist qu’ils commencent une setlist riche. Ils enchaînent deux à trois titres avant de marquer des pauses, de parler un peu entre les morceaux, aussi bien Phil que Lemmy. Ce dernier n’a pas besoin de bouger avec sa légendaire basse à 4 cordes Rickenbacker pour faire le spectacle. Son charisme naturel fait le nécessaire. C’est Phil qui se charge de bouger sur la scène de droite à gauche, alternant des types Les Paul ou des types Explorer pour balancer des riffs tonitruants.

Si le son est puissant et fort, il n’est pas trop saturé pour autant. On déplorera quelques larsens mal maitrisés dans le début du set mais tout rentre dans l’ordre et il n’y a que la résonance métallique des tribunes qui peut gêner à certains endroits de la salle. Au fur et à mesure du concert, la fosse s’anime et se réveille, les bras se lèvent aux invectives des musiciens. Quelques téméraires slamment dans les premiers rangs. Lemmy et les autres boivent une bonne pinte de bière à la santé du public Français, Lemmy tentant quelques mots dans la langue de Molière. Les morceaux s’enchaînent très rapidement (dont un très beau Killed by Death) donnant l’impression que le concert a déjà duré depuis 2 heures. Mais non, cela ne fait qu’une heure et dix minutes lorsque Lemmy annonce le dernier morceau. 70 minutes comme ça, on en redemande surtout avec des titres retraçant une si longue carrière. Pour mon cas personnel, je regrette, comme souvent, la longueur du solo de batterie.

Tout le monde aura remarqué qu’il manque deux titres majeurs de la discographie du groupe. Ce sera pour le rappel qui commence par un acoustique sur Whorehouse Blues, baigné de lumière rouge. Pour l’occasion, Lemmy délaisse sa basse et Mikkey quitte les baguettes pour une guitare afin d’assurer la rythmique. Après ce moment de calme, c’est le tant attendu hit Ace of Spades qui déboule. Mais justement Motörhead n’a pas abattu toutes ses cartes : Ils terminent par un Overkill tonitruant Phil semblant rajeunir de 20 ans au moins. C’est à regret que nous voyons le groupe partir sous le son d’une guitare saturée. Les roadies éteignent les têtes d’amplis. Voilà, la soirée est finie mais quelle soirée. Lemmy semble immortel et ce concert a encore fait pour sa légende.

Iceman

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