Musique : Aretha Franklin – Aretha Now (1968)

arethanowParmi les divas de la soul, Aretha Franklin a une place de choix. Et dans sa longue et prolifique carrière, il faut revenir en 1968 pour trouver l’album qui l’a installé au pantheon de la musique. Redécouvrons cet album où se trouvent des classiques repris par tant de chanteuses dans castings et tributes.

Née en 1942 dans le Tennessee d’un père révérend baptiste et d’une mère pianiste, elle grandit au milieu de ses 4 frères et soeurs dans cet environnement musical et religieux. Très vite elle fait montre de virtuosité musicale et à 14 ans, elle enregistre avec son père un album de Gospel. Inspirée par Mahalia Jackson qu’elle a croisé quelquefois avec sa mère, elle mêle le jazz aux influences gospel. A cette époque, elle donne aussi naissance à deux enfants (à 13 et 15 ans) ce qui la pousse à rechercher la sécurité financière. Elle signe donc un contrat chez Columbia en 1960.

Elle a bien quelques succès en rythm and blues mais rien qui lui permette d’atteindre les sommets des ventes. Aussi en 1966, elle signe chez Atlantic Records qui lui permet de travailler avec le producteur Jerry Wexler. Avec lui, elle sort des hits comme I Never Loved a Man (The Way I Love You) qui sera présent sur son premier album du même nom sur lequel elle reprend aussi des titres R&B connus. En 1968, elle sort Respect qui devient un classique avec sa version féministe du titre d’Otis Redding. Pour la première fois, elle atteint les sommets des charts à la fois en R&B et en Pop. Les hits s’enchainent dans cette année 68 avec aussi Chains of fools. C’est donc pas moins de 4 albums en 2 ans qui sortent et parmi eux, ce Aretha Now.

A la production, on retrouve toujours Jerry Wexler. Et parmi les musiciens, nous retrouvons le meilleur des studios d’Atlantic records dont Bernie Glow et Joe Newman à la trompette, King Curtis au saxophone pour ne citer que ces jazzmen qui ont joué avec les plus grands. La composition de cet album fait appel aux meilleurs artistes du moment mais aussi au talent d’Aretha, qui n’est plus à prouver. Ainsi le hit « Think » est son oeuvre et on retrouve tout l’esprit du gospel. Au contraire, I say a little prayer est plus pop avec la composition de Burt Bacharach que l’on retrouvera auprès de Dionne Warwick. Elle reprend des classiques comme Night time is the right time, un titre de 1937. On retrouve également un titre de Steve Cropper que l’on retrouvera quelques années plus tard dans le Blues Brothers Band et qui apporte son groove. Quel bonheur aussi d’entendre Aretha reprendre le You Send Me de Sam Cooke décédé quelques années plus tôt. Évidemment, nous sommes à une époque où le format album n’est pas installé et où les singles sont plus courts. Ainsi, un You’re sweet sweet man d’un peu plus de 2 minutes paraît court de nos jours mais c’est immédiatement efficace et prenant d’un bout à l’autre du morceau sans se focaliser sur un refrain comme trop souvent maintenant. Aretha est très à l’aise dans un titre avec des chœurs comme I Take what I want, comme pour répondre aux concurrentes de la Motown. Sa version du Hello Sunshine de Jimmy Cliff parait beaucoup plus soul que celle de son auteur qui débute alors. Mais elle est tout aussi à l’aise sur des titres plus rythmés comme A Change. Cet album retranscrit donc parfaitement tous les talents d’interprète et de compositrice d’Aretha et la maintient ainsi au sommet. Il montre aussi l’évolution qui se fait déjà dans la musique alors encore scindée entre noirs et blancs.

Le succès se poursuit des années durant avec des Grammy Awards R&B qui n’en finissent plus. C’est au rythme hallucinant de deux albums par an qu’elle poursuit sa carrière dans les années 70. Ce n’est qu’en 1976 que le déclin s’amorce, le genre passant de mode. Le Disco arrive et Aretha n’a aucune envie de suivre la mode. Elle enregistre moins et pourtant le film The Blues Brothers, gros succès du box office en 1980, la remet dans la lumière. Jump into It est un de ses plus gros succès en 1982, lorsqu’elle collabore avec Luther Vandross. Les années 80 la voient aussi enchainer les duos avec les stars du moment comme Eurythmics ou George Michael. Elle est surnommée la Queen of soul pour l’éternité. Elle peut se permettre d’enregistrer à son rythme ce qu’elle aime et ne s’en prive pas durant les années 90 et 2000. On la revoit dans la suite des Blues Brothers et en 2007 elle sort un album de duo. Mais c’est lors de l’élection de Barack Obama que l’on a pu la revoir chanter sur les écrans du monde entier. Si la voix a ses limites, elle n’a rien perdu de sa fougue et ne pourra jamais être détronée.

Iceman

1. « Think » 2. « I Say a Little Prayer » 3. « See Saw » 4. « Night Time Is the Right Time » 5. « You Send Me » 6. « You’re a Sweet Sweet Man » 7. « I Take What I Want » 8. « Hello Sunshine » 9. « A Change » 10. « I Can’t See Myself Leaving You »

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