Musique : Christophe Willem – Caféine (2009)

willemcafeineSi les télé-crochets cherchaient un bon exemple de ce qu’ils ont pu faire de bon dans la musique, ils choisiraient certainement Christophe Willem. Ce chanteur, apparu dans la cinquième saison de la Nouvelle Star en 2007, a fait l’unanimité tant dans le public que dans la Presse. Après avoir confirmé dans un premier album, il lui restait à passer le dur examen du second album. Et, une fois n’est pas coutume, nous allons parler de l’édition « Collector » de son album pour comprendre la démarche des maisons de disques face à la baisse des ventes.

La Nouvelle Star 2007 est sans doute l’année référence pour l’émission. Elle a permis pour la première fois à un candidat d’avoir 4 bleus (les bonnes notes de l’émission) à chaque émission. En finale face à l’excellente Dominique (devenue Miss Dominique), Christophe, surnommé La Tortue par Marianne James à cause de son allure au casting, a vité créé un phénomène autour de lui. A l’époque étudiant, il n’était pourtant pas totalement néophyte. Il avait en effet eu un petit rôle dans Alive le film de Maxime Nucci, ce qui heureusement ne lui causera pas trop de préjudice. Il eut ainsi l’occasion d’être sous contrat d’une maison de disque et de connaître Jennifer, l’épouse de Maxime, accessoirement gagnante de la première Star Academy. Mais la maison de disque ne saura pas concrétiser ce qu’on entrevoyait de son talent et il retourna à ses études tout en poursuivant la chanson dans une chorale près de chez lui. Tout ça jusqu’au moment où sa sœur l’inscrit à La Nouvelle Star. Il passe le casting à Toulouse et immédiatement fait parler de lui aussi bien par sa voix que par son allure atypique : grand maigre à lunette vêtu d’un improbable pull rayé. Totalement hors mode, il deviendra le symbole de la branchitude. Après cette première étape du casting, les sélections ont laissé entrevoir un réel talent vocal avec une capacité à changé de registre et d’octave et à improviser, totalement hors norme. Ne lui manquait que de l’assurance pour s’imposer. Cette assurance, il va l’acquérir au fil des émissions, la production ne croyant pas tout de suite en lui. Il se retrouve pourtant avec des titres tenant plus de la blague parfois, comme le ça plane pour moi de Plastic Bertrand. Mais il a su tout de suite imposer sa patte et son feeling dans des arrangements parfois surprenants et avec une énorme maestria vocale. Tout juste pouvait-on lui reprocher son manque d’implication dans les duos et trios. La suite on la connaît : Il devient vite le favori de la production et remporte la finale face à Dominique après des duos de haute volée. Son album sort l’année suivante et lui permet d’explorer une pop un peu branchée en flirtant parfois avec l’électro. Il proposera aussi une version acoustique de son album. Intégrée à l’écurie de Zazie, tout marche très bien pour lui. Sa tournée est triomphale et il rejoint son amie Jennifer dans les Enfoirés.

C’est en Angleterre et en France qu’il enregistre son deuxième album toujours sous le patronage de Zazie. Le virage est clairement pris vers l’Electro même si la maison de disque émet des réticences à trop le dire. Le lancement de l’album est donc un peu chaotique avec un clip du single qui n’apparaît que longtemps après et une promotion en décalage avec le contenu. Mais parler d’Electro en France, c’est parler en réalité d’une pop à tendance électronique et non de Techno, de Trip-hop ou encore de Dance. C’est même devenu un genre à part, refuge des branchés de la capitale, comme ont pu l’être certains artistes anglais du début des années 2000 dans la musique électronique à Londres ou Bristol. La version collector de l’album baptisé Caféine, comprend 24 titres dont certains ne sont que des remix. L’ambiance est installée par une ouverture de 40s avant que « L’homme en noir » permettent d’entendre la voix éthérée de Christophe. Si les arrangements sont très électro et le refrain assez réussi malgré le rythme lent, c’est le surplus d’effet sur la voix qui pénalise le titre. Suit un duo avec Kylie Minogue baptisé Sensitized et chanté en anglais et français. Il est construit autour d’un sample de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg. Mais le hit de l’album arrive en 3ème position : « Berlin » permet à Christophe Willem de montrer sa maitrise vocale tout en restant dans un registre electro dance. Par bonheur, la production n’en fait pas trop sur les effets, juste quelques reverb bien positionnés et quelques déformations « robotiques ». Après un morceau dance floor, c’est la rupture avec « La demande » qui commence presque a capella avant que d’autres instruments arrivent mais sans combler la faiblesse mélodique du morceau. Un refrain ne fait pas tout. « Entre nous et le sol » vient justement prouver le contraire avec une mélodie légère que magnifie la voix de Christophe. « Plus que tout » reste dans la légereté mais en étant plus funky. Car Christophe Willem sait aussi apporter un brin de groove dans son chant. « Coffee » emprunte une voix plus intéressante en se rapprochant du RnB et du Trip Hop. Pas besoin d’en faire des tonnes avec les effets sur la voix et c’est plutôt réussi. « Trash » est un duo réussi avec Skye (pas celle de Morcheeba) qui donne du rythme à un album qui aurait pu s’endormir. « Fragile » est une ballade pop sirupeuse qui passerait inaperçue sans la voix de Christophe. « Tu te fous de nous » a un style très Zazie avec une grosse louche d’effet et un manque d’imagination mélodique bien dommage. « Heartbox » retourne sur les dancefloor mais la sauce prend moins que précédemment par la faute d’un refrain trop mou. Mais pourquoi terminer sur « Si je tombais » ? C’est un morceau lent et aérien, un petit coté Vangelis, mais qui aurait été mieux placé ailleurs.

La réelle fin de l’album « Deluxe » est constituée par les bonus : des remix et versions acoustiques. Cela ne rajoute pas forcément grand chose au morceau mais cela fait plaisir au fan. Au final, Christophe Willem sort un album atypique dans la pop française, bien que très imparfait. Cela lui permet d’installer son personnage tout en ne dénaturant pas sa voix. Ira-t-il encore plus clairement dans le trip hop, ou l’electro rock dans son troisième album. Le succès de celu- ci lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité. Reste que dans le genre, on est encore loin des meilleures production britanniques car on a voulu trop en faire.

Iceman

Produit par : Steve Anderson, Aqualung, Alexandre Azaria, Guy Chambers, Cathy Dennis, Tina Harris, Jamie Hartman, Yves Jaget, Steve Lee, Pete « Boxsta » Martin, Jean-Pierre Pilot, William Rousseau, Christophe Willem

01 – Ouverture 02 – L’homme en noir 03 – Sensitized (duo avec Kylie Minogue) 04 – Berlin (Skye) 05 – La demande (Zazie) 06 – Entre nous et le sol 07 – Plus que tout 08 – Coffee 09 – Fragile 10 – Trash (duo avec Skye) 11 – Tu te fous de nous (Jennifer Ayache) 12 – Heartbox 13 – Yaourt et lavabo (Zazie) 14 – Si je tombais Bonus Deluxe 1 – Holé Holé (version orginale de L’homme en noir) 2 – Berlin (alternative version) 3 – La demande (remix) 4 – Si je tombais 5 – Walk away (duo avec Skye)

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