Musique : Def Leppard – Adrenalize (1992)

adrenalizePar quel album commencer pour découvrir un groupe majeur comme Def Leppard? Voilà une question qui m’a longtemps fait réfléchir avant de me décider pour cet album de 1992, leur cinquième. Si ce n’est pas forcément le meilleur, il a le mérite d’avoir un son très représentatif et d’arriver à une période charnière.

Mais revenons tout d’abord sur les origines de nos amis de Sheffield. On oublie trop souvent que Def Leppard a fait partie de New Wave of British Heavy Metal, au même titre que des Saxon, Iron Maiden, etc…Oui en 1977, lorsque le groupe commence, le Hard britanique est en pleine effervescence après une période de creux. On retrouve donc Rick Savage, Pete Willis,Tony Kenning, Joe Elliot, respectivement bassiste, guitariste, batteur et chanteur. Ils sont rejoints en 78 par un certain Steve Clarck à la guitare. Mais au moment de commencer les enregistrements de leur premier EP, Kenning quitte le groupe et on retrouve Rick Allen à la batterie, alors agé de seulement 15 ans. Les voilà prêt pour la route du succès, une route pavée d’embûches, comme nous allons le voir….

1980, premier album : On Through the Night. Succès relatif dans les charts britanniques et un son déjà plus américain qu’anglais. Mais en 1981, ils rencontrent un certain Robert John « Mutt » Lange, producteur d’AC/DC. C’est avec lui qu’ils vont enregistrer High’n Dry et parfaire leur son avec l’utilisation de l’overdub par exemple. Leur aura grandit et notamment aux Etats-Unis. Le groupe se sépare de Willis pour accueillir le guitariste de Girl, Phil Collen. Pyromania sort donc avec ce fameux line-up et est un retentissant succès. Tout va bien donc???

Oui, on pourrait le penser avec une tournée mondiale en 84, et un nouvel album sur les rails mais sans Mutt Lange. Sauf que le destin a mis une Corvette dans les mains de Rick Allen : Un accident de la route lui fait perdre un bras ! On pourrait le croire perdu pour la musique. Le groupe aurait pu continuer sans lui sur cette voie du succès. Mais non, Def Leppard n’abandonne pas son benjamin. La convalescence est longue et l’adaptation de la batterie à sa nouvelle condition physique est loin d’être évidente. Et pourtant, le revoilà sur scène avec le groupe en 86 et dans les studios pour la sortie du mythique Hysteria en 1987. C’est la période Hair Metal aux Etats-unis et le Hard-FM arrive à son apogée. Finalement, Mutt Lange a été rappelé et ils ont bien fait : C’est le carton international avec plus de 20 millions de copies.

Voilà de quoi vivre un moment sur le succès et préparer serainement le prochain…Si seulement tout était si simple : Clarck est sujet à des problèmes d’alcoolisme et le mélange avec des drogues lui est fatal en 1991. Le groupe semble accablé par le sort mais continue pourtant, l’enregistrement de l’album étant quasi terminé. Il s’appelle  Adrenalize.

Le choix d’un single comme Let’s get rocked pour ouvrir l’album n’est pas innocent. Beat de batterie très poussé et mis en avant, riffs de guitare, choeurs….C’est le style Def Leppard des dernières années avec une approche catchy totalement assumée pour innonder les ondes et les chaines musicales comme MTV. Mine de rien, on s’éloigne du Hard Rock des débuts avec l’utilisation de samples, de parties de violons. Pourtant Def Lep est toujours là avec son Heaven Is au refrain imparable. Nul doute que l’accident de Rick a influencé son jeu et le son des percussions avec l’utilisation de batteries électroniques. Le groupe n’est jamais aussi bon que sur ces morceaux mid tempo avec des refrains chantés en choeur comme Make Love like a Man. Ils semblent fait pour être repris en choeur avec des riffs d’une rare efficacité. Evidemment, nous avons droit à la ballade calibrée « je vais faire craquer les filles » comme ce Tonight. Mais les fans préfèreront sans doute la belle intro en arpèges de White Lightning, avec le jeu tout en feeling de la paire guitariste, la voix épurée d’Elliot. Comme quoi un Def Lep sans artifice de studio assure sans problème, comme ils le prouvent d’ailleurs sur les morceaux live présents sur l’édition Deluxe. On sera plus circonspect sur un morceau comme Stand Up, plutôt banal. Non, il nous faut du Def Lep agressif comme l’intro de Personal Property, avec un refrain là encore d’une efficacité hors pair et qui nous fait nous balancer en cadence. Bien sur, il falait caser une autre jolie ballade mélodique pour faire bonne mesure. I Wanna Touch U semble le pendant du premier morceau de l’album avec des Riffs syncopés, une batterie plus présente, histoire de moderniser un peu le style. Un style qui n’est pourtant pas sans rappeler le Pour Some Sugar on Me d’Hysteria, par exemple.  Il ne faut pas oublier que le Hard Rock tombe en désuètude à cette même époque et que seuls les grands groupes survivront. Bref cet album répond à différentes franges du large public de Def Leppard et peut donc aussi en décevoir autant. Pourtant Tear it Down remet bien les choses à leur place : Def Leppard est bien un vrai groupe de Hard Rock.

Comme je le disais, il existe une édition Deluxe de cet album, sortie un peu plus tard. L’avantage est d’ajouter des morceaux live à ceux déjà évoqués. Il faut signaler notamment un rare duo avec Brian May de Queen, une reprise des Rolling Stones, etc…Une occasion à ne pas rater pour mieux découvrir le groupe.

Mais après cet album, la suite va être difficile. Si le succès d’Adrenalize permet d’envisager l’avenir avec sérénité, la perte d’un des membres phares va se ressentir. Vivian Campbell (ex Dio, Whitesnake), va rejoindre le groupe pour la tournée de 1992. Pour l’album suivant, Slang, le groupe fait l’erreur de vouloir rester à la mode en s’inspirant de la mode Grunge. Les fans ne suivent pas! Le groupe essaye de passer ces années 90 en vivant sur ses acquis, des compils et des hommages. L’album Euphoria marque un retour à leur son d’origine, retour que l’on pourrait penser gagnant et définitif. Mais il n’en est rien puisqu’ils enchainent sur un album X, délibèrément Pop et qui va être renié par les fans de la première heure. Pourtant cela paraît un prolongement logique de l’orientation AOR qui avait été prise. Qu’importe car le groupe a suffisamment d’aura et de fans pour se permettre cela. L’album Yeah! va ainsi les laisser reprendre des titres rock classiques, recette adoptée par d’autres à cette même époque d’ailleurs.

Le vrai retour d’un Def Leppard Hard Rock est plus à mettre à l’acquis de l’album Songs from the Sparkle Lounge. On peut même parler de retour en grâce pour certains et Def Leppard semble reparti pour quelques belles années.

Iceman

Membres : Joe Elliott , Phil Collen , Rick Savage , Rick Allen

01 Let’s Get Rocked
02 Heaven Is
03 Make Love Like A Man
04 Tonight
05 White Lightning
06 Stand Up (kick love into motion)
07 Personal Property
08 Have You Ever Needed Someone So Bad
09 I Wanna Touch U
10 Tear It Down

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