Musique : Aphex Twin – Come To Daddy (1997)

aphextwinAphex Twin c’est ce single mythique et son clip vidéo. Aphex Twin c’est la techno dans toute sa splendeur expérimentale et dérangeante que je vous propose de découvrir par l’EP qui accompagna le single. So …Come to Daddy !

Pourquoi un EP? Parce que dans le monde de la Techno « non commerciale », on mix, on remix, on sort des singles, l’album étant plus orienté sur des concepts. Et des concepts, Aphex Twin n’en manque pas, mais ce ne sont pas forcément les travaux les plus accessibles.

Aphex Twin est donc une seule et même personne : Richard David James. Cet irlandais a grandi en Cornouailles, ses parents travaillant dans un hopital psychiatrique. Il s’intéresse très tôt aux bricolages musicaux et à l’electronique sachant qu’en 1985, l’informatique musicale est balbutiante. Les études ne l’attire pas et il préfère l’expérimentation à partir de ses montages personnels. Voilà pour la légende.

C’est en 1991 il sort ses premières oeuvres musicales. L’album Selected Ambient Works 85-92 lui permet de se faire connaître dans le monde de la techno. Rien à voir avec l’electro Dance floor qui passe à la radio. C’est bien de l’Ambient expérimentale avec des sons tout aussi surprenants que passionnants. C’est à l’avant-garde pour les plus ouverts des critiques musicaux mais cela n’a évidemment pas grand chose de commercial.

Un deuxième tome des Selected Ambient Works confirme le succès critique . La critique finit quand même par payer pour son album I Care because You Do, qui lui ouvre les milieux underground anglais mais aussi américains. Il a trouvé son style avec des sons agressifs, des rythmiques puissantes mais non linéaires, des ruptures, des samples innatendus, autant parlés que criés. Nous sommes en 1995 et Richard enchaîne sur le désormais fameux Richard D. James Album. C’est juste après cet album qu’il sort le single Come To Daddy et un EP qui l’accompagne.

Si pendant ce temps, Prodigy déchaîne les foules avec son Music for Jilted Generation, l’Angleterre a encore des ressources dans sa techno, entre Ambient et Big Beat. Car nous ne somme pas loin du Big Beat en écoutant le Pappy Mix de Come to Daddy, première version du titre sur l’EP du même nom. Si le beat reste puissant et très présent, il bénéficie du renfort d’effets atmosphériques, stéréos qui rappellent la base ambient d’Aphex Twin. Mais le son est violent, métallique, cru avec cette voix installant une ambiance sombre et glauque. C’est justement cette ambiance qui sera renforcée par le magnifique clip vidéo réalisé par Chris Cunningham. Mais alors qu’on aurait pu s’attendre à d’autres titres de la même veine, Richard D. James nous surprend avec un Flim, aérien, léger tout en ambiance. Mais il faut écouter son travail sur la rythmique, sur la superposition et la rupture des rythmes. On reste dans l’Ambient avec le Little Lord Faulteroy Mix. Ici l’ambiance est plus étrange, comme dans un rêve avec une voix d’enfant entre chuchotement et déformation monstrueuse. La rythmique est double avec un rythme lent doublé par un beat heurté à la batterie. Bucephalus Bouncing Ball nous emmène dans un univers proche des sons industriels avec des sons de chocs et de serrages métalliques. Le morceau est complexe, presque divisé en plusieurs parties avec des bruits de tubes frappés, de chocs de billes, de quoi s’évader dans un monde étrange et froid. Cette froideur, on la ressent encore dans l’étrange To Cure a Weakling Child, où Aphex Twin utilise des samples de voix d’enfants en plus de sonorités électroniques. L’ambiance en devient plus légère au fil du morceau nous emmenant sur des rythmes plus dansant, flirtant même avec le Drum’n Bass. Ambiance dansante, c’est ce qu’on pourrait penser avec l’intro sautillante de Funny Little Man. Mais cette voix étrange, aigue et aigrelette nous replace dans l’ambiance globale du disque. On pense à de petits êtres diformes qui nous tourne autour, qui chantent dans un rêve devenu cauchemar. Le Pappy Mix trouve sa réponse dans le Mummy Mix de Come to Daddy. Si la base est similaire avec un grésillement électrique agressif, des sonorités froides et industrielles, il n’y a pas cette voix « mâle » envoutante mais encore ces petites voix étranges comme sur le morceau précédent avec des lignes de synthés inquiétantes et pesantes. Et on termine plus en légèreté avec IZ-US, morceau purement ambient et doté d’une mélodie au synthé avec une rythmique plus classique.

Comme on le voit cet EP dans sa version 8 titres permet de découvrir différentes facettes de l’oeuvre de Richard D. James et Aphex Twin. Et justement ces différentes facettes il va les explorer sous différents pseudos, si bien qu’il serait difficile de le suivre dans toutes ses expérimentations. On le retrouve ensuite sous le nom d’AFX, Blue Calx, Bradley Strider, Martin Tressider, Caustic Window, Gak, Soit-P.P., Polygon Window, Power-Pill, Prichard G. Jams, Q-Chastic, The Dice Man, Tahnaiya Russell, DJ Smojphace, The Tuss…Oui rien que cela! Alors si le public s’y perd et la critique le lâche, il faut reconnaître son inventivité, sa prise de risque constante et sa recherche musicale en devient passionnante car finissant par influencer le monde de la musique électronique. Il est certainement l’un des artistes les plus complexes et les plus difficile à appréhender, surtout pour des oreilles peu habituées à des sonorités que beaucoup qualifient de bruit. Ce n’est pas une raison pour autant pour aller à la découverte d’autres terrains musicaux.

Iceman

  1. Come To Daddy (Pappy Mix)
  2. Flim
  3. Come To Daddy (Little Lord Faulteroy Mix)
  4. Bucephalus Bouncing Ball
  5. To Cure A Weakling Child (Contour Regard)
  6. Funny Little Man
  7. Come To Daddy (Mummy Mix)
  8. IZ-US

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1 réflexion sur « Musique : Aphex Twin – Come To Daddy (1997) »

  1. […] Le son grave du violoncelle plonge rapidement dans l’ambiance sombre de ce « Arriving Angels » qui s’ouvre sur « Rift ». Les riffs metal sont ici des riffs de violoncelle. Les ruptures, les silences sont nombreux pour plonger l’auditeur dans l’oeuvre. On est à la fois dans le metal et dans la musique expérimentale, dans une noirceur fascinante et prenante. « Upsetter » vous prend littéralement aux tripes. « Beautiful Friends » nous envoie encore plus haut dans l’échelle de l’émotion. C’est du rock industriel, c’est du brut et on pense aussi à l’ambiance parfois déjantée d’Aphex Twin. […]

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