Cinéma : Le Complexe du castor de Jodie Foster (2011)

L’actrice multi-oscarisée Jodie Foster a le don de réaliser des films à la fois sensibles et drôle . Ce complexe du castor en est un nouvel exemple.

On retrouve avec bonheur un Mel Gibson qu’on croyait perdu pour le cinéma dans le rôle de ce père dépressif, et dirigeant d’une fabrique de jouets moribonde. On ne peut s’empécher de voir un peu de la lutte qu’entreprend l’acteur dans sa vie à travers ce personnage. Il faut dire que Jodie et Mel se connaissent bien depuis le film Maverick. Mel Gibson sombre donc dans une dépression qui le coupe peu à peu du monde jusqu’à penser au suicide et c’est une marionette de castor trouvée dans une poubelle qui le sauve.

Le voilà qui laisse parler son double, comme une sorte de négatif de son personnage. D’un coté il y a le castor qui va de l’avant, qui va au devant des autres, qui ose dire tout bas ce que son double humain se refusait à dire. Ce Walter, père absent, mari distant, devient un castor amusant avec ses enfants, aimant avec son épouse et créatif à nouveau pour l’entreprise, dont il a hérité un peu par hasard. Mais dans ce bel édifice, il y a une fissure, joliement imagée par les coups de tête que donnent le fils ainé dans le mur de la chambre. Car c’est lui la fissure, celui qui écrit des devoirs pour les autres , celui qui n’est jamais mis en avant et qui se croit lui aussi invisible. Un peu comme ce qu’espérait son père Walter jusqu’à ce qu’on le force à prendre des responsabilités : dirigeant, père, mari.

Et le fils découvre que ceux qui sont dans la lumière ne sont pas forcément les êtres parfaits que l’on imagine. Voilà un peu de ce qui se cache derrière cette jolie histoire traitée avec beaucoup de tendresse par une Jodie Foster dont on retrouve des sujets de prédilection (voir le petit homme par exemple). Bien que son propre personnage de mère de famille working-girl soit assez effacé, on la sent très impliquée et il n’est pas impossible qu’elle ait mis beaucoup d’elle dans chacun des personnages principaux de son film.  Car finalement, derrière l’actrice Jodie Foster, il y a aussi une femme qui garde tous ses secrets et qui n’a pas forcément choisi la lumière dès le plus jeune age. Mais il y a surtout une réalisatrice passionnante, à défaut d’être une virtuose ou une révolutionaire.

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2 réflexions sur “Cinéma : Le Complexe du castor de Jodie Foster (2011)

  1. Très bon film avec un Mel Gibson qui ne distribue pas les mandales, entre Machete Kill et hors de contrôle ça fait aussi du bien !
    Au passage j’avais bien aimé son rôle dans « Signes » de Shyamalan.
    A noté qu’il joue également un dépressif en remise de peine dans sa dernière apparition devant la caméra : Blood Father (là, ça castagne sévère !).

    Aimé par 1 personne

  2. Pour Signs, je suis partagé, entre le rôle de Gibson, en effet intéressant, et le film qui sonne très creux et qui tirait les ficelles habituelles de Shyamalan. Il s’est un peu rattrapé depuis.
    Oui, on le retrouve effectivement ces temps ci et ça fait plaisir.

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