Littérature : La Nuit des enfants roi de Bernard Lenteric (1981)

​Adapté dans le film d’animation The Prodigies, ce livre eut un succès retentissant il y a 30 ans. Le film pourrait bien le remettre au goût du jour.

7 enfants, 7 génies repérés par un programme informatique d’une mystérieuse fondation. 7 enfants de 5 ans qui en même temps vont écrire un message sur un ordinateur, sans se connaître, et qui dit : Where are you, si on superpose leur message. Et pour le lire, un autre génie, Jimbo, grand escogriffe de plus de 2 mètres, passionné de trains, d’ordinateurs, surtout le sien, Fozzy, son meilleur ami, son confident. Jimbo va les suivre pendant 10 ans avant de mettre en place une école pour génie pour enfin réunir les 7.

Mais notre héros, Jimbo, a une vie de famille, des relations tumultueuses avec sa hiérarchie et un lien étrange avec les descendants de la famille de la fondation. Adulte encore resté dans l’enfance, il se retrouve un peu en chacun de ces génies, enfants incompris par leurs proches ou souffre-douleurs de leurs camarades. Mais en les réunissant enfin, il ne savait pas qu’il causerait peut être leur perte…

A la fois thriller, roman d’anticipation, ce livre se dévore d’une traite. La construction y est habile, ne dévoilant que des bribes de scènes parfois, ne donnant pas de nom aux protagnonistes pour que le lecteur cherche lui même. A la fin de ces années 70, l’auteur parle d’une informatique encore balbutiante, si ce n’est dans les gros systèmes industriels et financiers. Il le fait avec clairvoyance, précision et donne ainsi une grande crédibilité à l’histoire, même de nos jours malgré l’évolution des moyens. Les quelques descriptions extérieures sont elles aussi précises sans être pesantes. Car ce qui intéresse l’auteur, c’est cette guerre interne de Jimbo qui hésite à comprendre qui il est, à se dévoiler, même à sa propre femme. Tout comme ses protégés, il y a un aspect robotique en lui, très analytique et en même temps terriblement sensible, à tel point que l’ordinateur Fozzy parait être l’élément le plus humain de l’histoire avec son humour et sa manière de s’exprimer.

Ce livre fait donc partie des incontournables de la littérature d’anticipation. Son adaptation dans The Prodigies pourra être vue comme décevante. Pourtant le film s’attache à conserver l’esprit du livre tout en élargissant le public, en remettant au goût du jour le contexte (real tv, internet, super héros, smartphone….). Plus orienté action que le livre, il bénéficie d’un esthétisme bien à lui et ouvre la porte à discussions et suite sur les réactions de nos génies et la terrible machination qui se prépare. Un film à voir, sans être culte ou incontournable et qui enrichit plutôt bien la lecture du livre en le replaçant dans un autre contex

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