Environnement : Le CO2 augmente, et alors

Sans que cela soit une surprise, des experts ont annoncé que la production de CO2 n’a jamais été aussi importante en 2010. La crise est passée et l’industrie repart. Mais faut-il s’alarmer pour autant de cet indicateur?

Comme pour l’automobile, on se focalise uniquement sur le cas du CO2 comme si c’était le seul responsable de tous les maux de la planète. Le CO2 que la végétation devrait absorber, le CO2 responsable de l’effet de serre… Oui, le CO2 est un des principaux gaz à effet de serre d’origine humaine. Mais, c’est faire abstraction de bien d’autres polluants issus directement ou indirectement de l’activité humaine.

  • Le méthane : Il absorbe 23 fois plus de rayonnement que le CO2. L’activité d’élevage bovin représente plus de 16% des émissions, tandis que les décharges, les fuites dans la production d’énergie fossile représentent près de 20% chacune. Il faut ajouter à cela que l’activité bactérienne productrice de méthane augmente avec la température.
  • Les gaz fluorés tels que CFC, CF4, freon …: Ils détruisent à la fois la couche d’ozone mais aussi augmentent l’effet de serre. Leur grande espérance de vie dans l’atmosphère fait que les diminutions des émissions n’aurant des impacts visibles que dans 50 à 100 ans. Remplacés pars les HFC qui ne dégradent pas la couche d’Ozone, le problème reste entier car les HFC ont un impact sur l’effet de serre. Avec l’augmentation des climatisations, le problème est inquiétant . Leur impact est 2800 fois supérieur à celui du CO2 pour la même quantité, leur contribution actuelle étant entre 1 et 3%.
  • Le protoxyde d’azote : Il est 298 fois plus nocif que le CO2 à quantité égale. Il est produit notamment par la fertilisation azotée des sols dans l’agriculture (76% en France) et la combustion de matières organiques.
  • La Vapeur d’eau : Elle contribue à l’effet de serre. Elle est autant issue de l’activité industrielle que de l’utilisation de climatisations. Cela représente 60 % des gaz à effet de serre.
  • On le voit, le CO2 est loin d’être le gaz le plus important dans le réchauffement climatique et le plus critique dans l’avenir. Et il n’y a pas que le réchauffement climatique dans les problèmes de pollution de la planète non plus. C’est donc pour masquer le reste que l’on se focalise sur ce seul gaz.

    D’autre part, après les accords de Kyoto, le protocole qui en est issu prévoit l’instauration d’un marché du carbone. Il s’agit en fait d’acheter et de vendre le droit d’émettre du carbone. Les taux d’émission sont négociés par phase (période d’années). Cela aboutit à un prix de la tonne de carbone dans une bourse d’échange. Théoriquement, les entreprises dépassant le quota achètent des droits à celles ne les dépassant pas. Sur le marché européen, le prix de la tonne de CO2 a baissé de moitié avec ce système, rendant le droit de polluer d’autant plus accessible (toutefois le prix a tendance à remonter sur les derniers mois). Cette spéculation plus quelques fraudes limitent l’efficacité de ce système auxquels les pays les plus pollueurs n’ont pas encore adhéré au niveau mondial. (voir par exemple cet article).

    Alors oui, le CO2 augmente mais rien n’est fait concrètement pour en limiter son impact et surtout on en oublie toutes les autres sources de pollution dont l’impact grandit bien plus vite que le CO2.

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