Musique : Cheap Trick – Dublin 2011

cheaptrickdublinPour voir Cheap Trick, il faut aller ailleurs qu’en France. Les tourneurs français ne savent pas ce qu’ils ratent avec un tel groupe.

Nous voilà donc parti pour la capitale irlandaise pour voir ce groupe américain à la carrière longue de plus 40 ans. embarquement dans un avion anglais, un Avro RJ85, et nous voilà débarqués dans le petit terminal 1. Il fait beau, malgré des prévisions aussi pessimistes que celles de Météo France pour la Bretagne. Un pass « Freedom » nous permet de prendre le Airlink Express, un joli bus à impérial tout de vert foncé vétu. Particularité de Dublin : il n’existe pas de carte de bus complète. Le bon vieux pifomètre nous servira donc à choisir le bon arrêt pour rejoindre notre hotel du coté de Smithfield. Le quartier est un peu excentré mais reste à 15-20 minutes de la salle où se produira le groupe. On y trouve des restes de la distillerie Jameson et une forte population des pays de l’est (Slovaques, Polonais et Russes), même si le quartier est en pleine transformation. Nous nous sommes gardés une journée complète la veille du concert pour mieux découvrir la ville. Dans une période si courte et avec un soleil radieux, le tour en bus découvert est idéal : principaux monuments, brasserie Guiness, Parcs et jardins, Trinity College…Il y a bien des curiosités dans cette petite capitale. Et au détour d’une ruelle donnant sur Grafton Street, se tient Phil Lynott, leader de Thin Lizzy,  immortalisé avec sa guitare. Et ne parlons pas des affiches pour des concerts de groupes et artistes irlandais et internationaux comme Bryan Adams, Journey, Foreigner, Tom Jones, Neil Diamond, Gilbert O’Sullivan….

Dublin semble idéal pour accueillir un groupe comme Cheap Trick, qui mèle aussi bien rock, hard rock et pop. Et le mois de juin est particulièrement clément pour la venue du groupe en ce mercredi 15 dans l’Olympia Theatre. Ce lieu mythique qui a accueilli les plus grands dans la capitale irlandaise, est situé non loin de Temple bar, le quartier branché du centre ville. Mais ce ne sont pas des bobos et autres mini rockers adolescents qui attendent devant les portes rouges du théatre, mais une foule de fans de rock, de hard rock entre 20 et 50 ans. Le fronton est bien discret et seule une affiche permet de savoir que Cheap Trick passe ce soir. Une demi heure avant le début du concert, nous entrons en montrant nos billets au premier contrôle. Nous sommes dirigés, avec le sourire,  vers la fosse et munis d’un bracelet nous permettant de rester au plus près de la scène. Et là, surprise : Des Fans Français ! Nous sommes donc au moins 5 en provenance de Nantes ou de Paris à discuter de l’absence du groupe en France, des attentes de chacun, etc… Il y a des américains qui suivent le groupe sur chaque date, des espagnols, et bien sur des irlandais. La salle est plus petite que ce que l’on pensaient avec 2 balcons très proches de la scène, des box sur les cotés et une décoration rococo rouge et blanche. Une salle au fond fait office de bar où la guiness coule à flot. Et nous ne savons pas, à cette heure, s’il y aura un groupe en première partie.

à 20h00, l’arrivée soudaine de 4 jeunes musiciens nous apporte une réponse : Agés de 16 à 20 ans probablement, ce groupe dont nous n’avons pas retenu le nom, produit une musique power pop US bien dans la lignée de ce qui innonde les ondes des radios outre-atlantique. Rien d’extraordinaire mais pour leur jeune âge, ils se tirent bien du piège de la première partie. Leur set tire un peu trop en longueur pour nous qui sommes impatients de voir les natifs de Rockford, Illinois. Les roadies débarassent la scène des quelques instruments propres à ces jeunes gens pour dévoiler les amplis frappés du célèbre damier blanc et noir. La salle est maintenant pleine et la fosse, partagée par une barrière, est impatiente de voir le groupe.

Il est autour de 21h lorsqu’une voix féminine annonce le groupe et que Tom, Rick, Robin et Daxx (le fils de Rick qui remplace Bun E Carlos à la batterie) entrent sur la scène. Robin Zander en impose avec son uniforme « Dream Police » blanc immaculé orné d’étoiles scintillantes. Rick Nielsen est presque sobre avec un costume noir, son inamovible casquette et des chaussures et chemises Beatles. Tom Petersson est un peu plus effacé mais très classe avec une veste claire et un foulard gris pâle. Et aussitôt le groupe envoie ses hits avec une énergie que l’âge ne semble pas avoir effrité. Robin assure toujours autant vocalement, tant dans les aigus que les graves et alterne entre sa guitare Rickenbacker et sa Hammer. Ce n’est rien par rapport à un Rick qui fait un défilé d’instrument, passant de Les Paul à des Explorer ou encore une originale Flying V « Gretsch Style ». Et entre deux riffs, il balance ses médiators à la foule, son pied de micro en arborant une multitude. Rick est évidemment le plus expansif avec ses poses, ses mimiques, son humour habituel qui n’empèchent nullement la précision de son jeu de guitare. Le set défile à toute vitesse dans la bonne humeur, la foule répondant présente en hurlant, chantant, applaudissant à tout rompre. Rick salue les français, espagnols, américains et demande s’il y a bien des dublinois…. Oui, ils sont bien là et se font entendre avant que le groupe reprenne de plus belle sur le hit « I Want you to Want Me » ou sur « On Top of the World« . Il y a bien quelques balades pour reposer un peu nos voix et ils inviteront même le chanteur du groupe en première partie sur scène.

Mais que tout cela passe vite. Voilà déjà le hit « Surrender » qui clôt le concert sous les hourras de la foule. Le groupe revient pour le rappel, Rick jetant sa serviette au sol pour repartir de plus belle et balancer par poignée des médiators multicolores. Robin a quitté ses lunettes de soleil depuis longtemps maintenant mais la visière de sa casquette empèche de voir son regard. Il donne tout ce qu’il a, tout en gardant justesse et énergie dans sa voix. C’est évidemment avec « Dream Police » qu’ils vont presque clore le spectacle, la fameuse guitare à 5 manches de Rick étant le clou du show. Le rappel nous paraît tellement court. Les lumières se rallument, la salle se vide, le temps de siroter une dernière Guiness et de tenter de voir le groupe à sa sortie de la salle dans une des petites ruelles qui entourent l’Olympia. Nous ne verrons que Robin qui signera quelques autographes avant de partir dans une navette rouge. Nous attendons avec les fans français, américains, irlandais …en vain. Un roadie vient nous prévenir que le groupe est sorti de l’autre coté. Mais la soirée était si belle…. Nous ne retiendrons que le « See You next Year » que Rick prononça à la fin du concert.

Iceman

  • Hello There
  • California Man
  • (The Move cover)
  • Elo Kiddies
  • I Want You to Want Me
  • These Days
  • Clock Strikes Ten
  • Lookin’ Out For Number One
  • Tonight It’s You
  • On Top of the World
  • Fan Club
  • The House Is Rockin’ (With Domestic Problems)
  • Never Had a Lot to Lose
  • (Speck) Ballad of TV Violence
  • Baby Loves To Rock
  • Sick Man of Europe
  • Closer (Ballad of Burt & Linda)
  • Surrender

En rappel

  • Downed
  • Dream Police
  • Good Night

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2 réflexions sur “Musique : Cheap Trick – Dublin 2011

  1. Sorry, nous étions…7 français puisque j’y étais également avec un ami.
    Article sympa et qui relate bien la soirée.
    Pour l’anecdote, j’étais à Londres au « Garage » voir les trois soirées ( une pour chacun des trois premiers albums rejoués quasi intégralement)en 2002 : au guichet, je demande les tickets au préalable réservés depuis la France. Le type regarde sa liste : vois mon nom et mon adresse ( Rennes). Il était lui-même originaire de…Lorient. Il me dit que nous étions une bonne trentaine de français à venir. Et toutes les nationalités européennes étaient présentes. Il ne comprenait pas qu’on soit si nombreux, lui-même ne connaissait pas le groupe.
    La dernière fois qu’ils sont venus en France, c’était en 1980 au Pavillon Baltard. J’avais 15 ans, avec la permission des parents,accompagné d’un cousin parisien. Et je crois bien que ce fut la dernière fois qu’on les verrait en France.
    J’ai cru entendre qu’il y a quelques années, la Loco à Paris devait les accueillir pour un concert. Le standard avait été assailli dès l’annonce officieuse de leur venue, hélas avortée par la liquidation ( judiciaire) du producteur de concert concerné.
    Donc, je te rejoins pour dire que les tourneurs français ratent quelque chose, au moins sur Paris.
    J’ai lu quelques articles de la presse espagnole sur leur venue en Juin dernier à Bilbao : dithyrambique. Le meilleur concert du festival pour nombre d’observateurs, alors qu’il y avait des têtes d’affiche bien plus en vogue.

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