Littérature politique : Sexus Politicus de Christophe Deloire et Christophe Dubois (2006)

Cet ouvrage journalistique sorti en 2006 est soudain revenu à la mode. Alors que vaut-il réellement?

Les deux journalistes à l’origine de ce livre se proposent de balayer les liens entre sexe, séduction et politique sur les 60 dernières années, avec quelques incursions dans le 18ème siècle ou le début du 20ème. Mais évidemment, il y a dans tout cela, un goût de souffre, de scandale, et une accroche racolleuse.

Les 2 centres d’intérêt du livre sont François Mitterrand et Jacques Chirac, qui chacun ont collectionné les conquêtes amoureuses et ont mené des doubles vies. Ne croyez pas pour autant qu’il n’y a rien sur Valery Giscard D’estaing qui rivalisait aussi avec son concurrent dans le domaine.  Donc dans ce domaine du « croustillant » sur les présidents, il y a de quoi faire. Sauf que les auteurs prennent bien garde de ne citer que ceux qui ont bien voulus ou citent des actrices tout en démentant les rumeurs les concernant. La plupart du temps, ils ne donnent que des indices sur les personnes concernées, un peu comme …. Luc Ferry récemment !

Car on y parle aussi de pédocriminalité, de prostitution, d’échangisme. Oh, rassurez vous, rien de bien croustillant, sinon un amalgame de rumeurs et de faits réels. Et justement, voilà le défaut du livre : l’amalgame. Les 2 journalistes partent dans tous les sens, passent du coq à l’âne sans vraiment de trame. Plus grave, ils radotent, se répètent sur un même personnage tout en utilisant une autre formulation si bien que l’on se demande si les deux auteurs se sont parlé un jour ou ont juste mis bout à bout leurs recherches respectives.

Alors, faut-il lire ce livre? Si vous êtes plutôt naïf sur le monde politique, « vierge » de toute lecture dans le domaine, pourquoi pas, puisque l’ouvrage donne l’idée de la dureté de ce monde. L’un des meilleurs passages est d’ailleurs celui où l’on aborde la dureté du monde politique pour les femmes qui veulent y jour un rôle. Un long paragraphe y est consacré à Edith Cresson, une femme qui mérite que l’on revienne sur ses compétences plutôt que sur l’image que les médias lui ont donnée.

Mais si vous avez un peu de culture politique, le livre est passable, servant au moins à alimenter les débats en cours sur la vie privée des personnages publics, le machisme et le pouvoir…