Cinéma : Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie (2012)

La plupart du temps, le film d’animation conserve une connotation enfantine. Même si le sujet traité touche davantage les adultes, on emmène les enfants au cinéma sans penser aux… grands enfants. A Zarafa, petits et adultes sont conviés. Pour regarder un joli film d’animation français, au dessin typique de la production hexagonale, et qui prend pour trame un conte africain. Au fond, le conte révèle la réalité de l’Afrique coloniale, une réalité dure, triste, brutale.

Tout commence par l’esclavage avec des villages brulés, des enfants emmenés loin de leur pays et embarqués dans des bateaux après avoir traversés la moitié du continent d’ouest en est. C’est là qu’un jeune orphelin, fait la rencontre d’une jeune fille, elle aussi esclave. Elle est aux mains d’un esclavagiste blanc qui ne se contente pas de cette activité lucrative, mais prend plaisir à massacrer la faune. C’est ainsi qu’il n’a aucun scrupule à tuer la mère d’un girafon, que le jeune garçon va tenter de protéger et qu’il appellera Zarafa. Et voilà notre héros condamné à fuir tout en protégeant la petite girafe qui se retrouve dans les mains d’un bédouin nommé Hassan. Arrivé à Alexandrie, assiégé par les Turcs, ils demandent naïvement la protection française… en offrant Zarafa comme cadeau.

On notera que la scène de la mort du girafon n’est pas sans rappeler celle de la mort de la mère de Bambi qui a traumatisé des millions d’enfants. La mise en scène n’a rien à voir et il n’y a pas de sang. Et pourtant le film recèle d’autres scènes violentes. Comme les mots du Roi de France, comparant le jeune héros noir à un singe de zoo ou traitant avec mépris les ambassadeurs d’Alexandrie (un des haut lieux de la pensée occidentale). Ainsi, cette histoire réelle qui se déroule il y a près de deux siècles (1827 exactement) se fait également l’écho de l’évolution de “l’éducation” de la société française vis-à-vis de la prétendue supériorité de l’homme blanc, une éducation qui a perduré jusqu’au milieu du XXe siècle et laisse encore des traces aujourd’hui.

Aussi ce conte original et tendre convient-il à toute la famille, en offrant aux petits comme aux grand s matière à réfléchir.

(paru sur Icezine et Unidivers)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s