Tourisme : Ile Maurice,l’antichambre de l’enfer pour les singes

L’île Maurice est synonyme de tourisme, de vacances, d’exotisme et pourtant c’est aussi une des réussites économiques plus plus remarquables dans cette zone géographique. Réussite…. Mais à quel prix ? La biodiversité a été massacrée et le pays est l’un des principaux fournisseurs de singes pour les laboratoires.

Le marché a été ouvert dans les années 90 après l’introduction du macaque crabier (Macaca Fasicularis). Ce singe originaire d’Asie du Sud Est est particulièrement prisé par les laboratoires de vivisection mais est aussi une menace pour les autres espèces lorsqu’il est introduit dans un milieu qui n’est pas le sien. Aujourd’hui, il est interdit de relâcher cette espèce dans la nature sur l’île. Mais cela n’empêche pas de l’élever pour ce juteux marché. Ce sont ainsi 6 sociétés qui se partagent l’exportation vers des pays comme la France, l’Italie, l’Allemagne, le Canada, le Mexique, l’Espagne, les USA, le Royaume uni et Singapour. Parmi ces 6 sociétés, certaines font partie de puissants groupes locaux comme CIEL avec sa filiale Noveprim ltd ou encore Biodio Co Ltd qui espèrait élever jusqu’à 8724 macaques en 2011.

Nous sommes encore loin du sinistre reccord de Novafanny, ferme d’élevage vietnamo-hongkongaise, située proche de la frontière cambodgienne et qui « produit » 30 000 de ces singes annuellement pour la Chine ou les Etats-Unis. Ce sont pourtant plus de 10 000 singes qui partent annuellement de Maurice dans les soutes des avions des touristes qui rentrent chez eux sans rien savoir de ce qui se trame sous leurs pieds, faisant de l’île le deuxième producteur mondial d’animaux pour la vivisection. Le site de Noveprim Ltd situé dans Le Vallon à Ferney ressemble plus à un camp retranché d’une organisation paramilitaire qu’à un banal élevage bovin. Derrière ces grillages gardés par de nombreux hommes en arme, se passent les pires horreurs. Les « standards » edictés par les labos imposent une sélection de taille qui conduit à de larges massacres chez les adultes, mâles comme femelles. Comme dans tout élevage intensif et du fait de l’environnement différent de son milieu naturel, la mortalité et les maladies sont nombreuses chez ses singes. Et ne parlons pas des blessures lors des captures des singes. L’association locale « SaveourMonkeys », dans la nébuleuse de l’association antivivisection britanique BUAV, dénonce ces conditions et rapporte avoir retrouvé de nombreux singes dans les poubelles, au mépris de toutes les règles d’hygiene et de traçabilité, sans parler même du bien-être animal. En 2010 elle avait déjà attaqué BioCulture sur le même sujet et cette fois c’est avec des images des massacres commis qu’elle contreattaque sur Noveprim.

Noveprim se retranche derrière son « obligation » pour maintenir sa production et ne pas avoir d’épidémie, citant l’exemple de l’abattage de troupeaux complets lors des épidémies de vaches folles ou de grippe aviaire. Le groupe CIEL, fondateur de Noveprim s’est désengagé en partie de l’activité pour la céder au groupe Covance UK, spécialisé dans la recherche médicale et dont les ramifications passent par la Suisse et Singapour mais aussi en Amérique du Sud, Afrique, autres zones d’exportation d’animaux pour les laboratoires. Le site de Covance ne déclare-t-il pas « We will employ alternative scientific methods to animal use where appropriate under applicable regulation and scientific validity » laissant croire que la société n’a pas intérêt à poursuivre ce juteux marché. Covance affiche, par exemple, plus de 1100 clients et annonce plus de 2 millions et demi de tests par an et 2 milliards de dollars de chiffre d’affaire, sa production d’animaux couvrant également lapins, chiens, rats… L’entreprise a été visée par de nombreuses associations de protection animale pour des mauvais traitements sur les animaux, repoussant les limites de l’horreur jusqu’à l’indescriptible.

Noveprim reste dirigée par Bruno Julienne,  titulaire d’un MBA à l’école de commerce de Grenoble et arrivé à la tête de l’entreprise après un parcours dans la très lucrative industrie du sucre. L’industrie du sucre où CIEL et la famille Dalais sont omniprésents sur l’ile, un membre du groupe étant président du syndicat de cette industrie sur l’île. Lors de la campagne présidentielle de 2010, Michel Ahnee, avocat du mouvement Resistance et Alternative, déclarait que le fléau de l’île était son communautarisme. D’ailleurs le système électoral prévoit une nomination de 8 députés « correctifs » pour préserver l’équilibre entre communautés. Ce communautarisme a créé une séparation totale des activités selon les communautés, chacune prenant bien garde de ne pas gêner l’autre, des accords survenant pour que chacun garde ses privilèges.

Ainsi, le très lucratif commerce du singe est-il encore protégé et masqué dans ce pays. Les journaux et télévisions locales parviennent toutefois à dévoiler la réalité à la population pour tenter de faire bouger enfin les élus sur ce délicat sujet. Entre réalisme économique et éthique, l’île aurait tout à gagner à ne pas voir son image paradisiaque entachée par un tel scandale. Le seul soutien politique vient de Maneka Gandhi, politicienne indienne de la famille de Nehru-Gandhi, et dont l’impact peut être conséquent sur la communauté hindoue de l’île. Espérons qu’elle sera suivie par d’autres.

Une pétition est disponible : http://www.saveourmonkeys.mu/fra/takeaction

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