Cinéma : Gatsby le magnifique de Baz Luhrmann (2013)

Gatsby le magnifique (The Great Gatsby) est un roman de Francis Scott Fitzgerald paru en 1925. L’auteur transcende une histoire d’amour à travers critique sociale de l’Amérique. La société WASP de la côte Est est-elle aussi parfaite qu’elle veut bien le faire croire ? Corruption, trafics, racisme minent cette Amérique qui fait la fête dans les villas cossues de Long Island avant de connaître… un krach boursier. Ce drame psychologique américain fut porté à l’écran en 1974 par Jack Clayton et interprété avec force par Robert Redford. Le réalisateur australien Baz Luhrmann s’attaque dès lors à un exercice difficile…

Baz Luhrmann s’est fait connaître par Romeo+Juliette (déjà avec Leonardo Di Caprio) et avec l’ovationné Moulin Rouge. Peu de spectateurs ont vu Ballroom Dancing, son premier long métrage qui annonçait les thèmes qui lui sont chers : musique, danse, amour, drame. Mais le divorce aurait pu être consommé avec le public à la suite de la mauvaise réception de sa grande fresque pseudo-historique intitulée Australia. Le voilà donc qui retrouve Leonardo Di Caprio et s’attaque à un classique de la littérature contemporaine américaine. Fitzgerald y décrit une tragique histoire d’amour sur fond des années 20 américaines. En cette époque à New York, le mot jazz vient à l’esprit ; Luhrmann rend bien son ambiance vibrionnante.

La version 3D est adaptée à la vision du cinéaste avec son amour du mouvement de caméra, des plongées en travelling. Autant le dire tout de suite : Si vous avez détesté Moulin Rouge pour son exubérance et sa débauche de son et de couleurs, passez votre chemin. Il y a en effet beaucoup de parallèles, tant dans le fond que dans la forme. Le cinéma de Luhrman ne peut faire dans la demi-mesure ; avec Gatsby, il trouve un univers idéal, quitte à verser dans le DJ set, quitte à faire passer l’émotion en second plan. Passant de rythmiques jazz modernes à la grandiloquence des airs des Gerschwin, la claque visuelle de la première heure est toujours là. Mais il lui faut aussi installer ses personnages tout en ménageant le mystère autour de son héros, Gatsby, campé par un superbe Di Caprio, que la patine du temps bonifie.

Face à lui, on trouve un Tobey McGuire impeccable entre naïveté et rébellion et un très bon Joel Edgerton en « méchant que l’on aime détester ». On oubliera en revanche Carey Mulligan, héroïne pâlichonne et sans saveur, au profit de la plus piquante Elizabeth Debicki ou, encore, Isla Fisher. Technique, casting, musique, les ingrédients sont là pour faire un grand film sur une histoire classique.

Luhrman, sans atteindre le sommet de son Moulin Rouge, réussit à traiter ces sujets sociétaux tout autant que l’aspect social avec une maestria qui est toutefois susceptible de ne pas être du goût de tous. Pour ceux qui entrent dans la danse, les 2h20 sont assez porteuses.

(paru sur Icezine et Unidivers)

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