Musique : (à suivre…) Melt Yourself Down (2013)

meltyourselfdownIl y a quelques années de cela, il m’arrivait de parcourir aux hasard les rayonnages de mon disquaire préféré. Je picorais dans les bacs, sur les bornes d’écoutes, me laissais aussi tenté sur la foi d’un single et parfois je tombais sur la pépite.

Maintenant c’est sur les sites d’écoute (streaming) du genre Deezer ou Spotify, que je me laisse aller à ce sport…. Mon dernier souvenir de découverte hasardeuse était Dreadzone et son somptueux « Biological Radio » qui confirma tout le bien que les critiques pensaient de son « Second Light ». Cette fois, c’est sur Melt Yourself Down que je suis tombé sur la recommandation d’un robot de chez Deezer.

Que s’est-il passé pour que je ne fuis pas devant ce qui paraitrâit pour beaucoup une bouillie sonore ? Le fait de ne pas me contenter des simples enceintes de mon modeste ordinateur et d’utiliser un bon casque car la musique de ce collectif anglais nécessite une écoute attentive et un investissement personnel dans cet écoute. Mais avec tout ça, je vous entends demander de quel genre de musique il s’agit ? Et bien c’est justement tout le charme de cet album éponyme : Il mèle de nombreux styles avec comme fil rouge un saxophone endiablé dont les sonorités m’ont rappelé certains titres de Manu Dibango. Là s’arrrêtera le jeu des comparaisons tant le groupe n’est pas adapté à ce sport. Car des influences, il en a des milliers. Chaque morceau est une aventure en soi avec une section rythmique complexe, touffue, brouillone à l’écoute distraite, pièce d’orfévrerie à l’oreille attentive. On passe du jazz à la world music vue les nombreuses percussions africaines utilisées. Mais il y a aussi de la musique tsigane, .. Et le tout s’accompagne d’un enrobage électronique tantôt discret tantôt affirmé sans se laisser aller à l’utilisation d’une boite à rythme basique pour beat façon dance-floor. Si quelques uns des morceaux passent très bien dans les nuits londoniennes, ce n’est pas un album technoide. Je me suis demandé pour ma part pourquoi je n’ai pas entendu ce son et ce melting-pot foisonnant du coté de l’hexagone alors que cela me rappelait furieusement une scène alternative des années 90. Est-ce une question de courage de producteur pour que l’on ne sorte pas des Asian Dub Foundation ou des choses aussi inclassables que cela ? Vaste sujet que je ne ferais qu’effleurer. Je vous conseille plutôt de vous pencher très vite sur cet album disponible un peu partout en numérique mais aussi en vinyl et en CD bien argenté. Posez vous 45 minutes, fermez les yeux, mettez un bon casque sur les oreilles et partez dans cet univers truculent où les images les plus colorées viendront prendre la place de ces notes de musique.

Iceman

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