Cinéma : Martyrs de Pascal Laugier (2008)

France, début des années 70. Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d’agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses. Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d’amitié avec Anna, une fille de son âge. 15 ans plus tard. On sonne à la porte d’une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d’un fusil de chasse. Persuadée d’avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.

Sorti en 2008, le film français Martyrs pourrait bientôt connaître un remake américain. Dans le genre film d’horreur tendance gore, il mêle puissance de l’image et intelligence du propos – ce qui n’est pas forcément courant.

La photo est froide, la musique absente et l’ambiance pesante. Loin des slasher movies habituels, Martyrs est  proche d’un Shining ou d’un Maurice G. Dantec par sa dimension psychologique mais s’en éloigne par le secret qu’il garde jusqu’à la fin.

Derrière la torture se cachent des expériences. Les femmes séquestrées et torturées sont des jouets au service de tortionnaires-expérimentateurs comme pouvaient l’être les victimes du Dr Mengele ou autres savants fous. Ici, il y a bien des monstres à travers des hallucinations mais les vrais monstres ne sont pas ceux que l’on croit… La folie de l’héroine ne l’est que par rapport à la lecture que l’on nous impose. L’histoire est ancrée dans une réalité à faire froid dans le dos et rend l’ensemble très dérangeant.

Or, la réalité peut dépasser la fiction. Non loin de chez nous, des êtres subissent aussi des sévices aussi inutiles que délirants. Outre les cas réguliers d’êtres humains enlevés pour récupérer leurs organes, servir de cobayes ou de jouets pervers, il faut rappeler que des milliers d’animaux subissent des trépanations, ablations de membres et autres sévices dans des laboratoires bien cachés.

Martyrs invite plus que d’autres films de genre à opérer un parallèle entre ce qu’il montre et une réalité humaine ignominieuse. Or, la conclusion des plus surprenantes de ce film interroge  le besoin de certaines expériences et de curiosités aussi illusoires que malsaines. La recherche de « la lumière » ne doit-elle connaître aucune limite ? Une question de fond qui fait de Martyrs un film atypique. Ame sensible, s’abstenir (vraiment !).

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