Cinéma : Gravity d’Alfonso Cuaron (2013)

Chef d’oeuvre pour les uns, ratage pour les autres : C’est non sans hâte que je suis allé voir Gravity, la production hollywoodienne du moment. Et je n’ai pas été déçu du voyage.

Car il s’agit bien d’un voyage, un voyage dans l’espace évidemment, mais aussi en dehors du temps. Basé sur un scénario minimaliste ( une astronaute essaye de sauver sa vie après la destruction de sa navette), le film nous emmène à la découverte d’un univers aussi hostile que fascinant et nous fait perdre une partie de nos sens. Car il faut évidemment le voir en 3D, avec une salle au son bien réglé pour que l’ensemble révèle son efficacité.
Techniquement, l’ensemble est bluffant, sans pourtant abuser des projectiles sautant à la figure du spectateur. Alfonso Cuaron, le réalisateur, préfère des plans sur l’espace infini et la beauté de notre terre, dont il est parfois difficile d’identifier le lieu. Tout cela est volontaire pour oublier les références à un pays en particulier et voir la terre comme un ensemble, une entité. C’est ainsi que toutes les stations spatiales paraissent soeurs,  » là haut », proches les unes des autres. C’est une des premières incohérences techniques et il y en a beaucoup qui émaillent le film. Gravity n’a rien de documentaire ou de totalement réaliste, même si la reconstitution des engins spatiaux est sidérante. Qu’importe car là n’est pas le propos du réalisateur.

Alfonso Cuaron centre cela sur l’humain et sa place dans l’univers. Son histoire est portée par Sandra Bullock, qui obtient enfin un rôle à la hauteur de son immense talent. Passons les parallèles avec les autres héroïnes fortes du cinéma (Ripley, Lara Croft…) pour voir simplement un peu plus qu’un film d’action (Gravity remplit aussi ce rôle). Il y  a de la poésie, de nombreux messages cachés, des scènes marquantes avec leur lot d’interprétation. Mais il ne faut pas non plus chercher un nouveau « 2001 l’odyssée de l’espace ». Le film est moins philosophique et complexe. On y trouve plusieurs degrés de lecture et les spectateurs pourront y trouver soit un divertissement efficace par ses effets spéciaux, soit un peu plus et notamment le thème de la place de l’homme dans l’univers.

L’un des thèmes les plus aboutis du film est bien de regarder le pourquoi de ces événements. Tous ont rapport avec l’homme et ce qu’il fait de l’espace : Une déchetterie de satellites et une terre d’expérience. Cuaron accentue cette idée avec la vision chaotique des stations spatiales et autres navettes face à l’immensité et l’uniformité du noir profond de l’espace. Sans être le chef d’oeuvre ultime sur l’espace, Gravity vaut largement le détour, pour peu que l’on se laisse emporter dans …. l’espace d’une heure et trente minutes qui nous est offert.

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