Cinéma : L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux TS Pivet de JP Jeunet (2013)

​J’ai un attachement particulier au réalisateur Jean-Pierre Jeunet (Amélie Poulain, Delicatessen…) et si on peut lui reprocher de rester dans le même style, c’est aussi ce qui fait son charme. Aussi lorsqu’un de ses films reste moyen, il devient difficile de ne pas en parler …. quand même.

Cette histoire d’un jeune garçon, surdoué et perdu au fin fond du Montana, partant traverser les Etats-Unis pour recevoir un prix décerné par le prestigieux Smithsonian Institute avait quelque chose d’atypique pour Jeunet. En dehors de son Alien 4, c’est sa deuxième incursion dans le cinéma américain mais cette fois d’une manière plus personnelle.

Filmé en 3D et pour la 3D, il est techniquement très abouti, parmi les meilleures réalisations du genre. La photographie y est somptueuse et on retrouve les petites trouvailles graphiques du réalisateur tout au long du film. Mais c’est bien la longueur qui dérange, justement pour un film qui ne recèle pas d’autres surprises que quelques rencontres dans ce parcours. Jeunet y fantasme « Son » Amérique, entre cow-boys, traversée en train et esprit pionnier, même dans la science. Il y sert au passage un discours contre les armes que l’on avait déjà entrevue dans sa précédente réalisation.

La monotonie s’installe dès la première demi-heure, comme pour renforcer l’ambiance pesante de ce ranch perdu dans les montagnes où le dialogue ne se fait plus, depuis un accident mystérieux qui tua le frère jumeau de notre héros. Chaque personnage vit dans son monde comme Jeunet nous transporte dans le sien. La lenteur nous permet aussi de contempler la beauté plastique de l’oeuvre, de réfléchir à ces détails qui ont leur raison d’être : Un bison, une famille idéale, un film de Kung fu… Ce qui peut paraître décousu reste cohérent sous la patte du réalisateur. On rit ou plutôt on sourit comme lorsque l’on retombe en enfance. Car le film a ce petit charme désuet des romans d’aventures de notre jeunesse.

Le problème est qu’il manque justement d’aventure pour nous sortir de la rêverie qui finit par nous assaillir. Ce problème de rythme, qui reste un choix délibéré, gâche le spectacle sans en faire un mauvais film, loin de là. Pour qui acceptera de se laisser porter doucement, ce sera un bon moment. Pour les autres, l’ennui…

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