Cinéma: Lilet never happened de Jacco Groen (2010)

Rares sont les films de fiction à s’attaquer à des problèmes aussi grave que la prostitution, sans sombrer dans le racolage ou le larmoyant. Ce film, réalisé en 2012 par le hollandais Jacco Groen, nous emmène aux Philippines suivre la jeune Lilet, 12 ans. 

Lilet aurait pu n’être qu’une jeune fille rêveuse comme les autres. Elle se surnomme Blanche Neige, rêve de gloire, de cinéma. Mais elle est née dans un bidonville de Manille, ne connaît pas son père, qu’elle imagine frère de Tom Cruise. Et pour seul avenir, sa propre mère ne lui propose qu’une chose : La prostitution. Mais un jour, elle croise la route de Claire, responsable d’un foyer pour les enfants des rues.

Basée sur une histoire vraie, ce film tente de montrer la réalité des rues des Philippines. Une réalité que l’on retrouve dans d’autres pays où des enfants n’ont d’autres choix que violence, crime, drogue, prostitution. Le réalisateur Jacco Groen a d’ailleurs l’intelligence d’inclure le personnage du petit frère de l’héroïne, montrant ainsi la place des garçons et le poids des « castes », même si nous ne sommes pas en Inde. La beauté plastique des la photographie renvoie comme un malaise face à la gravité de la situation. Lilet rêve tandis que Claire hésite entre la réalité et le maintien de ces rêves que Lilet va tutoyer. C’est tout le problème aussi du caritatif qui est mis en lumière ici, lorsque l’on croit aider mais que l’on creuse la tombe d’autres personnes.

La jeune fille qui incarne Lilet est touchante, drôle, exubérante et parfois énervante. Et pourtant on se laisse embarquer dans ce drame. Car il s’agit aussi du drame de la prostitution où l’âge à son importance. Lorsque Lilet se retrouve dans le bar où travaille sa soeur, elle découvre à la fois le « pouvoir » que lui donne sa jeunesse et le coté éphémère que cela lui confère. Elle ne devient qu’un « objet » et se retrouve dans un piège sans fin entre se vendre et brûler sa vie ou refuser cela et ne jamais rembourser les dettes de sa propre famille. Le film se garde de vouloir guider le spectateur vers une solution et se contente de montrer la cruauté infinie de la situation. En mettant en parallèle à cela la situation économique du pays, le récent typhon et l’esclavage dont sont victimes des philippins au Quatar ou ailleurs, il y a de quoi réfléchir à deux fois à ces formules toutes faites sur les problèmes de prostitution ou d’immigration.

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