Cinéma : Cloud Atlas des Wachowski (2012)

​Réaliser un film avec plus de 6 histoires imbriquées à différentes périodes est déjà un défi. Mais le faire avec 3 réalisateurs est souvent synonyme de catastrophe. Le Cloud Atlas, adaptation du roman du même nom de David Mitchell (la cartographie des nuages en français), proposé par les frères..et soeur Wachowski et Tom Tykwer mérite le détour.

Tout le défi de cette oeuvre de presque 3 h est de maintenir un lien entre ces 6 histoires parallèles mettant à la fois en vedette un personnage mais aussi des avatars des autres personnages dans une époque que rien ne relie. Nous sautons donc du 18ème siècle au 22 ème siècle en passant par l’Angleterre d’avant guerre ou les Etats-unis de 1973. Car dans cette intrigue complexe, tout se joue dans le détail, au point qu’une seule vision (ou lecture) ne suffit pas à tout comprendre.

Les deux histoires centrales restent celles de l’éditeur, de nos jours, et celle du compositeur du Sextete Cloud Atlas, vivant dans les années 30. Leurs avatars ont souvent des rôles importants dans les autres époques mais il faut être attentif car les époques changent parfois toutes les 30 secondes. Cette virtuosité du montage n’a d’égale que la mise en image, particulièrement efficace dans un futur où se mèle l’imagerie de Blade Runner, de Matrix (forcément) mais aussi de notre Cinquième Elément bien français… qui s’inspirait aussi de l’oeuvre de Moebius. Les acteurs principaux se retrouvent donc grimés pour correspondre à ces époques avec plus ou moins de bonheur.

C’est le gros bémol du film, qui a du bien amuser les maquilleurs….et Tom Hanks, qui a vraiment l’air de s’amuser dans ses avatars les plus improbables. Avec Jim Broadbent, c’est le plus surprenant de l’histoire, Hugh Grant étant plus en retrait et Halle Berry moins travestie.
L’adaptation d’une oeuvre littéraire déjà perturbante ne pouvait aboutir qu’à un film atypique, loin d’un space opera ou d’un film anachronique ou historique. On y retrouve la particularité de la science-fiction britannique, souvent plus onirique mais les réalisateurs ont su conservé cette patte. Il est compréhensible de ne pas accrocher du tout à cette…ces histoires entremêlées car voilà bien un film qui demande de l’investissement de la part du spectateur. Finalement, la sortie du film en DVD et Blue Ray permet de mieux le comprendre avec la possibilité de le voir et le revoir à l’envie. Les interprétations de l’oeuvre de Mitchell peuvent être multiples, elles seront de même avec ce film. Et c’est bien un luxe, aujourd’hui, de voir un film aussi riche en contenu, dont le spectateur peut aussi faire ce qu’il veut.

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