Cinéma : Rush de Ron Howard (2013)

​Il faut l’avouer, aucun film n’a jamais su retranscrire le sport automobile et surtout la formule 1 à l’écran. l’américain Ron Howard s’y est pourtant essayé avec “Rush”, retraçant le mythique duel de Niki Lauda et James Hunt en 1976. Pole position ou fond de grille ?

Il y a plusieurs manières d’aborder ce film. Est-on passionné par le sport automobile ou non ? Le juge-t-on pour sa rigueur historique ou bien comme un film parmi d’autres ? Selon ce positionnement, Rush peut trouver ou non son public.

Pour un passionné de F1 ayant un brin de culture sur cette époque du sport automobile, Rush devrait retranscrire le passage entre l’ère artisanale et l’ère professionnelle. Les années 70 ont vu arriver les voitures à effet de sol, le sponsoring avant que les années 80 voient de grands constructeurs s’impliquer peu à peu. 1976 est dans cette période charnière avec un Hunt pilote fantasque supporté par un Lord anglais rêveur face à un Lauda calculateur et professionnel jusqu’au bout des ongles. Mais Ron Howard se concentre plus sur le duel d’hommes que sur la mutation de ce sport. On entrevoit Enzo Ferrari, Harvey Postelwaithe, Teddy Mayer… Mais cela s’arrête là. Par contre, on retrouve avec plaisir les machines de l’époque, les fameuses McLaren M23, Ferrari 312T, Lotus 77, Hesketh dans des images de course bluffantes bien qu’usant trop d’un son tonitruant et d’effets de caméra pour en accentuer le spectaculaire. Bien plus qu’un Grand Prix de John Frankenheimer, Rush rend un bel hommage à la Formule 1 de cette époque qui avait encore ce coté brutal et dangereux.

Mais pour celui qui n’est pas passionné, il y aura certainement bien trop de scènes de course automobile. Le film rend finalement plus hommage à Hunt, perdu dans ses doutes, ses excès, ses frasques amoureuses, que le timide et froid Niki Lauda, personnage énigmatique et pourtant visionnaire. Comme un Jacky Ickx en son temps, il dénonça le jusqu’au boutisme de certains qui bravent la mort pour trouver l’équilibre entre sécurité et sport. Mais Lauda a-t-il assez parlé de lui même pour permettre de creuser son personnage, sachant qu’il est le seul survivant de cette histoire (Lord Hesketh mis à part)? Sans doute pas et ce mystère lui sied bien. Rush reste suffisamment spectaculaire pour tenir en haleine un spectateur avide d’action. Mais au delà de ça, la partie psychologique et la rivalité des hommes manque de profondeur.

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