Musique : Supertramp – Even in the Quietest Moments (1977)

evenintheDans la longue carrière de Supertramp, un album reste à part. Even in the Quietest moments est celui qui semble le plus abouti, le plus représentatif de leur style progressif, frolant le concept-album.

Enregistré dans un ranch du colorado (dont la photo de la pochette est l’illustration), il marque aussi l’arrivée de Peter Henderson à la production. Si le duo Davies-Hodgson est toujours co-auteur de quasiment tous les morceaux, c’est le seul Hodgson qui en est le chanteur, à part un titre de Davies.

Le single « Give a Little Bit » donne une introduction particulièrement légère, presque ensoleillée avec sa rythmique à la guitare et quelques percussions. Aux antipodes de la pochette, et même des précédents albums pour un registre plus pop-folk. Mais après ces 4 minutes, on revient plus proche du progressif avec un Hodgson qui revient dans une voix plus grave. Le travail de rythmique au piano avec quelques violons derrière fait penser à ce que propose Elton John. On y ajoute un coté rétro un peu décadent avec les choeurs, les cuivres pour revenir ensuite dans un registre plus pop avec les « la la » de la partie finale puis accélérer avec l’accompagnement guitare pour toucher un coté plus rock. Mais le premier chef d’oeuvre arrive avec un morceau qui ne dure pas moins de 6 minutes 26 secondes. Un son de clavecin, de la clarinette et l’intro pose l’ambiance. Hodgson revient dans ses aigus si familiers. Un magnifique couplet qui s’étire, se voit accompagné par des percussions toutes en variations. Et toujours pas de refrain….car le refrain se fait couplet et inversement. Le morceau monte crescendo avec un afflux de percussions et une voix d’Hodgson qui monte, monte…. On voudrait que cela ne s’arrête jamais. La clarinette lui répond au milieu de choeurs qui font une rythmique binaire. Et puis tout revient au calme préconisé par le titre….si beau, si calme…..

Dur de se remettre de cela. Le « Downstream » de Rick Davies est bien plus classique au piano. Une beauté classique pourtant magnifié par la voix de Davies. Le moment de grace se poursuit. S’il était rompu par le changement de face du 33 tours, ce n’est pas le cas sur un CD ou en digital. « Babaji » poursuit cela grace à Hodgson de retour avec une belle mélodie au piano et avec un fond de violons. Une rythmique affirmée dont on se dit maintenant qu’elle a sans doute inspiré notre William Sheller national. Un titre qui annonce incontestablement le Supertramp de l’album suivant, « Breakfast in America ». « From Now on » laisse s’écouler son introduction avec des silences subtilement placés. Le break de milieu de morceau, les ruptures de rythme sont bien dans le style progressif du groupe mais l’irruption de choeurs gospel change un peu la donne. S’en vient alors le deuxième chef d’oeuvre de cet album, si avare en titres : « Fool’s overture » dont on se demande pourquoi il conclut ce disque. L’introduction au piano est longue, faisant appel à une première mélodie d’Hodgson. Elle est coupée par un premier extrait de discours de Winston Churchill avec l’irruption de trompettes. La rythmique arrive au synthétiseur pour une seconde mélodie toujours aussi captivante. Mais toujours aucun chant alors que le morceau en est déjà à plus de 4 minutes. Il en faudra une de plus pour que la transition se fasse vers une troisième mélodie. Hodgson y est poignant, une fois de plus, trouvant un partenaire idéal dans le saxophone de John Helliwell. Le vent souffle, celui qu’on imagine autour du piano de la pochette. On entend des chants au loin, …puis la deuxième mélodie revient avec un chant cette fois…..pour se terminer par une répétition d’orchestre, comme pour une ouverture. Une ouverture qui clôt ce disque.

Nous pourrions passer des heures et des heures à disséquer un tel disque, à retrouver des sens à chaque morceau, chaque petite note et artifice de production. Il marque aussi un virage stylistique entre le progressif parfois excessif et la pop efficace. S’en suivront le retentissant « Breakfast in America » officialisant la nouvelle histoire du groupe aux USA. En 1982, c’est « Famous last words » qui marque aussi la fin de la collaboration d’Hodgson. Le groupe poursuit donc sans lui mais quelque chose est cassé. Deux albums passent, les concerts se font sans les morceaux d’Hodgson mais le groupe finit par se séparer en 1988. Le groupe se reformera en 96 et Hodgson retourne en solo sur les routes pour des concerts. Les deux entités semblent irréconciliables maintenant. Mais il reste cet album et quelques autres pour se souvenir de l’apogée de leur collaboration.

Iceman

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