Musique : Robert Plant – Lullaby and… The Ceaseless roar (2014)

Pourquoi parler seulement maintenant de Robert Plant alors que sa carrière semble interminable ? Il faudrait bien plus qu’un article pour résumer le personnage. Et peut être est-ce par sa musique qu’il s’emploit le mieux à se définir.

Car depuis ses débuts, le chanteur de West Bromwich, brouille les pistes. Considérés par beaucoup comme un des plus grands chanteurs de tous les temps, on le retrouve évidemment avec Jimmy Page dans Led Zeppelin (sans oublier évidemment John Paul Jones et John Bonham). Mais au sortir de cette période Hard Rock déjà fortement empreinte de blues et de folk, il se laissera guider par ses envies et sa curiosité, composant pour lui même et les autres, retrouvant parfois son compète Page. On le retrouve avec des sonorités africaines et électroniques dans les années 2000, avant qu’il ne s’allie à la chanteuse de Bluegrass Alison Krauss. Cela n’ira pas beaucoup plus loin qu’une tournée et un album…. Le son country reste le temps d’un album solo mais il revient aujourd’hui à 66 ans avec un tout nouvel album qu’il est plus difficile de définir.

Mais une chose est sure : Robert Plant semble avoir gardé toute sa jeunesse, toute son envie. Sa voix est douce, mélodieuse, suave, carressante. On part dans des landes celtiques ensoleillées avec ses « Sensational Space Shifters ». Plant est accompagné par Justin Adams, Juldeh Camara, tous deux déjà forts marqués par les sonorités africaines. On retrouve également John Baggott, le clavier de Massive Attack, Liam Tyson à la guitare et un certain Dave Smith aux percussions. Avec des influences aussi diverses, pas étonnant de se retrouver embarqué dans autant de directions différentes. Ainsi on est dans du blues avec « Turn it up », ou des titres mèlant du rock avec des sons plus « world »‘, comme par exemple les percussions de « Embrace another fall ». On se retrouve même avec des sons plus brutaux comme ce riff lancinant de « Turn it Up » entre rock et blues. Mais Plant est capable de nous envoyer un « Stolen Kiss » d’une douceur incommensurable. Ce type de morceau impose absolument d’écouté l’album dans l’ordre et l’intégralité.

Tout est à sa place, même le « Somebody There » aux sonorités rock sudiste, un peu faible mais qui sera intéressant dans un milieu de concert pour reprendre en choeur le refrain avec Maître Plant. Le son du Banjo de « Poor Howard » ne nous fait d’ailleurs pas quitter le sud des Etats-Unis et les sonorités country. Et pourtant on retrouve des sonorités celtiques dans ce dépaysant assemblage. Et pourquoi soudain ce « House of Love » nostalgique semble un étrange parallèle aux sonorités similaires du dernier Bowie. Deux grands chanteurs portant un regard sur la vie, tout simplement. Mais Plant ne s’appesantit pas trop longtemps et revient à un savant mélange d’influence rock, blues, électro dans le très planant « Up on the hollow ». Là encore, sa voix est envoutante, caressante. Et terminer par le très electro-world « Arbaden » donne envie de simplement appuyer à nouveau sur un bouton : PLAY.

A 66 ans, alors que d’autres se contentent de fouleur des sentiers balisés, Robert Plant donne une leçon. Une vraie leçon de musique, avec des prises de risques, de l’inventivité, de la richesse et de la générosité. Comment voulez-vous, après ça, que des jeunes fassent leur place ? Peut être simplement en s’écoutant, comme Robert Plant l’a fait ici.

Iceman

(article paru aussi sur Unidivers.fr)

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