Les Recettes du Bonheur de Lasse Hallström (2014)

Rares sont les films culinaires à avoir gouté au succès. Est-ce le cas des Recettes du bonheur de Lasse Halllström qui adapte à l’écran l’ouvrage Le Voyage de Cent pas de Richard Morais ? Titiller les papilles du spectateur sur grand écran est un art digne uniquement des grands chefs. Le réalisateur suédois aspire avec goût à une deuxième étoile après Le Chocolat qui fut un succès en 2000.

Comme les chefs étoilés, il faut parfois revenir aux fondamentaux et intégrer des ingrédients inédits. Les recettes du bonheur rappelle l’histoire du Chocolat, sorti en 2000, avec pour cadre l’inauguration d’un nouveau restaurant quelque part en France. Mais, cette fois, c’est une famille indienne qui s’installe dans un petit village du Tarn. En face d’un restaurant étoilé tenu par la terrible madame Mallory (Helen Mirren).

Or, voilà que le jeune Hasan Kadam (Manish Dayal) – fils de cette famille déracinée et orphelin de sa mère – rencontre l’amour (avec Charlotte Lebon) en même temps que l’art culinaire français. De ce choc des cultures Lasse Hallström tire un bon scénario. On y retrouve le goût du réalisateur pour les histoires touchantes (Ma vie de chien, Hatchi) et une sensibilité que certains trouveront mièvre. Voilà pourtant un film qui arrive sur la pointe des pieds, mais dont la saveur envahit nos sens comme une bonne recette. On comprend pourquoi Oprah Winfrey et Steven Spielberg l’ont produit.

Le casting emmené par la grande Hellen Mirren est savoureux. Charlotte Lebon a beau avoir de faux airs d’Audrey Tautou, elle se ménage sa place dans ce riche casting. L’acteur indien Om Puri est parfait dans son rôle de père un peu bourru face à Mirren. Et on craque volontiers sur Manish Dayal, le jeune chef dont le physique est aussi séduisant que ses plats. Michel Blanc et Vincent Elbaz font une apparition (un peu courte) dans ce casting international. Quant au décor du Tarn, il sied à ce film qui commence dans la gravité et finit dans un déluge de sourire.

De fait, si les Recettes du Bonheur parle de sujets sérieux – migrations et acceptation des différences – le réalisateur tourne l’ensemble à la manière d’un conte. Ce qui finit par donner d’ailleurs une vision très clichée de la France. Une sorte de pendant du Ratatouille de Disney, tant la relation entre la « sous-chef » Marguerite et le jeune indien est ressemblante. Mais cette manière idylique de présenter une histoire grave permet d’alléger un plat exotique et de nous embarquer plus facilement dans une histoire simple et fraiche.

Les Recettes du Bonheur de Lasse Halllström est à regarder en famille un jour où l’envie se manifeste de découvrir d’autres cultures et de mélanger les ingrédients.

(paru sur Icezine et Unidivers)

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