Musique : Interview de Zantek (2015)

Nous avons rencontré Alexandre, leader de Zantek, un jeune groupe de rock français. En espérant que vous aussi vous serez Zantek !

Histozic :  Pourquoi ce nom tout d’abord, qui est Zantek ?

Zantek : Ça sonnait nom de médicament, et la musique est parfois un remède pour les gens… j’imagine bien un mec chez lui dire « je me sens patraque, t’as pas du Zantek ? ».
Non. En fait après ma dernière expérience de groupe, j’ai continué en solo. Je voulais un nom qui me corresponde, tout en étant original. Je suis breton, et Zantek est une sorte diminutif que je tiens par ma famille depuis que je suis môme. Ca m’a paru évident. Aujourd’hui avec moi il y a Nico à la basse et Micka à la batterie; et ils ont tous les deux un t-shirt « Je suis Zantek », c’est dans leur contrat.

H:  Sinon, qui sont vos « modèles » (à tous les trois), vos inspirations en général?

Z : On est tous les trois de culture rock, avec des variantes. Niveau inspiration, on peut pas dire que la salsa ressorte de manière évidente. Ceci dit, Micka a commencé par le jazz, et dans son précédent groupe faisait du métal…jugez plutôt de l’éventail et du potentiel! Globalement on aime ce qui allie finesse et précision. Pouvoir passer d’un morceau qui déboîte, à un morceau plus soft, sans perte de saveur, comme chez les Foo Fighters ou les Smashing Pumpkins ! En tant qu’auteur et compositeur, mon influence est évidemment marquée par le rock français, Noir désir en figure de proue. Miossec et Bashung sont des éléments majeurs. Avant j’écrivais en anglais et ils m’ont entre autre permis de comprendre que le français et le rock n’était pas incompatible.

H : Justement on en parlait avec Backspin, récemment. La France ne paraît pas Rock et pourtant, vous en êtes la preuve, non ? C’est quoi selon vous « l’exception française » musicale ?

Z : Il y a pourtant beaucoup de groupes de rock en France. C’est comme si longtemps on s’était dit, « c’est pas fait pour nous », les autres le font mieux.. et on reprenait le standard anglais, pour le traduire en français. Alors oui le français n’a pas la même musicalité que l’anglais, mais c’est justement peut être par cette contrainte qu’il faut commencer. La France est un pays de Lettres, d’auteurs et quoiqu’il en soit ça paraît naturel de se soucier du texte.
Amusez-vous à traduire les titres des hits anglo-saxons, par exemple « Umbrella » de Rihanna, littéralement « Parapluie », bon là toute de suite t’es décomplexé ! Bien sur j’exagère – à peine –

H : Et par exemple, pour « Le Tour », comment est venu ce titre ?

Z : Je me suis couché avec cette phrase « je n’ai rien contre les voyages, mais je ne ménage pas ma monture », inspiré du célèbre adage. La musique de cette phrase me plaisait. Alors du coup le petit vélo que j’ai dans la tête s’est mis à chauffer! Un type en lutte, pour rattraper celle qui lui a échappé. Je voulais que ça sente la douleur; celle qu’on lit sur le visage des cyclistes qui cravachent pendant le Tour de France correspondait à ça, sauf que le gars, là c’est un looser…. Et bon, Bernard Hinault, dit « le blaireau », en breton que je suis, c’était la référence ultime! Clin d’oeil aux vacances en caravane quand j’étais môme, où mon père suivait la course sur une petite télé!
Le cadre trouvé – j’aime les jeux de mots – les métaphores s’enchainaient. Je me suis relevé dans la nuit, j’ai pris mon petit carnet, un crayon, et voila. Bref, ça été écrit assez rapidement, ça roulait tout seul j’ai envie de dire! (c’est bon j’arrête…)

H :  Sinon, vous eu déjà eu des retours d’auditeurs étrangers?

Z : Non ! Si déjà on arrive à avoir un retour d’auditeurs francophones on sera content ! 🙂

H :  On vous a vu dans des MJC. Les concerts sont essentiels pour les artistes mais les salles se font rares ou … moins accessibles pour les débutants, non ?

Z : Les 2 mon capitaine ! Comme tu dis les salles diminuent, et leurs moyens sont parfois limités, avec beaucoup de demandes, et peu d’élus ! Une première partie locale, et une tête d’affiche confirmée, ça devrait être standard. Mais les productions ont leur mot à dire, et font le choix ou pas de faire une première partie. Donc c’est un travail au corps pour les groupes !

H : Hellfest, Rock en seine, Vieilles charrues… C’est qu’on en a des festivals rock, quand même. Mais finalement assez peu de têtes d’affiches françaises. A se demander si on n’est pas prophète en son pays ?

Z : Y’a David Guetta au Vieilles Charrues cette année quand même… Bon ok c’est pas franchement rock…

H :  Après une vidéo, des singles, l’étape suivant c’est l’EP ? Et peut être en vente « directe » sur Bandcamp. Comment voyez vous l’évolution de la musique, le rôle d’internet et l’avenir du format album ?

Z : L’EP est la prochaine étape, vendu en numérique, et en physique. Internet reste le vecteur principal, pour être vu et entendu par le plus grand nombre, et entrer en contact avec le public ou les salles. Tiens rien que cet interview a lieu parce qu’on s’est contacté via internet. T’aurais jamais su que Zantek existait sans ça, et réciproquement. Donc c’est un outil majeur, qu’il faut apprendre à maîtriser, sans en devenir esclave non plus. Ne pas oublier le contact local; quelques mots et une poignée de main sont souvent tout aussi bénéfique.
L’avenir de l’album, peut être que le format album peut subsister dans une version « augmenté », comme le dvd audio, proposant un truc « en plus ».

H :  A force d’écouter (ou de ne plus écouter…) les radios, on voit que les radios locales ou régionales soutiennent bien mieux les artistes que les grands networks nationaux, qui ne jurent que par des panels. Quelles sont vos relations avec les radios ?

Z : Pour le moment nous n’avons pas approché les radios. Mais il est sûr qu’on commencera par les radios locales. Encore une fois la proximité c’est la base.

Et pour finir, notre choix traditionnel

La chanson que vous écouterez toute votre vie :
Alex : La nuit je mens, d’Alain Bashung
Micka : Rosanna, de Toto
Nico : Monkey Wrench, des Foo Fighters (Parce que je veux rester un petit jeune pour toujours)

L’artiste que vous avez récemment découvert :
Alex :Ibrahim Maalouf
Micka : Ibrahim Maalouf (NDLR : lequel a fait découvrir à l’autre ??? Un EP pour celui qui troupe )
Nico : Twin Arrows (un bon petit groupe bien de chez nous)

L’album que vous offririez à votre mère :
Alex : Adamo chante Bécaud (pour changer de Sardou)
Micka : Au pays d’Alice, Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino
Nico : Fresques sur les parois secrètes du crâne de Cheval De Frise, parce qu’elle aime bien la guitare classique et qu’il y en a plein dedans.

H : Et bien nous, en attendant la suite, on vous conseille de faire tourner en boucle le premier single et son clip ! Promis, on vous tient au courant de la suite, comme on l’a fait pour d’autres interviewés.

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