Blog : Quand le cinéma et le jeu sont politiques

“Tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout”, disait Machiavel. Nul doute qu’elle s’intéresse au cinéma et au jeu vidéo alors. C’est ce que je me suis dit en cette fin Aout.

Bon, ça c’était pour l’intro qui fait sérieux. Cela m’était venu à l’esprit en jouant à Adventure Capitalist, petit jeu du Google play et sur navigateur à l’allure anodine mais hautement subversif évidemment. Le but est de devenir le plus grand de tous les capitalistes (mon rêve secret, en fait…) en partant de la vente de limonade (oui, c’est leur truc aux jeunes américains…nous un peu moins) jusqu’à propriétaire de banque, de puits de pétroles et autres sources de revenus mirobolantes. Le fonctionnement est simple : réinvestir ses bénéfices pour augmenter la taille de sa société ou en acheter une autre etc….jusqu’à ne plus savoir quoi faire, mais aussi attirer des investisseurs. Ces investisseurs permettent de gagner de l’argent encore plus vite et on recommence encore et encore. Comme on ne sait que faire de cet argent facile (on automatise tout quand on est riche, plus besoin de faire le moindre clic), on investit dans des recherches utiles comme la conquête spatiale (coucou Elon et Richard)… On en a vite fait le tour évidemment et c’est finalement le but, plus que le scoring. Démontrer qu’il n’y a pas de limite à l’appât du gain et qu’on se détache peu à peu du produit pour ne voir que des chiffres, des sommes de chiffres, loin de l’humain et des souffrances. Qu’importe ensuite le réalisme de la simulation quand l’idée passe.

Coté cinéma c’est dans la dernière adaptation du Petit prince, par Mark Osborne, que je me suis délecté. Beaucoup de parents y sont allés pour leurs enfants. Quelle erreur de ne pas y être allé simplement pour soi, à n’importe quel âge. Je dirai même qu’on a trop souvent cantonné cette œuvre à un livre pour enfant alors que son contenu est beaucoup plus profond que cela. Osborne et son équipe ont fait un superbe travail graphique pour offrir un film compréhensible mais aussi onirique. On voit poindre une critique du monde d’aujourd’hui, du capitalisme, des stéréotypes, du coté cartésien qu’on nous impose, de vouloir que tout soit utile. Le paradoxe est que ce film en devient utile pour prouver que l’inutile doit exister (ah je vois que j’en ai perdu sur cette phrase). Cela m’a fait moi même repenser à l’utilité des chroniques et critiques cinéma (et par extension, de tout art).

Deux oeuvres finalement qui ont ce point commun de l’inutilité utile. Comme ce blog finalement et tant d’autres choses qu’on voudrait nous voir abandonner pour n’être plus que des spectateurs passifs et non des créateurs actifs. Sur ces bonnes paroles, je m’en vais m’évader dans le passé, puisqu’il paraît selon Cyrille Borne que je suis grand maître du « c’était mieux avant ». J’aimerai surtout éviter d’être petit esclave du « ça sera pire demain ». Et je ne manquerai pas de reparler de jeux et films hautement subversifs comme ceux là.

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