Questionnement : L’Humain aime-t-il la diversité ?

La véritable question serait sans doute : Veut-on vraiment que l’humain aime la diversité ? Car entre notre éducation bien cadrée et les effets d’un marketing qui dirige la création de produit vers le « goût » le plus consensuel, il y a lieu de se poser des questions.

Avez vous remarqué que régulièrement, on change la mode pour certains produits. Ainsi le matériel Hifi était-il noir pendant des années avant de venir au gris metalisé ou au « champagne ». Les réfrigérateurs ont longtemps été blanc avant une mode du gris également. Maintenant, c’est le rayonnage des supermarchés et les devantures qui abandonnent les couleurs blanches pour le marron. Alors qu’on pourrait penser que le client doit pouvoir s’identifier à la marque par un code couleur, il n’en est rien. Dans les smartphones, tous se ressemblent à part quelques couleurs de dos…. et un logo omniprésent. Maintenant, 80% du marché automobile est gris, blanc ou noir. La plupart des véhicules compacts et berlines se ressemblent, mis à part la calandre. L’originalité est faussement dirigée vers la possession d’un SUV, à la ligne tout autant conservatrice

On peut sans doute écrire un livre sur ce thème du conformisme de la société. Cela commence tout petit, dès l’école qui ne laisse pas grande place à l’originalité. L’effet de groupe met rapidement en dehors celui qui n’aura pas les bons signes d’appartenance. C’est sans doute pire aujourd’hui avec les réseaux sociaux où il « faut » être. On y est incité à longueur de journée sur le web par des « soit-disant » facilité de connexion. Les marques et leur tyrannie, que nous avons acceptée, ont été l’objet de nombreux écrits, dont le très fameux « No Logo » de Naomi Klein. Mais l’effet de groupe autour de ces marques n’est pas le seul facteur d’un conformisme. Je me souviens que dans des matières qui devraient amener de la diversité, de l’originalité, comme les Arts Plastiques, la Musique ou les Lettres, l’enseignement rate souvent sa mission en infligeant trop de carcans. Cet « académisme » n’est pas nouveau si l’on se souvient de toutes les révolutions artistiques qui eurent du mal à se mettre en place. Mais combien il est dur de voir sa créativité bridée dès le plus jeune age. Même bien plus tard, il est difficile de sortir de ce conformisme : La Tour Eiffel, la Cour du Palais Royal, la Pyramide du Louvres auraient pu ne jamais exister. La future Tour Triangle est l’illustration inverse d’un supposé anticonformisme qui rentre dans le conformisme de la forme simple et sans originalité.

En dehors de l’aspect marque, l’aspect forme et couleur est aussi objet de conformisme. Dans un ancien métier où le port du costume était de mise, sans raison particulière (pas de relation visuelle avec une clientèle), j’avais fait l’expérience de porter des chaussures rouges, le vendredi où le « friday wear » était toléré. Aussitôt me suis-je retrouvé avec des remarques sur cette agression que représentaient ces souliers. N’importe quelle autre paire de chaussures noires ou marrons foncées, même brillantes, n’auraient fait l’objet d’aucune remarque. La moindre cravate un peu différente était déjà l’objet de remarque. On se souvient du tollé à l’assemblée nationale lorsque Cécile Duflot porta un jour une robe à fleur tout à fait convenable. Le sexisme et le conformisme font souvent bon ménage. Et question couleur, j’ai roulé dans des voitures jugées « non conformes », parce que le consommateur achète une voiture en pensant à la revendre ensuite. Même d’occasion, j’ai fuit les véhicule gris, noirs et blancs mais cela devient extrêmement dur à trouver. Si j’achète quelque chose, c’est pour moi, mon plaisir, pas pour les autres. Mais aussi, sans doute, pour envoyer une image, que l’on voudra dérangeante ou consensuelle, reflet de sa personnalité ou pas.

Ainsi éduqué au conformisme, l’humain ne tolére pas vraiment que l’on sorte du rang, socialement parlant. Pour beaucoup, la famille doit être « un homme et une femme », doit avoir des enfants, etc…Ce conformisme est de plus en plus présent, comme on l’a vu dans la « manif pour tous » avec un conservatisme rétrogradre . En discutant avec ses amis, collègues, on s’aperçoit que la tolérance affichée par beaucoup sur cette question s’arrête vite. L’homosexualité est encore taboue en France où il reste difficile pour un couple de s’embrasser en public sans se prendre des remarques. La transsexualité est bien mal vue par rapport à d’autres pays. Et plus généralement, un couple vivant sans enfant est regardé de travers. Si en plus ils sont végétariens et aiment les animaux, imaginez … Et puis, dans l’univers musical qui m’est cher, dans le hard rock et le metal, que l’on croient plus ouverts et anticonformistes, il y a ce même rejet. Celui qui n’est pas looké est regardé de travers, car n’appartenant pas au « groupe ».

En ce moment, un sujet est d’actualité : Les migrants et les réfugiés ( je fais la distinction volontairement pour montrer qui emploie tel ou tel terme). Evidemment, tous ne sont pas mis à la même enseigne. Pendant quelques mois, on s’est intéressé aux « chrétiens d’orient », parce qu’ils rentraient dans un certain conformisme par rapport à notre code de société. Bien que laïc, notre pays est encore très chrétien dans ses actes, avec un choix étonnant dans les valeurs qui oublient souvent l’altruisme. Aujourd’hui, les voisins de ces chrétiens d’orient, les habitants des même villes, arrivent chez nous pour trouver refuge. Et c’est le rejet qui prime avec comme raison sous-jacente « ils ne sont pas comme nous ». Ils seraient différents, pour ne pas dire inférieurs avec ce reste de colonialisme et de paternalisme. Et si maintenant on tolèrerait presque le réfugié, le migrant économique ou écologique n’est pas accepté, tandis que l’expatriation pour raison fiscale serait presque un exemple.

J’avoue qu’en commençant cet article, je ne savais pas trop comment le terminer. Je ne vais pas faire mon donneur de leçon car il m’est arrivé et il m’arrive encore de verser dans le conformisme, de me taire, de ne pas faire de vague, de me fondre dans la masse. Peut-être la bonne conclusion se situe-t-elle dans les études d’Hannah Arendt sur la montée du totalitarisme. Elle y analyse cette culture du conformisme, obéir aux ordres et se conformer à la masse en oubliant son sens critique. Tous ces petits éléments de la vie quotidienne, mis bout à bout, concourent eux aussi à un conformisme de masse. Le petit microcosme du logiciel libre est un petit exemple de ce qu’un anticonformisme peut produire face au conformisme du logiciel de masse et ses dangers (virus, malware, …). Mais le refus de la différence se réinstalle peu à peu après des années 70-80 de liberté. Le puritanisme revient à tout niveau dans la société. Et dans ce monde gris et sans aspérité, tout devient désespérément plat, jusqu’à l’acceptation de l’innomable…

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