Automobile : Diesel, Essence ou Electrique, les mentalités changent enfin!

La lecture des chiffres du marché français (Argus Aout 2015) donnent une lecture très fine de l’évolution des mentalités autour de l’énergie qui propulse nos véhicules. Mais bien du chemin reste à parcourir…

Le tableau de l’évolution des ventes sur les 10 dernières années nous fait tirer un premier enseignement : On a tué l’Ethanol et le GPL. De 3,5% en 2010, ces deux énergies sont passées à moins de 0,1% du marché. Il faut dire que les rejets de CO2 ne sont pas meilleurs que Diesel ou Essence, voir supérieurs et que la taxation mise en place, le surcoût à l’achat et la rareté des pompes a suffit pour éteindre ce marché.

energieargus

L’autre enseignement et le décollage progressif de l’électrique mais qui reste extrèmement timide. La France est pourtant, à l’exception de la Norvège, le plus gros marché européen sur cette énergie, le coût de l’énergie électrique jouant aussi un rôle. En réalité, il faut tempérer cela car en 2013, nous étions sur un volume de 0,5% du marché contre 0,8% aujourd’hui. On ne peut donc pas parler d’explosion. La baisse des prix du pétrole, donc du carburant, joue évidemment un rôle. L’hybridation, quant à elle, poursuit sa lente progression jusqu’à presque 3% marché. Dans ce chiffre, il faut aussi compter les « plugin hybrides » ou hybrides rechargeables qui restent encore très minoritaires. Les meilleures ventes sont réalisées par le groupe VW avec son A3 E-Tron et sa Golf GTE, et bientôt Passat. Tous les constructeurs devraient proposer un modèle de ce type dans moins de 5 ans, si l’on en croit les plans produits présentés et les prototypes de salon.

Mais surtout , il faut regarder la baisse de la part du Diesel. Malgré une différence au prix à la pompe qui s’est à nouveau accru artificiellement, le regard du consommateur change enfin. D’une part, les technologies essence ont fait baisser les consommations (mais pas tous les polluants) pour rattraper le diesel. Les pics de particules ont joué un rôle auprès des consommateurs, les politiques aidant. Les gammes des constructeurs n’offrent pratiquement plus de petits véhicules en diesel où, c’est vrai, ils n’ont aucun intérêt. Le Diesel reste le carburant préféré des gros rouleurs, des véhicules de flottes où son bon bilan CO2 permet une fiscalisation intéressante. Mais avec des automobilistes qui roulent de moins en moins avec leurs véhicules essence (8200 km contre 15000 pour le diesel), le marché tend à se différencier encore plus entre les comportements. La rentabilité d’un diesel pour « monsieur/madame tout le monde » est mise à mal et de ce fait l’acte d’achat est changé. On calcule sans doute un peu plus le surcoût et sa justification.

Avec les volontés de limiter la vitesse, l’accès aux villes et l’arrivée progressive de voitures plus autonomes, l’automobile plaisir n’est plus vraiment en phase avec le 21ème siècle. S’il n’y aura pas encore de voitures volantes, il y aura des clients plus avides de mobilité que de conduite. A ces clients, il faudra proposer une énergie en phase avec ce mode de consommation et gageons que cela risque de ne pas être un carburant liquide…

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