Musique : Elton John – Goodbye Yellow Brick Road (1973)

Elton_John_GYBRElton John est une figure incontestable de la pop musique mondiale. Mais au moment de choisir un album, le choix est complexe. Pourquoi pas ce « Goodbye Yellow Brick Road » dont on a fété le 40ème anniversaire en 2014 ?

Avant d’être la personne aux chapeaux et lunettes fantasques, il y eut Reginald Kenneth Dwight, un natif du Middlessex, au père militaire, à l’enfance austère et destiné aux métiers de la banque. Selon la légende, ses parents écoutent le rock’n roll de l’époque et son apprentissage du piano est précoce. La musique est sa passion et le mène à des études de musique classique. Cela ne l’empèche pas d’être pianiste de bar dès l’age de 15 ans, où il participe à un premier groupe, joue les standards du moment. A 20 ans, il répond à une annonce d’un certain Ray Williams, manager de Liberty Records qui lui demande d’écrire des musiques pour des textes d’un inconnu nommé Bernie Taupin. Ce duo ne se séparera plus… Elton John est né, en hommage à deux musiciens de son groupe Bluesology, Elton Dean et Long John Baldry. Mais ils écrivent d’abord pour les autres, notamment chez Dick James Music. Ce n’est qu’en 1968 qu’Elton John enregistre son premier titre pour ce label, « I’ve Been Loving You » et il enchaine sur son premier album, »Empty Sky ». Mais c’est avec le second album et son hit « Your song », qu’Elton John entre dans la notoriété. Même son album suivant, pourtant conceptuel, atteint de bonnes ventes.  Il tourne maintenant autant en Europe qu’aux Etats-Unis et en 1972, son album « Honky Château » devient pour la première fois numéro un au Billboard 200. Au rythme frénétique d’un album par an, Elton et Bernie parviennent à sortir des hits retentissant comme le « Crocodile Rock » de 1973. Mais la critique sera encore plus friande du suivant : « Goodbye Yellow Brick Road ».

 Au chevet de cette production, on retrouve Gus Dudgeon, déjà collaborateur d’Elton depuis 1970. L’artiste est accompagné des fidèles Davey Johnstone à la guitare, Nigel Olsson à la batterie, Dee Murray à la basse et Ray Cooper pour compléter le groupe au tambourin.  Si l’album a été commencé à la Jamaïque, il a été enregistré au fameux Chateau D’Hérouville, qu’Elton John connaissait bien pour y avoir enregistré deux albums.

 quel idée étrange de commencer par un titre aussi évocateur que « Funeral for a friend », utilisant au passage de l’instrumentation électronique ? 11 minutes où Elton John installe d’abord une ambiance avant d’imposer un texte. C’est rock’n roll, baroque, pop, glam, et surtout dans sa veine habituelle, utilisant des choeurs d’inspiration gospel sur une rythmique rock’n roll et groovy. Si les sonorités ont vieilli, l’efficacité mélodique est toujours là. La « Ballad of Danny Bailey » poursuit dans cette tonalité avec une pointe de nostalgie et n’est pas sans rappeler des titres des Wings de Paul McCartney. Mais que dire du « Candle in the wind » désormais plus accolé à la personnalité de Lady Di que celle de Marylin Monroe ! Cette ballade parvient totalement à nous transporter et à traverser le temps comme cette petite bougie dans le vent.

Mais Elton John et Bernit Taupin savent raconter des histoires, sait parler de musique, de son époque et le prouvent avec ce « Bennie and the Jets ». Et comment ne pas craquer sur les choeurs du refrain du « Goodbye yellow brick road » qui donne son nom à l’album. Il s’en dégage toujours une certaine nostalgie, celle de l’enfance sans doute. « This song has no title » reste une excellente composition qui n’est pas sans rappeler quelques uns des chefs d’oeuvres de Freddie Mercury au piano. Elton est rock mais aussi funky, extravagant et emporte son auditeur avec le très moderne « Grey Seal ». L’enregistrement avorté à la Jamaique a laissé des traces comme dans « Jamaica Jerk Off ». On peut se poser la question de la place à accorder au très classique « I’ve seen that movie too », mais il est comme une pièce du puzzle qui ferait s’effondrer l’édifice.

Car après cette première partie très enlevée, la transition s’avère plus posée, presque retro (avec même de l’accordeon sur Sweet Painted Lady). Pourtant Elton John expérimente quelques sons comme dans « All the Girls love Alice » qui repart sur un bon vieux Rock’n roll et même carrément Twist dans « Your sister can’t twist ». On oublie plus souvent que la version originale de « Saturday Night’s Alright for Fighting » est celle d’Elton John, un titre déjà aux accents hardrock. « Roy Rogers » apparaît comme une pause très classique pas très éloignée d’un « Candle in the wind » pourtant. Elton est à l’aise partout même lorsqu’il met une dose de rock country dans « Social Disease ». Le choix de terminer par « Harmony » peut sembler étrange mais c’est comme une cerise sur le gateau avec une mélodie que l’on se surprend à chanter avec les choeurs. Aussi si cet album tient une place particulière dans la carrière fabuleuse de l’artiste, c’est justement par son homogénéité et sa faculté à aborder de nombreux styles.

Désormais à la tête de son propre label, Elton John poursuit sur son succès. Il fera des duos avec des artistes de ce label, comme Kiki Dee en 76 sur « Don’t go breaking my heart ». Bête de scène, Elton n’en fait pas moins une pause en 77 et Taupin va collaborer avec d’autres artistes. Elton John reste une megastar dans les années 80 avec de grands concerts, des albums réussis comme « Too Low for Zero » en 1983, ou « Breaking Hearts » et collabore avec Stevie Wonder dont on ne peut nier l’influence sur sa carrière. Installé au firmament des artistes pop, Elton John fait parfois plus parler par ses extravagances et sa vie privée que par ses titres. Et pourtant, il compose toujours des hits dans les années 90, allant même jusqu’à la bande son du Tarzan de Disney. Les années 2000 représentent un certain déclin, au moins musical. Il part quelques années à Las Vegas et continue à utiliser sa notoriété dans le caritatif. Mais musicalement, peut-on lui reprocher de ne plus produire grand chose, alors que le nombre d’albums indispensables pourrait se compter sur plus de deux mains.

Finalement, ce « Goodbye Yellow Brick Road » peut servir d’introduction à la carrière de ce grand monsieur de la musique mais ne peut se suffir à lui même. Et qui sait s’il ne nous réserve pas encore quelques grands moments, finalement ?

Iceman

Publicités

1 réflexion sur « Musique : Elton John – Goodbye Yellow Brick Road (1973) »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s