Questionnement : Le nombrilisme nous tuera-t-il ?

Quand j’observe les réseaux sociaux et ce qui capte l’attention de mes concitoyens, je constate à quel point tout ce qui se passe ailleurs qu’en France est totalement ignoré. Ce nombrilisme et ce repli sur soi est pourtant dangereux.

J’entends déjà la réponse « On a déjà assez à faire en France…. ». Oh c’est vrai qu’il y a déjà pas mal de problèmes en France et d’ailleurs, sur le problème des « migrants », réfugiés, ou quelque soit le mot employé, on voit bien que la provenance de ceux ci est ignorée. Pour beaucoup, ce sont des envahisseurs, voir même des profiteurs, alors qu’il n’en est rien, pas plus que les précédent flux migratoires qui ont construit le monde d’aujourd’hui ou même d’avant hier. Comprendre ce qui se passe, c’est comprendre celui qui vient chercher refuge, c’est comprendre ses réactions, ses traumatismes, ses habitudes.

On raille souvent les américains pour leur manque de culture, le fait qu’ils ne savent pas situer un pays sur une carte, ne connaissent pas les capitales. Mais regardons nous un peu en face ? Est-ce que l’on est vraiment mieux? A lire les copies du brevet, on trouve des aberrations du même genre. A écouter les discussions de machine à café ou de bar, ce n’est pas mieux. A regarder les candidats de jeux télévisés, on tombe de l’armoire. La curiosité amène la culture mais la curiosité disparaît. Que cela soit internet ou la télévision, on prend de l’information centrée sur soi, sur son pays. Ce n’est pas que la France, c’est général. Entre un JT géo-centré sur la France et qui explique peu des enjeux des conflits, un jeu télévisé débilitant, un talk-show pipi caca et une série tv, plus beaucoup de publicité, il y a peu de chance d’avoir du temps de cerveau disponible pour autre chose.

On peut qualifier tout cela de nombrilisme dans le sens où l’on se soucie peu du voisin mais de soi, où l’on se soucie peu de la France mais de sa région, de sa ville, où l’on se soucie peu de l’Europe mais de la France. La France a peur de l’étranger, du monde et se regarde encore comme il y a 50 ans. En ne se voyant qu’elle, elle ne comprend pas le monde et donc ne s’y adapte pas. Oh, il n’y a pas que la France, évidemment…L’Allemagne agit ainsi, l’Angleterre, la Hongrie, et tant d’autres encore en ces temps de crise. Nombrilisme et nationalisme vont souvent de pair. Et de ce fait, il devient difficile d’aborder des sujets géo-stratégiques, de parler de l’état du monde, des enjeux de demain, des risques des conflits. Cela n’intéresse personne. J’en veux pour preuve les stats de mes sujets sur Icezine :

  • Coller à l’actualité médiatisée = succès assuré.
  • Parler d’un conflit où la France s’implique = succès mitigé.
  • Parler d’un problème géo-politique où la France n’est pas = gros bide

Ce manque de curiosité pour ce qui est lointain devrait pourtant être combattu très tôt. Mais avec un enseignement vers le conformisme, ou qui n’encourage pas à l’originalité, on n’aide pas à développer la curiosité. S’il n’y a pas la petite étincelle qui la stimule, elle risque de ne jamais faire partie de notre vie. Mais il y a aussi le goût de l’aventure, ou pas. Il se forge peut être à travers des lectures, des héros, en même temps que par l’éducation des parents. Mais je m’égare. Sans doute parce que, avec les apprentis que je rencontre chaque année, je vois ceux qui sont curieux et ceux qui ne le sont pas. Je vois ceux qui vont s’intéresser à autre chose que ce pourquoi ils sont là et ceux qui se contenteront du minimum. Je vois ceux qui baissent la tête en se regardant le nombril et ceux qui s’évadent et sortent du cadre.

Ce débat de proposer des sujets qui intéressent moins plutôt que du convenu, je l’ai eu lorsque j’étais rédacteur dans un webzine… Effectivement, on peut s’évertuer à parler de ce qui se passe à l’autre bout du monde, si le lecteur ne vient pas chercher cela, il ne lira pas. Mais en ne lui servant que ce qu’il vient chercher, rien ne change. A l’opposé, je voyais que les chiffres de vente du Monde Diplomatique étaient à nouveau en progression. Ça veut donc dire qu’il reste une frange de la population intéressée par autre chose que ce qu’on lui sert à longueur de journée. Le paradoxe est bien d’entendre ceux qui parlent de croissance et de progrès, nous pousser à ne pas être ouverts et aventureux. Le problème n’étant pas franco-français mais profondément humain, ce trait de caractère explique aussi bien des choses dans un monde qui se replie sur lui même. .

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