Musique : Cats – Paris 2015

catsparisSpécialisé depuis quelques années dans la reprise de succès de Broadway, le Théatre Mogador de Paris accueille cette année la nouvelle version de Cats.

A l’origine, il s’agit d’une nouvelle de T.S. Eliot, Old Possum’s Book of Practical Cats, qui sera adaptée par le compositeur anglais Andrew Lloyd Webber en 1981 dans le West End de Londres puis à Broadway l’année suivante. On ne compte déjà plus les succès de Webber (Le Fantôme de l’Opéra, Jesus Christ Superstar, Evita, …), mais Cats est un cas à part, restant à l’affiche jusqu’en 2006 (un record à l’époque), récompensé par ses pairs de multiples fois, et adapté par son auteur à l’écran. Et tout cela pour quoi ? Pour raconter l’histoire d’une tribu de chats, les Jellicle Cats, vivant dans une sorte de décharge. Les chats nous racontent à nous, humains, des épisodes de leur vie truculente.

A Mogador, comme en 1989 au Théatre de Paris, le texte des chansons a été adapté en Français. Contrairement à d’autres musicals de Broadway, il n’y a aucun moment parlé mais uniquement des numéros musicaux, chantés et/ou dansés. La musique est jouée en live par un petit orchestre (Mogador n’est pas bien grand) emmené par un chef d’orchestre dont on voit l’image sur un écran fixé au premier balcon. La taille de l’orchestre impose le recours à des sons synthétiques qui datent parfois les morceaux. Évidemment, tous les artistes chantent aussi en direct et il n’y a aucun micro apparent afin de mieux plonger le spectateur dans cette ambiance féline.  Cela donne un son très centré et parfois difficile à percevoir avec distinction lorsque l’on se retrouve sur les cotés. Le spectacle n’a encore qu’un mois et des ajustements sont à faire sur quelques choeurs. Attention également à ne pas être trop à droite de la scène, une entrée des acteurs étant alors masquée par des éléments de décors.

Comme tout bon musical, l’histoire possède plusieurs lectures. Les jeunes enfants seront sensibles aux personnages de chats, le maquillage étant l’élément le plus travaillé. (pour les petits…et les grands, il y a un stand gratuit pour les maquiller en chat avant le spectacle). Mais les adultes aimeront toute la poésie de cette histoire où l’on alterne le sensible, le comique, l’action, voir le tragique. Le paroxysme du spectacle est dans l’interprétation de « Memory » traduit en « Ma Vie », par Prisca Demarez. Toute en sobriété, en délicatesse, elle donne sa dimension au rôle de Grizabella, dans un spectacle où il n’y a pas vraiment de Lead. Mais au delà de ce titre qui entra dans les charts de l’époque, il y a d’autres satisfactions musicales avec de superbes chansons jazz, swing mais aussi une nouveauté voulue par l’auteur : Le remplacement du titre Rock par un titre Hip-Hop. On appréciera les voix lyriques sur les titres les plus « Opéra » de la partition, montrant au passage l’étendue du talent de cette troupe remarquable.

Le bonheur d’un musical de Broadway, c’est bien l’effet de groupe, la troupe, la puissance de cette somme de talents. Et ici, il y a aussi de quoi dire coté danse. Car nos chanteurs sont aussi de remarquables danseurs. On a droit ici à des chorégraphies mêlant des éléments de danse classique tout autant que de la danse  contemporaine, du modern-jazz et maintenant du hip-hop ; sans oublier les claquettes, pour un bel hommage aux classiques de Broadway. Dans ce casting « Haut de gamme », difficile de parler d’individualités, comme Vanessa Cailhol, déjà vue dans Cabaret et Mamma Mia, ou Emmanuelle Guélin, vue dans le Bal des Vampires. On s’intéressera pourtant au charismatique Gregory Gonel ou au remarquable danseur Axel Alvarez… La production a misé sur des valeurs sures du milieu du musical, mais peu connues du grand public. On reparlera peut-être un jour de Emmanuelle N’Zuzi ou Katharina Lochman..

On ressort de tout cela avec un sourire grand comme …chat. Et pour ne pas trop en dévoiler, vous n’aurez droit qu’à cette chanson intemporelle, qui est encore plus belle sur scène. Il est réjouissant de voir un tel classique du musical traverser les années sans prendre trop de rides et toucher une nouvelle génération de spectateurs. Dommage qu’il faille venir jusqu’à Paris…

Iceman

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