Musique : Inna Modja – Motel Bamako (2015)

Inna-Modja-Motel-BamakoPour beaucoup, Inna Modja c’est le single « French Cancan » en 2011, chanson légère à souhait. Là voilà à nouveau propulsée dans la lumière par un album encensé par beaucoup de critiques parisiens. De quoi nous intriguer.

Cette native de Bamako (Mali) n’aurait pu être qu’un one shot de plus avec ce fameux single. Mais A l’époque déjà, on avait oublié un premier album, Everyday is a new world, ses goûts pour la soul, le blues, le disco…Et on découvre qu’elle eut aussi une période punk. Voilà qui est déjà plus prometteur qu’une mélodie sucrée. Victime de l’excision, habitant un pays divisé par la guerre contre AQMI, elle a beaucoup à dire dans ses textes et c’est bien ce qui a motivé ce nouvel album. On pourrait répondre que le sujet tombe à pic dans cette actualité et qu’encenser cela est facile. Bien au contraire, c’est plutôt casse gueule et difficile à réaliser. Alors, le résultat ?

Autant dire qu’on oublie très vite la voix détimbrée de French Cancan pour plonger dans des sonorités à la fois maliennes et modernes entre hip-hop et pop electro. On flirte même avec la trip-hop sur quelques morceaux. Mais c’est surtout un album riche en sonorités, en langues (anglais, français, bambara), en styles tout en gardant de l’unité par la musicalité de la voix de la chanteuse. Comme souvent, il y a des titres forts, comme le single « Tombouctou », mais aussi « Water » ou « Boat People ». Ce dernier est l’un des rares titres avec invité qui fonctionne. Le titre « Speeches » avec Oxmo Puccino met trop de temps à devenir homogène alors que celui avec la chanteuse Oumou Sangaré fonctionne parfaitement. Le titre « My People » avec Baloji souffre aussi d’un certain déséquilibre, au même titre que la dynamique globale de l’album qui aurait pu être plus punchy.

On notera aussi des incursions musicales qui rappellent Asian Dub Foundation  ( l’intro de Sambe ) ou bien Morcheeba (l’intro de The man across the street). Sur ce dernier titre, d’ailleurs, on apprécie l’évolution plus soul et gospel montrant les possibilités de cette chanteuse. Les thèmes abordés rappellent aussi ceux abordés il y a quelques années par Nneka. Le fait que l’album soit chanté majoritairement en anglais montre aussi l’ambition de l’artiste à l’international, où effectivement son message, ou plutôt ses messages seront mieux entendus. Une réussite incontestable de ce point de vue et en même temps, cela en fait une ambassadrice moderne de la musique malienne.

Iceman

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