Musique : Mylène Farmer – L’Autre (1991)

Artiste adulée par ses fans, Mylène Farmer a une place à part dans la musique française. Et en dehors de compilation, difficile de choisir un album emblématique. Après mûre réflexion, c’est « L’autre », sorti en 1991, qui a eu notre préférence.

S’attaquer à une chronique de Mylène Farmer, c’est prendre le risque de s’attirer les foudres de fans souvent intransigeants, ou des moqueries de ceux qui détestent celle qui s’est construit son personnage au fil des ans. Il est loin le temps de Mylene Gautier, jeune comédienne-chanteuse née au Quebec, un peu timide et propulsée sur scène par un certain Laurent Boutonnat, compositeur de son premier hit « Maman a tort ».

Avec en introduction « Agnus Dei », le ton est donné dans le religieux. C’est un des éléments marquant de l’album qui recourt beaucoup à des sonorités proches des choeurs d’église, à la symbolique de l’ange ou d’une figure virginale. Le « Tu » est également très présent, Mylène Farmer étant la confidente, presque la mère parfois, tant sa voix paraît caressante et réconfortante sur des sujets pourtant graves. Toutefois, les sonorités sont très électroniques avec un usage des boites à rythmes ce qui a tendance à dater l’album. Cela ne se ressent pas sur le hit « Désenchantée » au refrain catchy à souhait. Ici on est dans une pop efficace et rythmée, un peu loin de la tonalité pseudo religieuse. On retrouvera ce style dans les albums suivant, tout autant que les thèmes.

L’autre élément récurent, c’est la manière d’être au bord de la rupture dans l’utilisation de sa voix, comme sur un fil. Cela donne cette impression de fragilité que Mylène allie parfaitement avec sa douce voix de confidente (on retrouve ça dans « L’Autre ». En cela, elle trouvera un écho auprès d’un public adolescent ou de jeunes adultes hypersensibles. Elle parle d’interdits, de souffrance, d’amour, de sexualité et même de folie. Ajoutant une image très travaillée dans ses clips et ses concerts, l’ensemble en fait une véritable icône que l’on peut adorer et donc haïr. D’ailleurs le choix d’un duo avec Jean-Louis Murat, n’est pas un hasard, ce chanteur introverti ayant une place à part, souvent encensé par les critiques, ce qui n’est pas vraiment le cas de Mylène Farmer.

Car le couple Boutonnat/Farmer a compris très tôt que l’artiste doit utiliser son, image, vidéo pour exister, durer après des années 80 qui ont installées le clip vidéo en art. Cet album, malgré un son encore très 80s (voir Psychiatric par exemple), très new wave notamment, est précurseur des pistes qu’elle explorera durant les années 90. Dans ces années justement « désenchantées », le duo comprendra l’importance du son dance floor auxquels ils emprunteront pas mal de codes, ce qui en fera aussi une icône gay. En dehors de l’échec du film « Giorgino », tout leur réussira ensuite. Le ralentissement, inévitable, commencera dans les années 2010, sans être une catastrophe toutefois. La dimension à part de l’artiste lui assure des succès immédiats même avec des albums moyens sans hits aussi majeurs que par le passé.

L’Autre reste un indispensable pour qui veut entrer dans l’univers de l’artiste. Même si aujourd’hui, la moitié des titres paraissent démodés musicalement parlant, l’autre moitié a su garder cette intemporalité qui sied bien à l’ange Mylène.

Iceman

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