Bilan geek et auto 2015

Tradition, tradition, c’est l’heure des bilans…

Comme ce blog traite de bien des sujets différents, je vais me concentrer sur quelques uns :

Par ordre alphabétique, c’est l’Automobile qui vient en premier. L’année a évidemment été marquée par le scandale Volkswagen même si tout cela sera bien vite oublié. Une chose est sûre, le protectionnisme industriel américain a de beaux jours devant lui. Le Diesel marquera de toute façon le pas à l’avenir, laissant sa place pour les dix prochaines années à un ensemble de technologies autour de l’hybridation électrique et d’optimisation des moteurs essence. Pour plus de 10 ans, rien n’est fait, car nous approchons définitivement d’un carrefour technologique. La voiture autonome sera indéniablement un acteur dans le futur, avec des marque que l’on connaît (Tesla, GM, Toyota, PSA, par exemple), mais surtout l’arrivée de nouveaux acteurs venus du monde de l’informatique. Ils seront d’abord partenaires avant de devenir possiblement les leaders de demain. Mais cela n’arrivera pas massivement avant 15 ou 20 ans encore (plus pour la vieil Europe), même si Tesla promet un modèle dans 2 ans. Reste aux constructeurs actuels à survivre, à passer le cap de la transition énergétique, mais aussi comportementale pour le consommateur. On prédit une fin de la possession du véhicule mais tous les pays ne le verront pas de la même manière. Par exemple, en Asie, la possession est une marque de richesse aujourd’hui, à l’exception du Japon et de la Corée. C’est pourtant bien de ce coté que se situe la sacro-sainte croissance. Pour la France, j’aurais l’occasion d’en parler plus en détail dans quelques jours.

Mais coté technologie et internet, beaucoup de choses m’ont marqué. Si j’ai adopté pour de bon Diaspora*, j’observe surtout que « mon internet » est dans le passé et que le réseau des réseaux se privatise de plus en plus. Beaucoup de mes contacts s’enferment dans Facebook sans s’en apercevoir. C’est bien la stratégie de Zuckerberg depuis le début. Google a pris un autre virage, presque plus philosophique, autour de la donnée dans sa globalité, mais aussi autour d’un « bien être » transhumaniste inquiétant. Pour Apple, ça semble aussi le cas, l’entreprise aimant se réinventer…ou mourir. Mais pour Microsoft ou Yahoo, l’avenir me paraît plus flou, voir sombre à force d’hésitation et de mauvaises décisions. Quant au libre, il reste un refuge pour réinventer, tester, voir l’avenir autrement, avant que ce qui marche ne soit avalé à nouveau par les « gros ». C’est ainsi que les mastodontes du libre (Mozilla, Wikipedia, Ubuntu/canonical, …) hésitent, sabrent dans ce qui n’est plus viable. Adieu le client mail ou l’OS mobile, le besoin grand public est ailleurs ? Pas encore si sur, mais il y a clairement besoin d’un électrochoc pour que ces projets sortent de l’anonymat où ils sont tombés. Les distribs ronronnent elles aussi, ergonomiquement et techniquement. Et coté hardware, c’est franchement l’ennui avec des limites physiques (température à gérer dans la miniaturisation des terminaux) pour les processeurs qui paraissent de plus en plus proche. L’ordinateur quantique est apparu…. une solution ? On en trouvera d’autres, comme pour l’automobile, pour assurer la transition.

Et puis cette année, j’ai testé le chiffrement, constatant le manque de facilité du système pour le grand public. Aujourd’hui, TOR ou GPG risquent d’être interdit (au prochain attentat, on parie?). Tout cela me rappelle finalement l’évolution du piratage, la course entre ceux qui crackent et partagent et ceux qui protègent (surtout leur fortune…). TOR ou GPG sont déjà des solutions du passé, pour moi. La première est de toute façon infiltrée puisque créée aussi par l’armée US, développé par le DARPA, mais vous me direz que c’est mieux que rien? Certes, mais pour qui veut vraiment être anonyme, ce n’est pas en utilisant le produit le plus en lumière que ça fonctionnera. Paradoxalement, la complexité de mise en oeuvre constitue en elle-même un moyen de protection. La facilité de TOR aujourd’hui est sa plus grande faille puisque l’utilisateur lambda fera des erreurs par manque de compréhension. L’outil est intéressant pour contourner la censure, par exemple mais sa capacité à être anonyme doit être complétée. Pour GPG et ses dérivés SMS, c’est le système de clés qui recèle la plus grande faille. Le stockage ou la diffusion de ces clés n’importe comment crée un risque (ce qu’ont compris à moitié les créateurs de Signal…et les journalistes). Demain, on parlera probablement d’autres solutions, le renforcement de la surveillance et de la censure dans le monde créant de nouveaux besoins. (voir les dernières déclarations d’Hilary Clinton, par exemple)

Soyons plus légers…Même si pour le jeu vidéo, le constat est plus que catastrophique. La créativité disparaît à nouveau après l’embellie qu’avait été l’apparition du jeu sur mobile. Après la phase de clonage des classiques rétrogaming, voilà la phase bien connue de la copie. C’est de plus en plus beau, c’est sur, de plus en plus riche, mais s’amuse-t-on plus pour autant ? On attend encore le prochain support qui recréera de la dynamique. Et ça m’étonnerait que cela soit les steam box, une mode passagère. Le format freemium devient caricatural et énervant au point de regretter les micropaiements du début des jeux mobiles. Le financement par la pub en circuit fermé a pourtant montré ses limites sur internet. N’apprend-on rien chez les économistes? Les petits studios de développement sont rachetés par les majors du jeu. Le renouvellement arrivera pourtant par de nouveaux acteurs sur de nouveaux supports.

Enfin, à titre personnel, j’ai encore testé pas mal de trucs (Atramenta, Wattpad, Ello, outils de recherche alternatif…), ouvert et fermé des comptes, des sites, des services et des participations journalistiques à des sites pour finalement revenir à une voilure plus raisonnable. Je pense que je laisserai mourir Au Joyeux Végé un jour, faute d’interêt de la communauté vegan. Le site a pourtant une fréquentation constante qui prouve son utilité. Icezine, la version (géopolitique) de ce blog, reprend du service à l’approche des élections et Histozic s’obstine malgré le désintérêt du public pour les découvertes musicales. J’ai fini de jouer avec les outils statistiques, à en découvrir les arcanes, fonctionnant maintenant en aveugle sur la fréquentation, même en WordPress. Je ne vois toujours pas le bout de cette période pseudo-social de l’internet ou plutôt si, je la vois ailleurs que sur ce réseau, dans une recomposition parallèle, l’avenir de cette planète me paraissant bien sombre. On en a clairement fini du web gratuit et du financement par la pub. Il faudra soit accepter le futile dans les réseaux sociaux, soit le payant plus ou moins fiable….jusqu’à nous réinventer aillers. Mais ai-je encore envie d’en faire partie et d’en parler ? … tant il me semble m’user à en parler autour de moi sans voir de réaction à toutes ces pertes de libertés. Je crains bien de vous emmerder encore quelques années ici et ailleurs … hé hé. Bonnes fêtes, à l’année prochaine.

Publicités

8 réflexions sur « Bilan geek et auto 2015 »

  1. Lemmy est mort :/
    Sinon côté JV, renseigne-toi sur les indés, y’a de vrais pépites…
    Je joue ne ce moment à Sherlock Holmes (PS4) et je trouve ça très sympa.
    15 € le jeu.
    Si on arrête de croire aux promesses des vendeurs de matos (ordis ou console), on se reconcentre sur le fun et le gameplay et on trouve plein de trucs sympas.
    Ce n’est pas parce qu’un jeu est « moyen » ou « nul » que tu ne t’éclates pas.

    J'aime

    1. Il reste en effet les jeux indés sur console mais ça a baissé aussi par rapport à deux ans auparavant. Les gros studios sont passés par là et reconcentrent tout. Les ventes des indés ne sont plus au même niveau qu’avant…
      Il y a bien longtemps que je privilégie le fond à la forme dans les jeux…Mais pas de ps4 ou xboxone, j’ai plus assez de prises 😛

      J'aime

  2. N’étant pas conducteur (à plus de 41 ans, quelle hérésie), j’observe les constructeurs automobiles se faire prendre la main dans la pot de confiture avec leurs moteurs truqués pour passer les tests anti-pollutions.

    Pour internet, je suis d’accord avec ton constat. Mais j’ai comme l’impression que Facebook est désormais pris dans une spirale du « ça passe ou on crève » car il est tel un Microsoft : un colosse aux pieds d’argiles.

    Il a survécu à ses jeunes années, mais maintenant, il devient mature et chiant au possible. Ne pas avoir de compte chez le fesseur de caprins est une autre hérésie de nos jours 🙂

    Le financement par la pub ? C’est net qu’il atteint ses limites, mais il faut dire que nombre d’acteurs ont tendus le bâton pour se faire battre.

    Que des sites disparaissent, c’est la vie. Je ne pleurerais pas sur la disparition de certains sites de blogueurs qui sont tombés dans la production à la chaîne d’articles sponsorisés à peine retouché. Au contraire, la qualité globale de l’information n’en sera que meilleure.

    J'aime

    1. Pour les moteurs truqués, j’ai écrit en long en large et en travers ce qu’il en est… L’acheteur n’en a finalement pas grand chose à faire, tant que ça ne touche pas son portefeuille ou sa capacité à se déplacer. J’observe également (mais c’est ailleurs que j’en parlerai) l’absence de volonté politique d’aller contre le tout voiture avec toujours plus de centres commerciaux hors des villes, une américanisation de l’urbanisme.

      Pour Facebook, c’est aussi une fuite en avant : Offrir plus pour que le client n’aille pas voir ailleurs. D’où les rachats, les partenariats, etc… On sait que rien n’est éternel et la lassitude finira par gagner l’utilisateur. On a souvent parlé de la mort de Facebook, moi le premier, mais sa facilité d’intégration a joué pour lui. D’une certaine manière, le réseau est mort pour une partie des utilisateurs techos, mais il a su muter pour le grand public. C’est un peu comme la Fnac, c’est plus aussi bien qu’avant mais tout le monde continue à y mettre les pieds.

      J'aime

  3. Diaspora a su se faire un nom dans le monde des réseaux libres et fédérés. 2015 a été l’année de Hubzilla. Une vision de son créateur peut être un peu trop en avance sur son temps. Un outil robuse de publication fédéré. C’est un nom moins connu car il n’y a pas eu d’argent pour en faire la promo contrairement à Diaspora mais la qualité du produit dira ce qu’on en fera à l’avenir

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s