Réseau social : dis moi qui tu suis, je te dirais qui tu es…

L’utilisation des réseaux sociaux aurait modifié notre comportement d’internaute. Agressif, plus fermé, l’internaute d’aujourd’hui serait pire que celui d’hier ? …. à moins que l’on ne voit que ce que l’on veut.

Si je regarde juste l’évolution de l’utilisation du réseau leader, le truc de Zucki (oui, on est intime depuis qu’il sait tout sur moi), je constate que l’utilisateur d’hier allait voir les « amis » d’amis auparavant, discutait de sujets au lieu de simplement « liker » ou mettre un commentaire tenant en une ligne. Et quand les débats ont lieu, il ne faut pas beaucoup de temps pour que cela dégénère en un pugilat. A ne regarder que cela, on donnerait raison à l’hypothèse du « c’était mieux avant ». Mais tout outil a ses revers. Des débats, il y en a depuis les débuts du net, déjà sur les BBS et les forums et le trollisme n’a pas attendu le net 2.0 pour exister. Mais peu à peu, l’utilisation du réseau social a créé de nouvelles barrières. Si au départ, nous ajoutions/acceptions des « amis » par affinité ou relation avec une autre personne de notre réseau direct, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a eu repli sur soi, avec des conséquences positives sur les fuites de données personnelles, mais des conséquences négatives sur l’ouverture d’esprit.

En n’acceptant plus de contradicteurs parmi ses contacts, ou en fermant au « public » les posts, on ne facilite pas la discussion et l’ouverture à d’autres visions. En regardant ma propre pratique, j’ai bien constaté que j’ai coupé les ponts avec certains par lassitude à les voir « troller » systématiquement mes posts. Et tant pis si parfois ils apportaient quelque chose d’intelligent et sensé. Ce faisant, je n’ai conservé que des personnes modérées, peu loquaces parfois et ce n’est plus forcément très motivant. Sur le blog politique, j’accepte plus facilement la discussion et cela tient à la nature même du flux d’information entre <Pull> et <Push>.

Dans un système de <Pull>, c’est l’utilisateur qui vient chercher volontairement l’information. Il vient sur un site qui l’intéresse, cherche, est curieux. Si par hasard, il s’est abonné au flux RSS, c’est un peu différent car il peut avoir l’information qui remonte automatiquement ( Push) ou bien filtrer selon ses critères dans son flux, aller voir le détail. Dans le système institué par des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, c’est l’imposition de flux d’informations, parfois filtrés par les algorithmes du réseau de manière indépendante de notre volonté. En se sentant ainsi esclace de l’information, on choisit alors de ne plus avoir que ce qui nous intéresse vraiment et ne plus être curieux sur des sujets qui auraient alors pu nous intéresser. Cela sera pareil dans la sélection de ses amis, puisque nous finirons par supprimer ou filtrer ceux qui postent des dizaines de liens et messages par heure. Dans ce vaste flux d’information, ce qui était réellement pertinent pour nous, nous échappera. Et celles qui auraient pu nous apporter une ouverture culturelle, politique, philosophique nous sera également étrangère. Nous restons ainsi très vite dans notre zone de confort.

On reproche ainsi la constitution de réseaux sociaux « à thème ». J’avais grogné à l’époque de la création d’un réseau social « végétarien », ce qui ne faisait que favoriser l’entre soi. On reproche souvent à Diaspora* d’être aussi dans l’entre soi, surtout au niveau de la vision du monde des technologies et de l’informatique. On est effectivement souvent dans une vision très « alternative » ou anarchiste du monde mais on rencontre heureusement des personnes  plus libérales, mais aussi carrément racistes, ce qui est un revers de la médaille. Chacun tente de faire vivre sa vision et la confrontation reste difficile. L’absence de « like » sur les commentaires n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose, obligeant à rajouter quelques mots pour abonder dans un sens. Sur Google +, c’est aussi complexe car le réseau ressemble plus à un ensemble de flux RSS qu’à un équivalent de Facebook avec des « statuts » et autres humeurs du moment. Cela ne facilite pas la communication car, comme chacun sait, moins de 10% des internautes vont lire les liens complètement. On partage et on commente trop souvent sur la foi d’un titre ou d’une image.

A cela, l’ingénièrie sociale peut répondre que selon qui et quoi on suit, on sait formuler le profil d’un individu. Ainsi mon profil Diaspora et les personnes que je suis permettraient sans nul doute de dessiner une tendance. Ca sera plus dur par contre sur Twitter puisque je n’ai plus qu’un compte dédié musique. Mais il pourra tout de même dessiner la tendance des goûts musicaux. Faites un test avec le profil d’un ami, sur un gros réseau social et écrivez ce qui apparait le plus souvent comme thème, quels sont ces gouts, les personnes qu’il cite le plus souvent ou retweet/repost et vous verrez que l’on peut décrire assez finement l’individu, ou au moins la vision qu’il veut donner à l’extérieur. Car évidemment l’erreur est aussi de ne pas prendre en compte le phénomène de « double numérique » qui peut être un personnage créé, un avatar, même si on utilise le même nom. Mais finalement, c’est aussi vrai dans la vie de tous les jours où nous renvoyons parfois une image très différente de ce que nous sommes dans le privé.

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