Géopolitique : Azerbaïdjan – Arménie, La guerre silencieuse

Parmi les nombreux conflits qui continuent dans le monde, il y a celui qui concerne l’Azerbaïdjan et l’ Arménie, au sujet du Haut-Karabagh. Et aujourd’hui, la guerre devient « silencieuse » et cyber !

Il faut rappeler que le conflit qui oppose les deux pays a officiellement eu lieu entre 1988 et 1994. Il s’agit d’une enclave arménienne située en Azerbaïdjan et qui avait voulu être rattaché à l’Arménie à la suite d’un référendum, puis d’un soulèvement militaire. Pendant la période de conflit officiel, ce sont plus de 1millions de personnes qui ont été déplacées dans cette zone. On estime à 35000 le nombre de victime, mais on en sait moins depuis le cessez-le-feu du 16 mai 1994, quelques escarmouches émaillant régulièrement les villes de la région. Le rôle de la Russie a souvent été dénoncé par les deux camps. Il s’agit vraisemblablement de mercenaires, tant l’armée russe était sous-payée à cette période et même encore maintenant. L’origine de cette guerre est lointaine et tient beaucoup aux nombreux déplacements de populations dans cette région, durant les diverses dominations. Sans enjeu économique, cette guerre reste dans le silence des médias. Mais la Géorgie ou l’Ingouchie avaient-elles des enjeux économiques pour la Russie ou seulement géo-stratégiques?

Aujourd’hui la guerre a lieu ailleurs, comme le rapporte le site ZATAZ. Des groupes pirates des deux camps attaquent des sites gouvernementaux ou bancaires avec ce que l’on appelle des attaques par Déni de Service (abréviation DDoS pour la version « distributed »). C’est un des types d’attaque les plus courantes qui vise à surcharger de demande des serveurs pour en empêcher l’accès. On pourrait comparer cela à un bombardement d’artillerie.

Le rôle de la Turquie, support de l’Azerbaijan (linguistiquement apparenté) est à souligner. A travers ce conflit, la Russie entreprend de reprendre la main sur cette région périphérique et historiquement soviétique (comme auparavant dans les conflits des petites républiques du Caucase). Les manœuvres russes pour pousser l’Azerbaijan à l’offensive ont été soulignées en cette fin d’année 2015, début 2016. A jouer sur les deux tableaux, la Russie affaiblirait les deux parties, tout en s’adjugeant de juteuses ventes d’armes, mais pousserait aussi à Turquie à l’intervention, ce qui ajouterait encore aux contentieux entre les deux pays. En ce début Avril, les hostilités ont repris coté Azéri, sans provoquer une escalade totale du conflit.

Comme on peut le voir sur la carte ci dessus, le territoire azeri est déjà divisé avec le Nakhitchevan proche de l’Iran, ce qui ne facilite pas non plus un réglement pacifique. Ce même Nakhitchevan a fait l’objet d’une révolte au début des années 90 ayant abouti à la fuite de la minorité arménienne.  Aucune ressource du sous-sol n’explique aujourd’hui ce conflit qui remonte à l’époque de l’empire ottoman, de la grande Russie et de la Perse. Le conflit est utilisé à des fins nationalistes dans un contexte économique difficile. La stabilisation de la situation économique des deux pays aiderait sans doute à une convergence, voulue par le Groupe de Minsk à l’OSCE. Mais en étant les représentants de la rivalité Russo-turque, les deux béligérants ne permettent pas de portes de sortie, comme on a déjà pu le constater dans le conflit kurde et syrien. Ajoutons au passage qu’une faible minorité kurde existe au Nakhitchevan ce qui pourrait réveiller des tensions dans le futur, en fonction de la résolution du problème kurde.

Aujourd’hui, le conflit est absent des radars internationaux, trop occupés que nous sommes avec les migrations en provenance de Syrie. Il ne faudrait pourtant pas oublier que l’Azerbaijan garde un lien plus fort avec la Russie (notamment économique), aujourd’hui, qu’avec la Turquie. Le régime d’Ankara essaye sans doute d’utiliser ce conflit en périphérie pour affaiblir son adversaire , mais ne le rend-il pas plus fort dans son industrie militaire ? Là encore, voilà un conflit qui perturbe grandement les solution de paix pour les autres conflits du proche-orient.

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5 réflexions sur « Géopolitique : Azerbaïdjan – Arménie, La guerre silencieuse »

  1. Très intéressant. Pour les raisons de ce conflit, n’y aurait il pas un oleoduc ou un gazoduc financé par l’Europe qui ne serait pas loin? Et est ce que ce conflit ne serait pas pas un moyen de pression supplémentaire sur les l’UE pour la levée des sanctions?

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    1. Il existe un oléoduc partant de Bakou et rejoignant la Turquie via la Géorgie et contournant L’Arménie. Les prolongations concernent l’Asie centrale…Donc pas de rapport avec le haut karabakh

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