Musique : Ibrahim Maalouf – Red and Black Light (2015)

C’est l’artiste Jazz dont on parle le plus en ce moment avec un album baptisé sobrement « Red and Black Light », son huitième.

Trompettiste et pianiste, Ibrahim Maalouf est né au Liban en 1980. Avec son propre label, il enchante le monde depuis déjà une décénie avec ses compositions alliant de nombreuses influences. Il faut dire qu’il est tombé dedans tout petit, enfant d’une famille de musicien. Il passe son enfance en France, loin des bombes qui déchirent son pays. Dès le plus jeune age, il accompagne son père, trompettiste sur des répertoires variés qui lui donneront certainement cette curiosité. Cela l’amènera à dépasser les frontières d’un instrument connoté Jazz qu’il amène dans un registre pop ou même rock.

C’est bien le cas avec ce magnifique album sorti en 2015. Inutile de faire durer le système ! Si cet album fonctionne, c’est parce qu’en bon album jazz fusion, il mêle les genres. Ca commence comme un jazz plutôt classique avant de nous emmener sur des sonorités plus électro (Free Spirit), avant d’aller sur un terrain plus rock (Essentielles). La trompette avait rarement sonné avec cette modernité, comme une voix d’un chanteur sur un titre enfievré. Maalouf prend parfois des accents Tierseniens (Goodnight Kiss) mais c’est pour nous surprendre par des rythmiques et revenir à un jazz plus libre. Sa trompette s’envole alors dans des mélodies dont il a le secret. On pense parfois à du Stevie Wonder avec des sonorités organiques. Car il y a du funk dans ce jazz là, du RnB et du tout bon.

Le titre qui donne son nom à l’album a tout d’un hit radiophonique comme a pu le faire Kavinsky. C’est envoutant, prenant avec des accents orientaux ou pop. On se délecte de ces petits arrangements avec les notes, de ces petits détails autour d’un gimmick de trompette qui évolue peu à peu (Escape), de ces rythmiques qui se télescopent (Improbable) de cette trompette qui semble parfois voix de femme. On y reconnait quelques structures des chants orientaux, si complexes et envoutants. Mais c’est pour revenir sans cesse à des bases jazz si familières que tout paraît facile, évident. Et tout se termine par une étonnante reprise, celui du « Run the World (girls) » de Beyonce. Moins punchy que l’original, le titre n’en est pas moins intéressant, presque maternel. L’album se voulant un hommage aux femmes, cela ne pouvait se conclure autrement.

Ibrahim Maalouf est incontestablement un des musiciens les plus complet du moment, aussi à l’aise dans son univers de base que dans toutes les musiques qui nous entourent, celle du 21ème siècle. Ce dernier album ne se suffit pas à lui même, donnant l’envie d’en avoir encore plus….

Iceman

Avec Eric Legnini (Claviers), François Delporte (Guitare) et Stephane Galland (Batterie)

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