Culture : Phallaina ou l’autre voie de la BD numérique ?

Ce n’est ni le premier essai de roman graphique numérique, ni le dernier mais je profite de celui-ci pour parler de la BD sur smartphone/tablette/ordinateur.

Phallaina est une BD d’un autre genre, comme un immense rouleau numérique de dessins avec des bulles. Marietta Ren, son auteure, y manie avec grace le noir et le blanc dans un dessin à la fois réaliste et onirique. Plus de cases, plus de planches mais un fil à dérouler avec l’écran tactile, de droite à gauche. C’est à la fois intéressant par la forme mais aussi pour le fond, l’histoire. Le tout est accompagné d’une ambiance musicale, et d’effets « 3D » lors du déroulement de ces cases.

Car jusqu’ici, la BD en numérique, ce sont des téléchargements légaux ou illégaux d’albums, en fichiers images, en PDF ou dans un logiciel/appli propriétaire. Soit c’est la case qui apparaît, soit c’est la planche et il faut zoomer la plupart du temps pour lire l’histoire. Cela donne un carcan trop rigide au neuvième art. Paradoxalement, ce sont les mangas qui ont le format le plus adapté à ce type de lecture car la page y est plus petite. Mais la BD en numérique reste un parent pauvre du livre numérique. Aussi attend-on d’autres possibilités d’expression, directement pour le numérique.

phallaina

On parle souvent de « roman graphique » pour ces oeuvres un peu plus ambitieuses, mais la BD est bien souvent une nouvelle ou un roman écrit de manière graphique, se rapprochant souvent du cinéma par son découpage. Il y en a de multiples formes et cette enième expérimentation numérique en est une de plus. J’y vois plus une expérience sensorielle car le sujet s’y prète. L’héroine, ses hallucinations, ses capacités hors du commun sont en effet le prétexte à plonger complètement dans l’histoire, sans mauvais jeu de mot. J’irai même juqu’à dire qu’on peut la lire avec un casque sur la tête.

Reste que si le livre et sa version numérique peuvent avoir une source commune, dissocier les deux dans le cas de la bande dessinée peut poser problème. J’imagine mal ce Phallaina en livre papier aujourd’hui. J’imagine mal aussi certaines BD très artistiques en numérique lorsque la planche est très riche avec peu de cases. Y-aurait-il à l’avenir une place pour l’art numérique dans sa grande diversité ? Dans ce cas, certains jeux vidéos sont des oeuvres d’art et je pense autant au mythique Rez, qu’à des jeux très graphiques comme Okami (tu vois, Cyrille, je te cites ah ah ), ou des jeux qui ont ensuite inspiré des artistes par leur style. Aujourd’hui, il y a du pixel art, un inspiration jeu vidéo dans le street art, autant qu’une inspiration de la Bande Dessinée.

La BD reste un art protéiforme et on devrait même réunir cela avec l’illustration. Elle en est un prolongement, selon moi et évolue à son tour. Et comme on aime mettre l’art dans des cases (sic!), on a tendance à croire qu’elle ne peut être qu’un livre. Je fais confiance au vivier d’auteurs de par le monde pour la réinventer, nous surprendre et nous inviter à la « consommer » sous toutes ces formes. Je l’imagine déjà en 3D, en hologrammes, en interactivité, en tranches de vie….

Phallaina, à lire, voir et entendre ici : phallaina.nouvelles-ecritures.francetv.fr/

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