Environnement : réchauffement climatique et croyance

Il y a longtemps que je n’avais pas parlé environnement et j’ai replongé dedans en testant des MOOC. Oui, vous savez, des Massive Online Open Courses, ou cours magistraux en ligne. L’un d’eux, dispensé par l’université du Queensland en Australie est baptisé : Denial 101X. Son sujet est le déni du réchauffement climatique et de ses causes.

« Climate change is real, so why the controversy and debate? Learn to make sense of the science and to respond to climate change denial. »

Comme souvent avec les MOOC, c’est en anglais mais les sous-titres peuvent aider. Pas besoin non plus d’aller sur la plateforme EDX, car les vidéos sont disponibles sur Youtube. EDX sert si vous voulez approfondir par les quizz, exercices et bibliographies. La session se termine d’ailleurs bientôt. Ce qui est intéressant sur ce sujet c’est de revoir le pourquoi du scepticisme qui continue de régner sur le sujet. Je me suis donc amusé à un petit questionnaire en ligne auprès d’un échantillon de population qui paraît informé, auquel je rajoute quelques amis, collègues et ça donne une question simple :

Selon toi, est-ce que le réchauffement climatique est majoritairement de cause humaine ?
  • Oui l’humain est le premier responsable
  • Non il y a d’abord d’autres causes
  • Je n’en sais rien

On se retrouve avec un résultat proche de ceux avancés par ce MOOC :

chgtclimat

C’est en effet entre 20 et 30% de la population qui ne sont pas catégoriques sur cette question simple. Du coté des climatologues, une catégorie scientifique restreinte regroupant plusieurs spécialités, c’est 97% de OUI. Plus on s’éloigne de la spécialité du climat, plus la communauté scientifique se disperse mais reste favorable au oui à au moins 67%, ou 85% chez les météorologues. Alors pourquoi un tel résultat chez le grand public? Pourquoi croit-on finalement plus des leaders politiques, des non spécialistes du sujet ?

D’une part, par la complexité du sujet qui regroupe beaucoup de spécialités différentes et donc n’en facilite pas la lecture. D’autre part parce qu’il faut faire une différence entre la masse des études le prouvant, et la masse des études qui sont médiatisées. Lorsqu’on entend plus un Claude Allègre qu’un climatologue inconnu, cela va dans une distorsion de la réalité. Le fait qu’on parle plus de tricheries du GIEC que de la corruption de certains scientifiques par l’industrie pétrolière est un autre point important. Comme souvent les capitaux et lobbies sont plus importants d’un coté que de l’autre ce qui va tendre aussi à distordre la réalité et alimenter de fausses vérités. On a vu, lors de la COP21 la présence massive des grandes entreprises les plus polluantes de la planète. Elles ne sont pas là que pour le Greenwashing, croyez le bien.

Le MOOC s’emploie donc ensuite à fournir les vrais éléments scientifiques afin de contrer tout cela, de manière didactique, même s’il faut vraiment prendre le temps pour assimiler cela, avoir un parcours scientifique suffisant pour pouvoir retranscrire et reformuler soi-même, d’autant qu’il faut trouver des termes français équivalents. L’expérience est intéressante à titre personnel et on pourra trouver des sujets en français sur d’autres plateformes dans des domaines très variés.

Maintenant, ce qui est plus intéressant, c’est de s’attaquer soi-même à ces croyances. Je ne vais pas le développer dans cet article, mais chacun peut apporter sa petite pierre, ne serait-ce qu’en discutant avec un climatosceptique pour comprendre la source de sa croyance. Le site Manicore est un exemple de support complet sur le sujet, avec toute la verve de Jean-Marc Jancovici. C’est parfois ardu à déchiffrer pour ce qui est des schémas, pour quelqu’un qui ne manie pas le camembert et l’histogramme tous les jours, mais il a le mérite d’aller reprendre les bases du climatoscepticisme. On a bien d’autres équivalents en anglais, ou multilingues  comme skepticalscience. Car au fond, de qui viendra le changement ? Du comportement des individus, motivé souvent par de l’argent. Si on se déplace moins en voiture, par exemple, c’est souvent à cause d’une augmentation du prix du pétrole. On a pu le voir ces derniers mois aux États-Unis. Mais en même temps, il faut regarder des sujets très divers comme l’aménagement du territoire lorsque l’on crée des centres commerciaux gigantesques sous le prétexte de l’emploi, sans voir les conséquences à long terme.

Mais les humains que nous sommes ont tendance à réagir à des menaces plus matérialisées, directes, même s’il s’agit de notre progéniture. Le lien entre inondations et réchauffement climatique n’apparaît pas évident. Lorsqu’il y a des tempêtes de neige importantes, les climatosceptiques se réjouissent alors qu’elles sont la manifestation de changements et qu’il faut regarder de manière globale. Tous ces petits réflexes mentaux sont à acquérir aujourd’hui pour ne pas laisser la science aux seuls scientifiques, dans leurs coins. Reste maintenant à toucher chaque personne et là, un ou deux MOOC ne suffisent pas.

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