Souvenir de Gamer : Final Fantasy (1987 à nos jours)

Il serait extrèmement long de couvrir l’ensemble de la saga Final Fantasy. D’autant que les jeux, bien que portant le même nom, n’ont souvent rien à voir les uns avec les autres. Mais avec la récente sortie de la version BRAVE EXVIUS pour Android, il n’est pas inutile de revoir les fondamentaux.

Mon premier contact avec la série a été, comme beaucoup de joueurs, avec la version VII sortie sur la Playstation. Si l’aura de la série était déjà conséquente avant, avec la mythique version VI, il fallait alors avoir une version import US sur la SNES et parler anglais. Ce n’est pas grave, j’aurais l’occasion d’y jouer plus tard, à la fois via les remakes mais aussi en émulation. En effet, il faudra attendre 8 ans pour voir une version européenne portée sur la première console de Sony, soit au moment de la fin de cette console, quasiment ! Et à l’époque, Square soft (pas encore Square Enix) ne s’était pas trop embarrassé à faire des cinématiques en plus.

Mais revenons à cet épisode qui a fait exploser la série aux yeux du grand public, et tout le genre Japan RPG (jeu de rôle à la japonaise). Final Fantasy VII restait classique dans son fond avec des cartes à explorer, des combats aléatoires, et des lieux où l’on rencontrait des personnages, des boutiques où acheter des armes, des armures, des potions. Dans les combats, on voyait déjà le petit résumé des caractéristiques des personnages en bas de l’écran et le combat se dérouler au dessus. Tout cela restera une constante et on retrouve la même chose chez son concurrent de chez Enix, Dragon Quest. Ce qui a révolutionné le genre, c’est l’apport de ce qu’on appelle les cinématiques, des petites séquences « vidéo » qui deviendront bientôt de véritables films en image de synthèse. Et les puristes du RPG à l’ancienne reprochaient un chemin trop scripté et guidé bien qu’il reste des phases de type « dongeon ».

Mais les fameuses cinématiques sont  aussi ce qui va tuer la série pour un joueur comme moi, attaché surtout à l’histoire, à l’aventure et pas seulement au clinquant, aux effets et aux combats. Imaginez que la version VII tenait alors sur 3 CD pleins à craquer et promettait au moins 80h de jeux. Mais ce qui a fonctionné surtout, c’est cet univers où l’on dirigeait un groupe d’éco-terroristes dans un monde onirique et futuriste dirigé par la Shinra et qui exploite une planète jusqu’à l’extrême. On se prenait vite d’affection pour le héros, Cloud/Clad, et ses amis Barret, Tifa, Aeris… Le scénario réservait des surprises, des rebondissements et avait aussi son lot de méchants, comme le mystérieux Sephiroth. Des noms qui résonnent encore dans la mémoire des près de 10 millions de joueurs.

Pour progresser, il faut non seulement aller voir tous les personnages secondaires qui nous donnent des indices pour progresser, résoudre quelques énigmes, mais évidemment gagner des combats. Pour battre les boss, il n’y a pas d’autre choix que de « leveler », c’est à dire faire des combats aléatoires mineures pour développer ses compétences avant de revenir dans l’intrigue principale. A l’époque, on jouait à plusieurs et parfois même, on copiaient les sauvegardes des cartes mémoires pour aller un peu plus vite ensemble. C’était aussi au premier qui arrivait au second puis au troisième CD. L’épisode VII reste un de mes préférés, comme pour beaucoup de joueurs.

Mais vient alors l’épisode VIII, le mal aimé. Les personnages ont des looks de surfers californiens (ce qui sera pire ensuite) et là, on est dans un univers plus space-opera. Les cinématiques gardent une place importante mais sans excès. Reste une autre constante : La musique de Nobuo Uematsu, déjà présente sur les versions SNES. Ce n’est pas pour rien qu’on en sortira des versions symphoniques plus tard. Là aussi, les thèmes restent ancrés dans la mémoire collective. Mais dans cet épisode VIII, les personnages et l’équipe sont décevants. C’était une autre équipe qui s’en occupait, en alternance avec celle des épisodes impaires. Les joueurs auront donc droit à un épisode IX à la fin de la carrière de la Playstation et qui ira dans un registre plus heroic-fantasy, mélé d’un peu steampunk. C’est surtout l’épisode dont le héros s’appelle Djidane ou …. Zidane dans la version anglaise. J’ai un attachement particulier à celui -là, pour la qualité de son univers, de ses personnages secondaires, à défaut d’avoir une intrigue au top. Mais les cinématiques commencaient à devenir longues. Il faut dire que Square préparait un film en image de synthèse, l’un des premiers au monde.

Et là, c’est le drame….Le film est un four et Square est au bord de la faillite. Square et Enix s’allient. Mais entre temps, la PS2 est sortie et avec elle, le premier opus « next Gen » de la licence Final Fantasy. La couverture parle pour elle : Un surfer blond à la plage ? Entre l’univers raté, les cinématiques à n’en plus finir, un système de combat et de gemmes alambiqué, j’ai laché vite l’affaire sur celui ci. Et en même temps, je me disais que c’était un épisode pair, donc mauvais. J’ai donc attendu le 11…pardon, le XI. Oups, il est online et là, on ne peut pas dire que ce jeu ait rencontré le succès d’un World of Warcraft. J’ai donné une chance au XII et ses innovations concernant le système de combat mais là encore le manque de rythme et les cinématiques ne m’ont pas captivé comme auparavant. Sans parler que ces jeux coûtent cher à produire pour Square Enix et cela n’arrangera pas cette licence qui verse ensuite dans les spin-off.

Pour moi, le seul spin-off valable fut le Final Fantasy Tactics, dont la version Playstation et Game Boy Advance feront honneur à la licence. Il s’agissait d’un jeu de tactique/RPG (tactical RPG) très bien réalisé et utilisant un univers proche des autres FF. Je n’ai pas joué à la version Nintendo DS (le A2) ni à celui sur PSP qui est en fait un remake du premier. Pendant des années, j’ai vu passé des trucs boursoufflés vaguement inspirés par Final Fantasy comme les Mystic Quest, les Legend et le dernier dont j’avais parlé sur Android : Record Keeper. Infâme ! Je n’avais plus trop d’espoir de retrouver un jeu acceptable et je m’étais résigné à aller voir du coté de la licence Dragon Quest, qui a enfin atteint l’Europe.

Mais voilà que ce mois-ci est sorti un Final Fantasy BRAVE EXVIUS sur Android. Cette fois-ci on retrouve quelque chose qui oublie les abus de cinématique, qui est adapté à un usage mobile (possibilité de sessions courtes) tout en gardant de la profondeur, qui a un système de combat intéressant sans sombrer dans la complexité, qui reste accessible au grand public comme aux fans hardcore. Il y a des défauts, notamment dans l’interface. On peut lui reprocher un financement par l’achat en ligne avec des tarifs abusifs mais c’est bien plus acceptable que les portages des anciens épisodes à coup de 8 Go ! Et on peut jouer gratuitement sans problème aussi. Le jeu est exclusivement en ligne, avec un système d’amis pour créer une sorte de sociabilité, des échanges d’éléments. Les personnages sont des reprises des épisodes précédents, ainsi que les ennemis mais tout cela semble plutôt cohérent. On retrouve les explorations de villes, les labyrinthes/dongeons et les combats. Cela promet de bonnes heures de jeux avec des ajouts, comme des quêtes temporaires pour glaner des récompenses. Bref, Square Enix a fait évoluer la licence tout en gardant enfin des fondamentaux. De quoi capter une nouvelle génération de joueurs, ceux qui ont connu les épisodes PSX, voir ceux qui ont découvert le jeu sur PS2 et PS3. A l’heure qu’il est, il manque encore une histoire qui porte l’ensemble, les deux héros choisis n’étant pas exploités totalement. Il manque aussi un/des méchants que l’on retrouve au fil des niveaux. Il ne faudrait pas que tout cela reste dans le simple leveling. A suivre donc…

A noter que le jeu se joue exclusivement en vertical, ce qui est plutôt pratique, finalement. Et puis, rien que le bonheur de réentendre les thèmes de Uematsu en jouant n’importe où…..

Final Fantasy Exvius sur iOS et Android 4.0

 Edit : J’aurais du citer aussi la palanquée de compilation et remakes sortis, avec pour certains des refontes du scénario comme pour le Final Fantasy III sur DS qui vaut le détour malgré une réputation moindre que ses ainés. Il y a notamment un système de classe et un univers intéressant bâti autour de tout cela. On reste par contre dans de l’heroic fantasy à la japonaise.

7 réflexions sur « Souvenir de Gamer : Final Fantasy (1987 à nos jours) »

  1. Aaaaah, Final Fantasy…

    Mes favoris sont le VIII, le IV et le V 😛

    J’ai un attachement particulier au VIII car il changeait complètement la donne par rapport au précédent, à savoir :

    – Des personnages matures qui ne sont plus représentés en style SD les 3/4 du temps. N’en déplaise aux « puristes » que j’ai pu croiser IRL, ça a énormément contribué à occulter l’ambiance pourtant géniale du titre.
    – Le système de combat qui m’a toujours semblé moins ésotérique tout en étant juste complexe comme il faut.
    – C’est mon frangin qui avait la PS1, moi c’était la Saturn. Cependant, l’idée de lui offrir à Noël le superbe coffret collector, c’est bibi qui l’ait soufflé à môman. Et ça a donné un réveillon difficile à oublier 😉
    – Il y avait bien Aerith-pureté-personnifiée ainsi que Tifa et ses énooormes « arguments », mais face à Senpaï Quistis et Selphie-chan, bon…

    Le VII est un monument qui n’a vraiment péché à l’époque que par sa misérable localisation effectuée au lance-cailloux à partir de la version Américaine. Hérésie par ailleurs récemment absoute grâce au travail acharné de fans qui ont été jusqu’à produire un patch mémorable, à savoir le patch Néo-Midgar (http://ff7.fr/neo-midgar/) Que ne ferait homo sapiens s’il n’avait la passion 🙂

    Pour ce qui est des autres :
    – J’ai énormément joué et apprécié les IV et V sur la compilation « Final Fantasy Anthology » sur PS1. Le IV pour les personnages (Cecil, Rydia etc…) et l’histoire, Le V pour son système de combat dément (Les jobs !!!)
    – Je n’ai pas touché au VI : Je ne sais pas pourquoi, il ne m’a jamais intéressé, je suis un hérétique je sais 😦
    – Le IX était super : L’ambiance, les personnages, les bateaux volants (L’Invincible !!!) et l’hallucinante quête des Chocobo : Au bout, je n’ai jamais pu ne serait-ce qu’entamer les HP de Gaïa par contre…
    -C’est au X que j’ai fini par divorcer de la série. Bon si je me suis permis une folle virée sur FF X-2, c’est plus pour de libidineuses raisons. Mais cette racoleuse façade franchie, il s’est avéré être en définitive un grand jeu 😉

    Le autres m’ont parfois tenté, mais je ne m’y suis jamais lancé. Les RPG sont une catégorie particulièrement chronophage et les années aidant, je me suis tourné vers d’autres genre de jeux faute de temps.

    Mais je n’exclue pas d’y revenir un jour. D’ailleurs, un certain Chrono Trigger me fait toujours de l’œil…

    1. c’est vrai que le VIII avait en effet des personnages au design plus « réaliste » mais ce n’est pas ce qui m’a dérangé ….ou alors inconsciemment ? Mais tu as raison sur le système de combat, par contre. ça n’a pas forcément fait école. Et je n’ai pas accroché au scénario et à l’univers. Peut être étais je trop heroic fantasy à l’époque ?
      J’avais oublié en effet la traduction du VII qui faisait rire.
      J’ai oublié de citer le III, souvent oublié et que la sortie DS avait remis en lumière. Là, c’était le système de classes qui était intéressant, et on peut même faire quelques parallèles avec des Dragon Quest sur ce point.

      C’est vrai que le temps manque avec l’age et surtout quand c’est sur console de salon. Sur portable et mobile, on arrive à dégager des temps morts et à progresser « en famille » en se filant les astuces. La sortie du dernier est donc bienvenue même si il a fallu faire des concessions par rapport à un « vrai »

      Quant à Chrono Trigger, je me le suis procuré trop tard et je n’ai jamais pris le temps d’y jouer suffisamment pour savoir si il est à la hauteur de sa réputation.

  2. FF VII était le premier jeu de la série dispo en France pour le grand public, que de bons moments passés à jouer.

    Et tu m’as fait plonger dans FF Brave Exvius ! Il est vraiment très bien : on retrouve le charme des FF sur mobile, ce qui permet de jouer un petit moment, s’arrêter, reprendre quand on veut.
    L’histoire est un classique du genre et les combats au tour par tour ont ma préfénce. On peut prendre le temps de réflechir à ce qu’on veut faire.

    Bref, merci !

    1. A noter que le timing des attaques donne droit à des composants parfois très efficaces. Et les personnages rares ont des puissances à débloquer en les « éveillant ». Madame Ice est bien plus avancée que moi 😀

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