Musique : Rick Springfield – Rocket Science (2016)

rickspringfieldLe genre AOR (Adult Oriented Rock) n’a jamais été très populaire en France. Aussi ne s’étonne-t-on pas du peu de place accordée à Rick Springfield dans notre vision du Rock. L’album Rocket Science est l’occasion de parler de cet artiste qui aligne les bons albums depuis plus de 40 ans.

Rick Springfield est australien mais a émigré aux Etats-Unis dès la fin des années 70, pour y poursuivre une double carrière d’acteur et de chanteur. Voilà qui n’aide déjà pas à la reconnaissance française! On le connait alors pour son rôle dans le Soap Hopital Central (diffusé sans succès sur TF1 dans les années 90) mais il a commencé surtout en temps que musicien, rejoignant le groupe Zoot à 20 ans, avant de signer pour des majors en solo. Il a du mal à se défaire de son image de musicien pour ados dans ces années 70. Son style reste un rock très pop avec une voix à la fois maléable et assurée. On lui reconnait déjà des qualités de mélodiste. Il faudra attendre 1981 pour qu’il atteigne le succès avec l’album « Working Class Dog » qui lui vaudra un Grammy Award. Les albums se succèdent dont « Living in Oz » et son hit du même nom, dans un style entre Hard Rock FM et AOR. La plupart des titres sont des compositions de Springfield, à part quelques reprises. Comme tant d’autres artistes de cette époque, il vivra une longue traversée du désert dans les années 90. Ses mélodies catchy et son look ne plaisent plus, mais il a sa carrière d’acteur pour continuer à rester dans les mémoires. Il faudra attendre les années 2000 pour un retour progressif en grâce. Il faut dire que son style passe très bien en radio et va chercher un peu plus des sonorités US dans la country, le blues.

C’est justement le cas dans ce nouvel album (on ne les compte plus…) à la pochette plutôt étrange. Car dès le premier morceau on se retrouve dans un univers entre power pop et country avec même un clin d’oeil à …. AC/DC (oui, Rick est australien ! ). On passera un peu plus rapidement sur « Down », banal, même si la voix reste diablement efficace. Il y a plus de modernité dans « That One », toujour très pop avec un petit fond de rythmique country et des refrains radiophoniques. Rick Springfield c’est aussi ça : De la mélodie calibrée radio US qui paraît facile et déjà entendue mais qui bénéficie d’arrangements de haut niveau. On imagine bien ici les jeunes filles….euh les mamans du premier rang reprendre les « Oh oh ». Alors c’est vrai qu’on écoute plus distraitement « The Best Damn Thing » qui nous ramène dans un pop rock un brin rétro mais c’est quand même bien fait et on se surprend à fredonner l’air. En parlant de Country, que dire de l’intro de « Miss Mayhem » entre blues du bayou et country. Et il envoie, le Rick avec ce petit grain qu’on peut avoir du mal à reconnaître parfois mais qui rend sa voix moins lisse.

Mais on va changer curieusement de continent (avec un abus de Oh oh….) dans l’intro très irlandaise de « Pay it forward », avec ces lignes de violons et un refrain catchy à souhait, à défaut d’originalité. Est-ce que ce sont des souvenirs de ses voyages de son enfance à suivre son père militaire jusqu’en Europe ? Mais il y a dans cette partie de l’album une impression plus celtique comme ces tambours dans « Found », ballade qui resterait banale sans cela. On s’ennuie déjà moins sur « Crowded Solitude » avec le son du banjo. Et là encore, le refrain claque, attrape…. Mais pourquoi ces Oh oh, encore?! « Let me in » laisse un peu froid et on zappe vite. Et puis il y a le cas « All Hands on Deck ». Le cas car ce morceau est magnifique musicalement avec cette impression de voyage, de gigue irlandaise. Mais en même temps les paroles très militaristes et patriotes dérangent. Mais voilà, comme beaucoup d’américains d’adoption, Rick Springfield en  rajoute un peu trop sur le patriotisme, surtout dans l’atmosphère actuelle.

On est déjà dans un rock plus moderne avec « We connect » et dans une pop presque RnB dans « Concrete Heart » qui s’inscrit aussi dans la vague country récente. Mais la cornemuse revient encore avec « Earth to Angel » avec un mélange avec une rythmique plus rock et country. C’est le morceau qu’on aime se passer tranquilement à cruiser sur une highway, celui qui nous fait voyager. L’album est fini….mais il y a des bonus, enfin un « Beautiful Inside » oubliable. Au final on se dit que l’album pourrait être raccourci d’un bon tiers mais on n’est quand même pas volé. Comme d’habitude, l’ensemble paraît facile, déjà entendu et pourtant il y a de sacrés bons refrains et la voix de Springfield reste efficace sans trop d’artifices de production.  Les fans apprécieront, notamment ceux d’AOR efficace. Mais ceux qui abhorrent le rock commercial US passeront leur chemin. Ce Rocket Science n’est sans doute pas un chef d’oeuvre, mais il a toute sa place dans la longue carrière du chanteur…. acteur.

Iceman

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