Cinéma et Musique : Sing Street (2016)

singstreetQuand un réalisateur se penche sur son adolescence de musicien, cela donne un film délicieusement nostalgique sur les années 80 en Irlande. Voilà ce que John Carney propose dans ce Sing Street.

Si Sing Street ne raconte pas complètement l’histoire de John Carney dans son Collège de Synge Street, et avec son groupe The Frames, il y a beaucoup de lui. L’éphémère bassiste du groupe de 1990 à 1993 a préféré rester derrière la caméra, comme le producteur du groupe du film. Mais faut-il rappeler aussi que The Frames a pour leader Glen Hansard, qu’on retrouve au casting d’un autre film musical très irlandais, The Commitments d’Alan Parker. Et puis John Carney est un des réalisateurs les plus musicaux du moment, avec déjà le très beau New York Melody. On pourrait presque le voir comme une préquelle… Ici pourtant, l’histoire se concentre sur le héros, Conor Lalor, interprété par Ferdia Walsh-Peelo, jeune irlandais débarqué dans une école religieuse dans une famille en plein divorce. Il rencontre Raphina (Lucy Boynton), jeune fille sans repère sinon le rêve d’être mannequin à Londres. Pour lutter contre la violence de ce collège de Synge Street mais aussi pour séduire Raphina, Conor crée un groupe avec les marginaux (on dirait bolosses aujourd’huil) de l’école : Sing Street.

Avec un tel sujet, on peut tout de suite craindre le teen movie à l’américaine ou encore une copie de Grease. Mais John Carney apporte du fond dans ce film, avec déjà une bande son qui embraye avec du Mötorhead, mais aussi du social, comme son modèle d’Alan Parker. Peut-être aurait-il pu aller un peu plus loin sur les sujets de l’alcoolisme, du viol et de la violence, mais on aurait perdu le fil.  Mais le groupe de Lemmy n’est pas le modèle de notre héros. Il faut plutôt aller voir rayon New Wave dans ce milieu des années 80, avec Duran Duran, mais aussi A-Ha, The Cure, Depeche Mode, …. mais aussi Hall & Oates, et tant d’autres hits entre pop et rock. La charge nostalgique du film ne peut que toucher les enfants des années 80 qui ont bien grandis. Evidemment, l’histoire d’amour reste le coeur du sujet, alimentant les chansons de notre héros. On y suit les progrès d’un groupe où, comme tous les grands, il faut deux leaders pour que ça fonctionne. Ici c’est Conor, le chanteur et guitariste, et Eamon, le multi-instrumentiste génial qui sait retranscrire les textes en musique. Conor suit aussi son mentor de grand frère qui fait son éducation musicale. Au passage, Phil Collins en prend pour son grade.

John Carney signe non seulement l’histoire mais aussi quelques titres musicaux de ce film témoignage d’une époque révolue. Mais c’est surtout Gary Clark (Danny Wilson mais aussi Natalie Imbruglia, Alex Hepburn), qui est l’auteur d’une bande son très réussie, balayant parfaitement l’évolution musicale de l’époque, pour un groupe en devenir. Bono et Edge de U2, un temps pressentis pour la musique, n’ont pu participer, tout en faisant la promotion du film. On s’amuse à reconnaître les looks de leurs modèles tout autant qu’à se replonger dans cette époque charnière entre insouciance des années 70 et le désenchantement des années 90. C’est joyeux et mélancolique, incisif et jouissif, mais surtout pertinent. Carney, sans verser dans un biopic qui aurait été trop pesant, a su saisir cette période musicale avec talent, plus encore que s’il avait fait dans le documentaire. Un film rafraîchissant autant pour ceux qui ont connus cette période que pour ceux qui la découvrent.

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