Blog : Des règles et de l’esprit de la règle

Aujourd’hui, je sors donc le 3ème volume (je devrais dire chapitre….) de mes Instants Poétiques. Cela peut être considéré comme une suite d’Haïkus, et pourtant….

Ils ne suivent pas la règle édictée pour ce type de poésie. En effet, cet art japonais répond normalement à des règles strictes, le fameux 5_7-5….Mais ce ne sont pas des syllabes mais ce qu’on appelle des « mores » (voir wikipédia pour l’explication). Mais il doit aussi donner la notion de saison, s’incrire dans un instant temporel et posséder une césure. Toutefois, on peut tolérer plus de liberté, ce qui devient un moki. Plus généralement, il s’agit de décrire un instant de vie, une émotion. C’est cela que j’ai préféré garder, allant même jusqu’à sortir du tercet traditionnel. D’où le titre donc…

Si j’en suis arrivé là, depuis 15 ans que je m’essaie à cela, c’est en constatant le poids de la grammaire et des articles, peu présents dans le japonais. J’en ai quelques uns qui respectent les règles, mais je trouve qu’ils perdent justement l’esprit de cet art. Mais comme on peut me reprocher cette liberté, je ne m’en réclame plus, si ce n’est pour situer un peu ce dont il s’agit, par un terme présent dans l’inconscient collectif… Enfin, je ne suis pas sur que ça soit si collectif que cela, ha ha. Le débat est sans fin, au point que même l’article wikipédia français y fait référence. Une phrase est particulièrement vraie : La contrainte de la règle apporte de la créativité. J’avais pu le vérifier lors de mon premier pseudo-roman, né d’une suite de contraintes. C’est sans doute un peu pour cela que le second n’avance plus, …. Mais passons.

Après cette contrainte, un lecteur m’a fait remarqué, à la lecture du volume 2, qu’il y avait une progression, une amélioration selon lui. Ce à quoi je disais que certains avaient été écrits avant ceux du premier volume, mais aussi dans un contexte différent. Avec le temps, j’ai perdu cette notion de contexte, me demandant même si c’est bien moi l’auteur (mais ça, ça le fait souvent à la relecture, j’y reviendrais dans un prochain article….). La notion d’instant est bien primordiale et je me souviens d’en avoir écrit le matin, en prenant le train, en croisant une personne, un animal, en regardant une fleur, ou dans un moment de solitude. Le moment fait parfois sortir les mots, mais parfois, c’est juste une idée jetée en note, puis exploitée une heure plus tard. J’ai l’impression que cette méthodologie a une influence sur la qualité, mais je me garde de donner une règle pour réussir. C’est un peu comme l’auteur qui veut retrouver l’état d’esprit de l’écriture de son chef d’oeuvre. C’est une fuite en avant….

Hiroshige : L'ermitage de Basho et la colline de Camelias sur l'aqueduc de Kanda à Sekiguchi
Hiroshige : L’ermitage de Basho et la colline de Camelias sur l’aqueduc de Kanda à Sekiguchi (wikimedia)

Tout ça pour dire que je suis en train de relire petit à petit les dizaines et dizaines de petits poèmes en réserve, ce qui fait potentiellement trois ou quatre autres volumes. Mais cette relecture fait appel à un autre ressort important à mes yeux : Le rythme et le son. J’aime aussi la musicalité des mots et c’est une autre règle que j’essaie de m’imposer, bien loin de l’Haïku. Comme quoi… J’espère juste être modestement à la hauteur de ma propre espérance.

Publicités

2 réflexions sur « Blog : Des règles et de l’esprit de la règle »

  1. C’est pourquoi je ne reviens jamais sur l’écriture de mes poèmes. Pour moi, un poème représente une émotion que j’ai voulue faire passer à un moment précis. Pour revenir sur ce poème, il faudrait que je retrouve cette émotion précise, mais c’est impossible. Ce serait tricher, truquer le poème que de revenir dessus.

    Après, il y a les poèmes où l’on se fixe un objectif précis. Exemple à venir quand je te proposerai mon défi d’écriture poétique 😉 Mais ce pourrait être le cas de mon poème Tic-tac. Le message est connu, alors peut-être qu’un jour je reviendrai dessus pour essayer de l’améliorer. Mais dans tous les cas, je garderai l’ancien, mais si c’est juste pour l’archiver.

    La conséquence directe de nos façons de procéder, par contre, c’est que l’on ne sort que des petits poèmes, que l’on écrit sur une très courte période de temps. On est loin des poètes classiques qui passait plusieurs années à travailler un poème avant de le publier. Et qui du coup réussissaient à sortir des poèmes d’une soixantaine vers.

    Autre revers de la médaille, je ne sais pas si c’est également le cas pour toi, mais moi je suis obligé d’attendre longtemps l’inspiration. Et le plus souvent elle ne vient que lorsque je suis déprimé, ou d’humeur mélancolique.

    Avantage par contre, tes textes sont beaucoup moins imbuvables que ceux de Verlaine 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. « Et le plus souvent elle ne vient que lorsque je suis déprimé, ou d’humeur mélancolique. »

      J’ai connu ça et je pense m’être sorti de ce besoin…Mais effectivement il me faut un état d’esprit et une concentration pour écrire, surtout certains sujets

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s