Blog : Coulisses et écriture

Ecrire un blog et durer n’a rien d’évident. Combien se sont lancés avec fougue dans l’exercice avant de fermer boutique au bout de quelques mois. On imagine cela comme facile mais ….

Ce que je vais dévoiler, n’a rien de règles absolues, et vu mon peu de succès d’audience, il faudrait peut-être faire l’inverse, ah ha….Il faut dire que je refuse quelques règles aussi. Mais entre mes débuts (2007 ou 2008) et aujourd’hui, j’ai pas mal changé de méthode. Car écrire sur un blog, ça peut être quelque chose de bref, comme une pulsion, une inspiration, ou bien quelque chose de plus laborieux. Je ne parlerai pas de l’écriture d’un livre, mais on s’en rapproche. Il faut bien maîtriser le sujet ce que l’on va traiter, que cela soit un test d’un matériel/logiciel, un film ou un album musical, par exemple. Il faut connaître le contexte, l’histoire des protagonistes, les concurrents, les dérivés, …. tout ça prend du temps. Mais j’avoue que quelque fois, j’ai produit dans l’urgence, sur demande (d’un rédac chef), …. Dans les bonnes périodes, ça sort tout seul, les mots s’enchainent naturellement, mais parfois ça coince. Quand en plus c’est pour un webzine avec un rédac chef, il faut passer par la relecture, le débat parfois sur l’orientation et le ressenti. Mais je sors du simple sujet du blog.

Pas tant que ça quand même car lorsque j’avais des chroniqueurs sur Histozic.fr, il fallait bien gérer les corrections, les problèmes de ponctuation (parfois très gros….) ou d’orthographe. La relecture est un véritable problème et chaque fois que je relis un de mes articles, je retrouve des maladresses, des coquilles. Evidemment, se faire relire par quelqu’un d’autre est l’idéal. Sinon, je préfère prendre le temps de retomber en dehors de la pulsion de l’écrit, et relire à froid. Il faut parfois deux, trois ou plus de relectures. Je ne suis jamais vraiment satisfait et on doit aussi combattre une tendance à l’autodestruction. Ainsi, je laisse maintenant plus de temps entre le moment où j’écris et le moment où je fais paraître. Ca fait se remplir la catégorie « En attente de relecture » dans WordPress. Mais un autre problème ne tarde pas à poindre : Produire régulièrement du contenu.

Cela ne paraît rien mais l’inspiration étant fluctuante, on a vite des périodes de surcharge et d’autres de vide. On peut évidemment faire le choix de sortir deux ou trois articles par jour puis plus rien pendant trois semaines. Je fais plutôt le choix d’étaler dans le temps, de varier, mais cela ne tient qu’à moi. Parce que je peux avoir envie de lire trois ou quatre BD, deux romans, de suite, d’écouter 5 albums musicaux d’un même style et ça risque de lasser, surtout si on n’est pas spécialisé dans un style. D’autant que chroniquer un livre n’a rien à voir avec un billet d’humeur, ou chroniquer un album musical. La critique du lecteur n’est pas forcément bien perçu par un chroniqueur qui, lorsqu’il écrit, a aussi une part d’égo dans ce qu’il fait. J’y viendrais plus tard. Mais j’en connais qui font le choix de tout balancer, même si parfois ça mériterait un peu de finition. Alors pour ma part, j’ai de nombreux brouillons, des notes jetées pour un sujet à écrire, donc certains ont plus de six mois. J’ai par exemple un gros sujet très technique que j’ai du mal à traiter car il y a une très grosse collecte de données et de nombreux calculs. (teasing…. ah ah ). Mais ça peut-être simplement le manque de temps ou d’envie sur le moment. Il faut se forcer parfois pour écrire, mais attention, il en sort rarement quelque chose de bon, enfin chez moi… Et puis il y a donc la possibilité de planifier et d’étaler ses écrits, donc certains répondent aussi à des contextes. On a plus de chance d’intéresser sur les USA pendant la période des élections…. un peu moins sur l’influence des nodules dans la reproduction des tortues luth. Mais là, ce n’est même plus une question de période.

Le principal écueil qui guette le blogueur, c’est cette drogue de l’écrit, ce besoin viscéral d’écrire, comme si notre vie en dépendait. Il y a évidemment la course à l’audience qui peut expliquer ce phénomène, surtout si, par hasard on explose les statistiques. On va alors essayer de reproduire le phénomène, ce qui est une première erreur. Ou alors, on va choisir de traiter des sujets « à la mode », ou pire encore, des commandes de sociétés. On connaît le problème à la fois dans le blogging mais aussi chez les youtubeurs. Car faire une vidéo réussie, voir deux ou trois, ça va. Mais réussir à durer c’est un peu comme le musicien qui essaye de reproduire le succès du premier album : c’est impossible de garder le même niveau de qualité. Il faut s’habituer à avoir des hauts et des bas, des échecs aussi inattendus que les succès, à décoder les vrais statistiques des fausses,…. ou à ne plus les regarder. Et si en plus on s’est mis en tête de devenir célèbre ou riche avec un blog (non, non, ne riez pas, j’en ai croisé qui pensaient ça…), alors ça va être dur de se désintoxiquer. L’autre aspect de cette drogue c’est aussi l’égo, la recherche vaine de la reconnaissance. Elle peut venir évidemment lorsque l’on est contacté par des éditeurs/fournisseurs d’objets. Ils nous font nous sentir important et jouent sur cela pour faire passer leur produit. Sauf que malgré toute la déontologie que l’on peut avoir, ce qui est offert sera moins bien critiqué que ce qui ne l’est pas. D’autant que pour certaines sociétés, c’est écrit par contrat qu’il ne s’agit pas d’une critique mais d’un véritable placement de produit. Les blogs les plus touchés sont les blogs ‘lifestyle », « mode » et « littéraires » (Frédéric Bézies est intarissable sur le sujet :p) . Il faudrait parfois avoir le dossier de presse à coté pour voir combien les mots sont parfois recopiés. Un syndrôme qui guette aussi la presse, d’ailleurs, avec l’impact de la publicité sur les recettes.

On ne va pas dire que tous les blogueurs à succès sont malhonnêtes non plus, de même que les youtubeurs. J’en connaît de très bons. Mais en parlant de ces coulisses, je parle aussi de ce que je connais dans la musique ou la littérature, des sollicitations. Si j’ai perdu un chroniqueur sur Histozic, c’est aussi parce que j’ai eu la faiblesse de laisser un peu trop faire et de réagir trop tard. Après, je laisse chacun faire avec sa conscience. Il est toujours gratifiant de découvrir des nouveautés, de ne pas payer lorsque les fins de mois sont un peu difficiles, surtout quand c’est une passion. Mais tout ça pour quoi, finalement. La question de fond est de savoir pourquoi on « blogue » : La passion, avant tout, et l’amour des mots et de son sujet, l’envie de partager ? Mais après, les passions s’éteignent parfois. Le défi peut être aussi un moteur chez certains, se dire que l’on doit parler de quelque chose de méconnu par exemple. Mais au fond de tout cela, je suis persuadé qu’il y a une part d’intime et d’égo. Je ne vais pas verser dans la psychologie à 2 balles, tout de même mais dans ces coulisses, vous ne saurez évidemment pas tout. L’environnement d’écriture, par exemple, a son importance, et l’inspiration a souvent la mauvaise idée de venir au moment où l’on ne peut pas écrire, physiquement. Alors c’est pour cela aussi que j’ai parlé des applications de notes, plusieurs fois, ici même, plus en détail bientôt.

Finalement, bloguer comme écrire un livre/essai, ne sont pas des activités si éloignées. Avec l’entrainement, on s’améliore dans la mécanique des mots, mais aussi par ses lectures. Toutefois, il y a des tics de langages, des choses qu’on peut se permettre dans le blog qu’on ne ferait pas à l’écrit pur. Un peu aussi comme dans un article de presse où il faut penser au lectorat, à ce qu’il doit ou peut savoir, à être didactique. J’essaie quand même de penser au lecteur ce qui me limite parfois en longueur. Lire sur une écran est une activité différente, surtout si c’est à travers un flux RSS sur un smartphone, chose qui statistiquement arrive de plus en plus souvent. Mais il ne faut tout de même pas trop penser et laisser l’inspiration s’exprimer librement. Cet article, par exemple, aura fait l’objet d’une bonne dizaine de révisions, ajouts, corrections, dans divers endroits, et j’espère que cela ne se voit pas trop. Maintenant, je vous laisse la parole, ou plutôt la plume/clavier, si vous le souhaitez.

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4 réflexions sur “Blog : Coulisses et écriture

  1. Un truc, concernant le blogging malsain : le référencement par Google a finalement « conventionnalisé »/codifié la manière d’écrire. Aujourd’hui, écrire s’apparente autant à un travail de communiquant que de rédacteur.

    Et je suis d’accord quant à la part d’égo en jeu. Je tiens toutefois à souligner (nuancer) que l’égo n’est pas forcément une maladie, une tare. Tout n’est péjoratif…

    Beaucoup de choses à dire sur le sujet…

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    1. vas y lâche toi :p
      Effectivement, la codification des paragraphes, des introductions, des styles par Google, et même la création d’articles à tiroirs pour Google aboutit à un grand n’importe quoi. Inconsciemment, c’est aussi ce qui m’a fait quitter le webzine où j’officiais, parce que jouer ce jeu (et d’autres) n’était pas dans mon éthique.

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  2. Le souci, c’est qu’un blog – et les médias sociaux – étaient censés être la voix de « vraies personnes », par opposition aux communiqués de presse standardisés (cf. The Cluetrain Manifesto). Mais très vite, la course à l’audience et le traitement algorithmique des contenus a abouti à cette standardisation de la parole.

    Perso, je fais un blog pour trois raisons: 1) l’ego, 2) le besoin de parler des trucs que j’aime (qui se rapproche aussi de 1) et 3) l’entraînement à l’écriture (qui n’en est sans doute pas très éloigné non plus).

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  3. Merci pour ce billet fort intéressant.

    Je suis plutôt d’accord avec toi sur la place de l’égo dans la volonté d’écrire et de partager et tout comme un commentaire précédent je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas forcément néfaste.

    Et puis quand j’écris, je trouve que ça permet une gymnastique avec les mots très enrichissante et que cela permet en quelque-sorte de se structurer soi-même.

    Avec un blog statique j’ai voulu également prendre mon indépendance par rapport à la course aux visiteurs : Pas de trackers, pas de stats, j’écris et voilà. Si un lecteur veut partager en retour il le fait, si personne ne me lit je ne le sais pas ^^.

    Bonne soirée 🙂

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