Cinéma : La Vie est belle de Frank Capra (1946) 

En ce jour de Noël, je ne voyais pas d’autre sujet que ce merveilleux film de Frank Capra, LE classique de noël passant systématiquement aux Etats-unis en cette période.

Pourquoi cette diffusion ? Parce que justement c’est un film positif : Dans une petite ville, un certain George Bailey est sur le point d’attenter à ses jours. Un ange est mandaté pour le sauver et apprend à connaître celui qu’il doit protéger : Un brave type qui a tout sacrifié de ses rêves pour aides les autres. L’ ange apparaît, pour lui montrer à quel point il a compté et ce qu’il pourrait advenir de son entourage s’il commettait cet acte. Et Capra utilise l’acteur idéal pour ce rôle, James Stewart, le symbole de l’américain moyen à l’époque, une sorte d’équivalent de Tom Hanks aujourd’hui.

Cette histoire d’ange a été reprise des dizaines de fois dans des séries et même des dessins animés. C’est dire l’influence du film. Elle est basée sur une nouvelle de 1943, d’un certain Philip Van Doren. Si avec ce sujet, le film ne tombe pas dans la mièvrerie, c’est à la fois au talent de Capra mais aussi à cette histoire qui fait appel aux valeurs américaines, non sans une certaine ironie parfois. Pourtant, on pourrait aussi y voir certaines idées du bouddhisme ou de l’hindouisme, comme le Karma. Je me suis posé la question, en écrivant cette chronique : Comment donner envie de regarder ce film en noir en blanc à quelqu’un d’aujourd’hui ?

Car c’est aussi typiquement le film que certains vont détester pour son avalanche de bons sentiments. L’universalité de son sujet paraît évidente. George Bailey est le boy next door, un peu timide et maladroit, foncièrement honnête et prévenant envers les autres. Il en devient presque trop parfait. Et pourtant, il est opposé au riche banquier Potter (Lionel Barrymore), le symbole de la finance qui dévore tout. Au moment où Van Doren écrit cette histoire, il y a encore en mémoire la crise de 29, le new deal, et puis cette guerre qui demande de l’espoir. Ce n’est pas sans influence sur le scénario du film. Et comme l’histoire semble se répéter… Ce n’est pas encore l’histoire de l’Amérique d’après guerre. On sent cette fragilité, cette peur de voir se creuser les inégalités. Si le film peut paraître utopique, certains éléments sur ce que réalise Bailey avec ses amis, sont étonnamment modernes. Je vous en laisse la surprise si vous ne l’avez pas encore vu.

Pour ceux que le noir et blanc rebute (et je ne parle même pas de la VO qui me paraît une obligation), je dirais qu’il faut savoir dépasser cet à-priori. Il suffit de se laisser porter simplement par l’histoire, par la poésie de l’ange joué par Henry Travers, notamment. La galerie des personnages semble construite pour toucher le plus grand nombre. Capra, l’émigré sicilien, semble remercier aussi l’Amérique qui l’a accueilli, parlant quelque part un peu de lui. Le seul émigré que l’on voit est d’ailleurs italien. En revoyant ce film aujourd’hui, on pense immanquablement au monde d’aujourd’hui, à cette opposition entre égoisme et altruisme. Les plus cinéphiles chercheront aussi les films où la Vie est Belle apparaît sur un écran. Alors à la fin, on ne peut que se souhaiter un … joyeux noël.

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1 réflexion sur « Cinéma : La Vie est belle de Frank Capra (1946)  »

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