Cinéma : Lion de Garth Davis (2016)

Le mélodrame est un genre toujours difficile, nécessitant un juste équilibre entre bons sentiments et scénario efficace. La vie réelle se charge parfois du scénario…

Car ici, Garth Davis s’attaque à l’adaptation du livre du même nom, de Saroo Brierley. Ce jeune homme australien a vécu une aventure peu commune pour un natif du Madhya Pradesh, état du centre de l’Inde.

Saroo, un enfant indien de cinq ans accompagne son grand frère Guddu à la gare de Khandwa. De là, ils prennent un train pour une autre ville. A l’arrivée, Guddu dit à son petit-frère qu’il va chercher du travail et lui demande d’attendre à la gare. Mais Guddu ne réapparaît pas. Saroo se réfugie dans un train en stationnement et s’endort. Quand il se réveille, le train roule. Les voitures sont vides et les portières sont bloquées. Ce n’est qu’à l’arrivée en gare de Howrah à Calcutta qu’on ouvre enfin les portières pour laisser des passagers monter. Saroo en profite pour sortir en se faufilant. Perdu dans les rues de la grande ville, ne parlant pas le bengali (sa langue est l’hindi), il erre en compagnie d’autres enfants et est finalement recueilli dans un orphelinat, puis est adopté par un couple d’Australiens de Hobart en Tasmanie.

Voilà déjà le résumé d’un petit tiers du film. Pourtant, on ne s’ennuie pas pendant ces 1h57, habilement rythmées. Évidemment, on fait vite le parallèle avec un autre film occidental se passant en Inde : Slumdog Millionaire (c’est le même acteur principal en plus). Mais finalement je trouve celui-ci plus réussi, ne guidant pas le spectateur vers un pathos un peu fabriqué. Pourtant, il n’est pas exempt de défauts, comme par exemple le manque de matière pour les seconds rôles (Nicole Kidman et Rooney Mara sont sous-employées). Le scénariste est resté fidèle au livre en ne rajoutant pas des éléments que le petit Saroo ne pouvait connaître. Les dangers de certaines rencontres, ou les crises de folies de certains orphelins restent ainsi un mystère. On ne sait pas grand chose des activités de son frère Guddu, de l’absence de père. On ne creuse pas vraiment le mal de son demi-frère Mantosh.

Mais le film est porté par Dev Patel qui n’en fait pas trop dans ce rôle fort. Le film parle de son sentiment de déracinement, mais aussi de sa difficulté de se positionner face à ses parents adoptifs. A 6 ans ou plus, les orphelins ont de nombreuses blessures du passé qu’il faut accepter. Il n’y a pas la guerre en Inde mais ça n’empêche pas la dureté d’une société toujours minée par le système des castes. Le film, comme le livre, reste sur l’aventure humaine. Il parle évidemment de la difficulté de se reconstruire ailleurs, loin de son pays d’origine. La scène où saroo rencontre des étudiants indiens est certainement la plus forte du film, en dehors de la conclusion.

 

Un très bon mélodrame, qui ne comblera peut-être qu’une partie du public de par ses manques. Il faudra aussi surveiller ce Garth Davis, parmi les réalisateurs australiens.

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