Pause poésie : Le Chêne et le Roseau

(écrit il y a 15 ans)

J’étais autrefois parmi les chênes
ces arbres aux pensées obscènes.
J’étais encore frêle,
ne supportant même pas la grêle.
Je grandissais en étant dans leur ombre,
m’épanouissant dans la pénombre.

Je suis un roseau
pliant sous le vent des arbres,
me nourrissant de votre eau,
restant toujours de marbre.

Je les entendais murmurer,
tandis que je restais emmuré.
Ils se moquaient de nous, pauvres plantes,
qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente,
car nous nous reproduisions
sans susciter plus d’émotion.

Je suis un roseau
pliant sous le vent des arbres,
me nourrissant de votre eau,
restant toujours de marbre.

Maintenant j’ai grandi dans le marais,
là où autrefois les chênes vivaient.
Ils ont grandi fièrement
prenant tout égoïstement :
Notre lumière et notre eau
au détriment même des bouleaux.

Tout a été envahi
par les parasites et autres ennemis.
Ils n’ont rien vu ni rien senti,
ont bu leur calice jusqu’à la lie,
tandis que nous, nous plions
pour que maintenant nous en rions.

Je suis un roseau
pliant sous le vent des arbres,
me nourrissant de votre eau,
restant toujours de marbre.

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